Ongles rouges et cuisses d'acier
Titre original: Wonder Women
Genre: Science fiction , Horreur , Action , Aventures
Année: 1973
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Robert Vincent O'Neill
Casting:
Nancy Kwan, Ross Hagen, Maria de Aragon, Sid Haig, Roberta Collins, Vic Diaz...
 

Les années 70 furent à la fois propices (en un mot) et prospères (youplaboum en un mot aussi, parfaitement) en films dits d'"escouades de femmes". Ces bandes d'un goût douteux lâchant des groupuscules de super-femelles, super-entrainées, super-féroces, super-poumonées, ultime(s) atout(s) du gouvernement contre le péril jaune. "Superflics en jupons" bien sur de Ted Mikels, le fun "Anges de la mort" issu de l'écurie Shaw Bros et son calque indonésien "Les 5 anges de la mort", ou encore le très mou "Super-femmes contre chiens jaunes" de Jun Gallardo. L'un des représentants les plus oubliés de ce sous-genre est aussi l'un des plus secoués : "Wonder Women", retitré chez nous "Ongles rouges et cuisses d'acier" propose la partouze impossible : celle de l'espionnage, du karaté, de la science-fiction et de l'horreur. Gare à l'étourdissement. Ce produit contre-nature, enfant de la déraison et du chaos se distingue encore plus de ses petits frères en faisant évoluer son super commando à vagin de service à la solde du mal. Des super-combattantes impitoyables comprenant en leur(s) sein(s) (car ils sont nombreux et toujours par paire, ce qui est fort curieux) les recrues de choc Maria de Aragon (l'intolérable "The Cremators"), ou encore Roberta Collins ("Cinq femmes à abattre"). Leur cause : servir jusqu'à la mort la cause du Dr Tsu (Nancy Kwan, alias "la plus belle perle d'Asie"), une adepte de la transplantation monstroïdeuse et autres opérations innommables qu'elle effectue au coeur de son super QG high-tech dressé quelque part sur une île du Diable quelconque, jouxtant celle du Dr. Moreau à n'en point douter. Une organisation super-criminelle, super-vilaine co-régie par un Sid Haig qu'on ne présente plus. Heureusement qu'un super-agent de la CIA, alias Super-Ross Hagen veillait par là. Un fusil à canon scié éternellement greffé à sa main, le voilà bien parti pour faire super-chier Dr Tsu.

 


Pourvu d'un scénario inénarrable, mais pas tellement plus finalement que n'importe quelle autre exploitation philippine de l'époque, il est juste dommage, et c'est une déconvenue assez moche, que l'action atteigne enfin son rythme de croisière à vitesse grand V seulement dans la seconde moitié du film. La première ne laisse filtrer que dialogues futiles et situations de peu d'intérêt. En clair, la patience du spectateur sera mise à l'épreuve, lequel se verra largement récompensé dès milieu de parcours par un crescendo toujours plus escarpé dans la folie expansive. On retiendra plus particulièrement une super-démonstration de kung-fu entre Maria de Aragon et Ross Hagen dans une chambre de motel hilarante parce que mise en boite par un borgne, montée par un manchot et chorégraphiée par un cul de jatte ; une poursuite mémorable impliquant deux mini-bus incontrôlables dans les rues asphyxiantes de Manille; ou encore une séance érotique d'un tout nouvel ordre dite de "brain sex"... je laisse galoper votre imagination.

 


Quant au final où des êtres difformes, fruits d'expériences ratées sommeillant dans les sous-sols de la forteresse du Dr. Tsu s'échappent de leur cage pour assiéger les lieux de l'intérieur, il renvoie bien évidemment à "L'île du Docteur Moreau". Des freaks hélas filmés à la dérobée. On y distingue toutefois un homme au faciès reptilien, un autre davantage simiesque ou bien un gigantesque colosse noir zombifié qu'il est par un drôle de casque futuriste annihilateur de toute pensée.

Surtout connu pour la série des "Angel" faisant la part belle à l'auto-défense, Robert Vincent O'Neill, auteur également à ses débuts de deux thrillers hitchcockiens de très bonne facture, "Blood Mania" déjà avec Maria de Aragon et surtout un bluffant "The Psycho Lover" et son psychiatre retors usant de sa faculté d'hypnose sur un violeur chronique (dispo en Z1 chez Something Weird Video) aura décidément su se montrer méritant au cours de sa carrière peu prolixe. A coup sur, ce super "Ongles rouges et cuisses d'acier" à la teneur 100% vous surprendra presque autant qu'un record de répétition de l'adjectif "super" dans une critique quelconque.

 

 

Throma
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