Stuff, The
Genre: Horreur
Année: 1985
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Larry Cohen
Casting:
Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Paul Sorvino...
 

Trois ans avant le remake du "Blob" par Chuck Russell, les masses gélatineuses véhémentes faisaient déjà parler d'elles avec ce The Stuff signé d'un Larry Cohen à la carrière déjà bien remplie, que ça soit en tant que scénariste ou en tant que réalisateur (la série télévisée "Les Envahisseurs", "Le Parrain de Harlem", "Le Monstre est Vivant" et sa première séquelle...).
Ici, pas de gelée rouge venue de l'espace, mais une sorte de crème blanche surgi miraculeusement du sol, et vendue telle quelle en tant que yaourt nature sous le nom de "The Stuff". Un succès phénoménal qui attise la jalousie des concurrents dans le monde impitoyable de la vente de desserts. Tellement que l'un de ces concurrents engagera un espion industriel, Mo Rutherford (Michael Moriarty), pour trouver la recette magique du Stuff. Or, notre bon Mo se rendra compte que le produit, tout naturel qu'il soit, agit comme une véritable drogue et consume ses consommateurs de l'intérieur, pour en faire des psychopathes en puissance destinés à une mort prochaine. Il devra donc se battre pour faire cesser la production de Stuff, et il sera aidé en cela par "Chocolate Chip" Charlie, un excentrique industriel au chômage, par un gamin dont la famille a succombé aux charmes du terrible yaourt et par l'ex-chargée de promotion du même abominable yaourt.

 

 

Tout cela n'est guère sérieux, et Larry Cohen verse tout du long dans un humour pince-sans-rire très efficace. L'interprétation de Michael Moriarty (acteur fétiche du réalisateur) peut ainsi être couverte d'éloges : son personnage de baratineur tout en gouaille ne pourra que susciter la sympathie des spectateurs, qui auront en plus droit à quelques personnages secondaires tout aussi sympathiques : l'énervé "Chocolate Chip" Charlie et ses poings de fer, et surtout vers la fin le Colonel Spears, un militaire crédule recruté par le baratin anti-communiste (référence certaine au Blob) du personnage de Michael Moriarty. Il faut le voir se lancer à l'assaut des victimes du Stuff en les appelant les "stuffies", par analogie avec les Rouges "commies". Et puis question humour, il y a aussi bien entendu ces séquences illustrant l'immense popularité nouvellement gagnée par le Stuff. Des citoyens rendus abrutis par leur consommation abusive, ou bien des spots de pubs au look, aux chansons et aux slogans débiles disséminés ici et là dans le film.
C'est que mine de rien, derrière ces facéties se cache une satire gentiment menée de la société de consommation américaine, que ce soit au niveau des consommateurs qui se précipitent en troupeau sur le dernier phénomène de mode, aussi stupide soit-il, si tant est que les méthodes de promotion soient massives, ce qui est clairement le cas pour le Stuff. Les publicitaires ont très bien fait leur boulot (au grand dam de l'ex-responsable publicitaire) et ont participé au cynisme des industriels, prêts à vendre n'importe quoi, malgré les risques encourus. Des risques alimentaires ici, à rapprocher de toutes les conchoncetés dont nous abreuvent certaines sociétés spécialisées dans ce qui est désormais appelé la "junk food". On croisera ainsi au détour d'un plan innocent l'enseigne MacDonald, que l'on devine mouillée dans la distribution du Stuff.

 

 

Quelques défauts viendront tout de même ternir le film de Larry Cohen, à commencer par un scénario parfois hasardeux, comprenant pas mal de personnages assez inutiles (presque tous à part celui de Moriarty, en fait) et quelques ellipses ou incohérences scénaristiques flagrantes (la destinée du gamin, par exemple, recueilli puis abandonné comme un malpropre avant d'être retrouvé par hasard). Côté effets spéciaux, si le Stuff en lui-même est relativement bien réalisé (par des recettes simples : crème Häagen-Dazs, véritables yaourts, contenu d'extincteur...) les effets gores, eux, sont plutôt ratés, avec une mention spéciale à toutes les fausses têtes utilisées dans le film. Mais tout de même, The Stuff reste un film bien plaisant, dont le rythme ne baisse jamais, et qui rivalise amplement avec son cousin "Le Blob".

 

Note : 7/10

 

Walter Paisley
 
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