Critiques par genre Giallo Your Vice Is a Closed Room and Only I Have the Key
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Your Vice Is a Closed Room and Only I Have the Key
Titre original: Il tuo vizio e una stanza chiusa e solo io ne ho la chiave
Genre: Giallo
Année: 1972
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Sergio Martino
Casting:
Edwige Fenech, Anita Strindberg, Luigi Pistilli, Ivan Rassimov, Enrica Bonaccorti, Daniela Giordano...
Aka: Excite me / Gently before she dies / Eye of the black ca / Your Vice Is a locked Room and Only I Have the Key (DVD NoShame)
 

Oliviero Rouvigny est un écrivain qui a autrefois connu le succès. Mais depuis plusieurs années, il n'arrive plus à écrire la moindre ligne. Cet état de fait l'a fait sombrer dans l'alcool. Avec le temps, il est devenu un homme aigri, taciturne et cynique. Mais aussi violent, notamment envers sa femme, Irina. Ce couple, au bord de la rupture, occupe une magnifique propriété dans la campagne italienne. Un patrimoine hérité de la Comtesse Rouvigny, la défunte mère d'Oliviero pour qui il éprouvait (et éprouve toujours) une véritable passion. Dans la villa Rouvigny vit également une domestique, Brenda. Et puis il y a le chat, Satan (aussi noir que Brenda), qu'Oliviero traite mieux que sa femme (Satan était le chat de la Comtesse).
Pour tromper son ennui, Oliviero meuble ses soirées en compagnie d'une bande de hippies heureux de pouvoir se rassembler dans un lieu où l'on peut manger, boire et fumer tant qu'on veut. Même si le métier d'écrivain ne s'avère plus lucratif depuis longtemps, la fortune d'Oliviero n'est pas encore tarie, de par son héritage : mobilier, cave fournie en vins rares, et quoi d'autre encore ?

 

 

Ainsi vit-il, tel un noble décadent, en compagnie de sa "Cour", qu'il méprise tout autant que sa femme, et la servante, et d'ailleurs il ne se prive pas pour les humilier en public. Occasionnellement, il trompe Irina avec Fausta, l'une de ses anciennes étudiantes qui travaille dans une librairie de la ville la plus proche. Il lui donne d'ailleurs rendez-vous dans la soirée, dans un endroit isolé. Arrivée la première sur place, Fausta est agressée par un inconnu qui l'égorge à coup de serpette.
Le lendemain matin, la police débarque à la villa Roumigny, car le patron de la librairie avait surpris la conversation entre Fausta et Oliviero. L'inspecteur laisse entendre à Rouvigny qu'il est un suspect potentiel.
La nuit suivante, un orage éclate. Tandis qu'Oliviero est ivre-mort, une fois de plus, Brenda est assassinée à son tour, éventrée. L'arme du crime est apparemment la même ayant servi pour Fausta. Irina envisage de prévenir la police, mais Oliviero l'en dissuade. Il est déjà le suspect principal du meurtre de Fausta, ce nouveau crime lui serait fatal. Il demande à Irina de l'aider. Tous deux cachent le cadavre dans la cave, derrière un mur. D'un commun accord, ils laisseront entendre que Brenda a quitté la villa de son propre chef.

 

 

Le lendemain, un événement inopiné survient : Floriana (la nièce d'Oliviero) a décidé de rendre visite à son oncle. Elle s'installe sans complexe dans la demeure, et sans paraître gênée le moins du monde par le climat plutôt pesant qui règne en ces lieux. Malgré sa jeunesse, Floriana tient tête à Oliviero, qui n'est pas insensible à sa beauté sculpturale.
Très vite, elle s'attache l'amitié d'Irina (et même plus), qui lui fait ainsi des confidences sur l'oreiller. Pendant ce temps, un nouveau meurtre se produit en ville, celui d'une prostituée, et toujours avec la même arme. Mais cette fois, l'assassin est neutralisé, et... ce n'est pas Oliviero.
Les jours suivants, Floriana fait la connaissance d'un jeune motard, avec qui elle fait l'amour. Elle en fait de même avec son oncle, après l'avoir provoqué en mettant une robe ayant appartenu à la Comtesse, et en laissant entendre qu'il avait eu une relation incestueuse avec sa mère. Peu à peu, la présence de Floriana dans la villa instaure un climat de tension. A mots cachés, elle laisse entendre à Irina qu'Oliviero pourrait avoir un "accident". Et en compagnie de son oncle, elle s'inquiète de la "folie" d'Irina. Entre deux accès de boisson, Oliviero confie à sa nièce qu'il veut vivre avec elle, et se débarrasser de sa femme. Derrière la porte, Irina a tout entendu. Que cherche Floriana ? Oliviero va-t-il se débarrasser de sa femme ? Ou est-ce Irina qui va commettre l'irréparable, à moins qu'elle ne sombre dans la folie ? Et qui est cet homme qui rode dans les jardins de la villa ?

 

 

Your Vice... est un thriller particulièrement réussi, combinant les mécanismes du giallo à l'italienne avec les polars noirs d'Hitchcock ou Henri-Georges Clouzot (dont Martino s'est inspiré pour la scène de la machine à écrire, empruntée aux "Diaboliques"). Le film repose autant sur son habile scénario, et sa réalisation maîtrisée, que sur la performance des trois acteurs principaux. Dans le rôle d'Oliviero, Luigi Pistilli est au sommet de son art. Il est éblouissant, tout comme Anita Strindberg et Edwige Fenech, dans un rôle ambigu de "bad girl" qui était nouveau pour elle, et qui rajoute de la profondeur à son jeu.
Your Vice... est un film diabolique, dans lequel la vérité du moment n'est plus celle du lendemain. Fausses pistes, trompe-l'oeil et ambiguïté des personnages conduisent le spectateur à s'égarer.. Qui manipule qui ? Faut-il croire en l'évidence ?
A cette nouvelle vision du film, j'ai revu l'oeuvre à la hausse, lui trouvant autant de qualités que "Torso" ou "All the Colors of the Dark". Il possède en effet une structure narrative très habile et fertile en rebondissements, où l'amour et la haine, le bien et le mal s'affrontent dans un jeu d'absolue perversité. L'emprunt à la nouvelle d'Edgar Poe, le Chat Noir, est purement anecdotique, Martino livrant une oeuvre personnelle dans laquelle chaque personnage porte le masque de la duperie. Une fois encore, Bruno Nicolai livre une BO de haute volée, teintée de mélancolie, et qui donne au film une émotion particulière, notamment lors des très belles scènes érotiques. Celles-ci, particulièrement émouvantes, rajoutent au contraste par rapport aux scènes de meurtres.

 

 

Bref, Your Vice... fait partie des giallis du meilleur crû, et son titre est un clin d'oeil de Martino à son premier thriller, "The Strange Vice of Mrs Wardh", dans lequel cette phrase apparaît sur une note laissée par le tueur présumé.

 

Note : 8/10

 

Flint
 
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