Rescapés du futur, Les
Titre original: Futureworld
Genre: Thriller , Science fiction
Année: 1976
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Richard T. Heffron
Casting:
Peter Fonda, Blythe Danner, Arthur Hill, John P. Ryan, Yul Brynner, Stuart Margolin...
 

Après la catastrophe montrée dans l'excellent "Mondwest" de Michael Crichton (1973), dans lequel les robots du parc d'attraction Delos s'étaient déréglés et avaient occis les clients des trois mondes composant l'univers du parc, Delos a réouvert ses portes et accueille Chuck et Tracy, deux journalistes, ainsi que quelques figures diplomatiques. Mais Chuck, dubitatif, s'évertuera à trouver la faille dans le système.

 


Difficile d'écrire sur ce film sans en dévoiler la fin, tant tout ce qui est susceptible d'être intéressant se trouve dans la dernière demi-heure. Et même là, ce qui est dit est certes bien pensé, mais ne diffère en rien du discours du premier film : tout d'abord la satire des gros parcs d'attraction type Disney, toujours en quête de nouvelles sensations à proposer, et ensuite les dangers d'une science voulant trop jouer à Dieu, créant une robotique entraînant une déshumanisation certaine et devenant finalement une arme qui se retournera contre ses créateurs.
Un discours redondant, déplaçant cela dit le problème de la robotique à un échelon supérieur, plus "mondial". Et par conséquent plus grossier, faisant même un peu penser aux discours des films des années 50. La naïveté en moins. Car le film est assez pompeux. Sa très grosse majorité (plus d'une heure) se contente de nous présenter Chuck, le journaliste, en train d'enquêter sur le fonctionnement du parc en coulisses. Et pendant fort longtemps, sa paranoïa ne le mènera nul part.
Peu d'humour, pas de grosses découvertes et même une partie totalement inutile : la vision du rêve de Tracy, qui certes permet un caméo de Yul Brynner reprenant son personnage du premier film, mais qui n'apporte pas grand chose au récit. Simplement une excuse pour employer Yul Brynner, en somme.

 


Pourtant, reconnaissons que Heffron et ses scénaristes n'ont pas voulu refaire le film de Crichton. D'ailleurs ils veulent tellement s'en démarquer qu'ils en oublient l'aspect distractif : les mondes du parc (qui sont plus nombreux que dans le premier film) ne sont jamais visités, malgré que les personnages principaux du film aient choisi "Futureworld", un monde du futur comme son nom l'indique, qui n'est dévoilé qu'à travers deux ou trois scènes sans grand intérêt. De toute façon, l'essentiel du film se passe dans les coulisses, où règnent les tuyaux et les machines...
Ce n'est pas le seul gâchis du film : le personnage de Harry, sympathique ouvrier voulant aider Chuck; et surtout son compagnon, le robot Clark, sont ainsi traités beaucoup trop superficiellement. Harry apparaît un peu comme la pirouette scénaristique qui permet de faire avancer un scénario qui s'embourbait, tandis que Clark est honteusement sous-exploité, malgré son statut de robot ambigu qui aurait pu l'orienter vers un statut autre que celui de simple "animal de compagnie".
Ne parlons même pas des prototypes de robots ninjas, assez malvenus, donnant lieu à des scènes d'action rivalisant de mollesse avec les autres scènes de bagarre placées dans le reste du film. Oublions aussi le Mondwest, lieu essentiel de l'action du premier film, qui est devenu une zone morte dans le parc. Un statut qui aurait pu lui donner un climat encore plus angoissant, mais qui, faute d'être convenablement utilisé, ne sert que de simple clin d'oeil au premier film. Reste une ou deux scènes d'action, vers la fin du film, qui placent Chuck et Tracy dans des situations assez fascinantes, dont je ne peux parler sous peine de dévoiler l'une des relatives bonnes initiatives du film... et l'une des rares scènes de suspense...

 


"Les Rescapés du futur" est donc un film en très grosse partie raté, ayant malheureusement choisi de se concentrer sur une enquête science-fictionnelle aussi plate qu'un épisode de Derrick, tout en tentant de surprendre plusieurs fois ses spectateurs sans pourtant s'en donner les moyens. Même Peter Fonda y apparaît comme étant quelconque. Ceux qui aiment "Mondwest" seront déçus.

 

Walter Paisley
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