Critiques par genre Fantasy | Musique Chronique du tueur de Roi - Première journée, Le nom du vent
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Chronique du tueur de Roi - Première journée, Le nom du vent
Titre original: The Name of the Wind - The Kingkiller Chronicle: Day one
Genre: Fantasy , Musique
Année: 2009
Pays d'origine: Etats-Unis
Editeur: Bragelonne
Auteur: Patrick Rothfuss
Traducteur:
Collette Carrière
 

S'il vous arrive de passer près de ce village courez vite ! Oui, courez vite pour deux raisons : la première c'est qu'il ne fait pas bon trainer dans ces lieux, d'étranges créatures ayant décidé de rôder dans les parages. Elles semblent craindre le fer et certains parlent de démons... Sans compter que des bandits des grands chemins pourraient bien trainer aussi et il ne fait pas bon non plus croiser ce genre de types ! La seconde raison, c'est qu'il ne faudrait pas que vous ratiez l'histoire qui se raconte à l'auberge des Pierres Levées, il ne faudrait pas que vous ratiez le Chroniqueur car je ne suis pas sûr que la personne qui y raconte sa vie le fasse deux fois...

Ah oui, vu comme ça, l'aubergiste ne paie pas de mine, mais méfiez vous, car il a eu bien des noms et bien des vies et il n'est peut-être pas celui que vous croyez. Voilà, vous êtes confortablement installés, alors l'histoire peut commencer. Soyez attentifs car l'histoire que l'on nous raconte se mérite, un peu lente à commencer, un peu longue certes, mais elle ravira tous les amateurs de magie et de mystères, les amoureux d'histoires d'amour complexes et de drames. Cette histoire, c'est l'aubergiste qui nous la raconte et il a un nom, Kvothe. Un personnage mystérieux, certains l'ont dit magicien, d'autres savent qu'il est musicien, d'autres encore parlent de lui comme d'un tueur. Tout cela est un peu vrai et un peu faux mais laissons-le plutôt raconter son histoire...


La vie de Kvothe commence dans le bonheur, c'est un petit garçon précoce, vif d'esprit et à la limite du surdoué. Ses parents sont des comédiens itinérants, des Edema Ruh, dans les plus grands mêmes. Ils traversent des villes et des villages et à chaque fois c'est le même succès. La musique et le théâtre font partie de la vie du jeune Kvothe. Mais quand il rencontre un jour un grand maître arcaniste, un magicien qui maîtrise les liaisons et plus encore, le jeune garçon n'a plus qu'un rêve : devenir lui aussi magicien, rejoindre la fameuse Arcanum, l'école de magie ! Le destin va précipiter les choses...

Son père et sa mère ont décidé de rénover leur répertoire et pour se faire ils s'attaquent en secret à la création d'une nouvelle pièce qui porte sur un sujet tabou et mystérieux : les Chandrians. Une race dite éteinte, une race mystérieuse, étrange. C'est la pièce de trop, un soir d'étranges créatures attaquent le convoi de comédiens et les massacrent tous laissant pour seul survivant Kvothe qui est désormais sûr d'une chose : les Chandrians sont de retours. Affabulation ou vérité ? Tout le mystère est là, s'épaississant au fil des pages jusqu'à rendre le lecteur complètement fou ! Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils tué ceux qui avaient décidé de parler d'eux ? Est-ce bien des Chandrians ?

Pour l'heure peu importe, Kvothe est jeté seul, triste et affamé sur les routes et commence alors une nouvelle aventure, une aventure qui conduira Kvothe du vagabondage au vol, de l'université et ses mystères jusqu'au plus fabuleux des affrontements... Un étrange mélange qui convoque autant Oliver Twist que Raymond E. Feist ("Les chroniques de Krondor") !


Le nom du vent est une gigantesque fresque, fabuleuse dans ces descriptions et fabuleuse dans le parti pris narratif de l'auteur. Roman à tiroirs, oscillant entre focalisation interne et externe, avec des histoires dans l'histoire, Patrick Rothfuss ne choisit pas la facilité. Le roman n'est absolument pas tourné vers l'action, ici pas d'épées qui s'entrechoquent, pas de grands champs de batailles et très peu de violence, on est dans une fantasy sage et propre (trop, peut-être ?) ce qui en temps normal n'est pas du tout le style que j'aime. Pourtant, il faut le reconnaître, malgré certaines longueurs et certains temps morts, Le nom du vent est un grand roman que l'on ne lâche pas si facilement. Là ou Rothfuss est fort c'est dans la construction de ces personnages qui du secondaire au méchant sont tous attachants, avec leur particularité et leurs défauts.

Autre grande force du roman, la description des lieux et des villes : on y est ! On marche le long de grandes bibliothèques remplies de livres interdits, on est dans des villes souvent lumineuses, des tavernes sordides et à chaque fois le danger ou l'amour guettent notre héros.

Sachant que la plupart du roman se situe dans l'université des magiciens, ces descriptions sont très précieuses pour le lecteur qui voit devant ces yeux vivre tout l'Arcanum et ses passages secrets !

La description des mythologies est aussi assez surprenante, très travaillée.

"Au nom du vent" porte en lui les germes d'une grande épopée et reste très plaisant à lire pour qui aime ce genre d'histoires, malgré quelques défauts un peu trop prononcés à mon goût.

Le roman de Patrick Rothfuss aurait peut être gagné à être un peu moins long, certains passages un peu moins détaillés et il y a, je trouve, parfois des répétitions, l'impression que l'on tourne en rond. La plume aurait aussi pu être plus nerveuse et plus vive. On pourrait aisément comparer le roman de Rothfuss à certains romans de Robin Hobb et à son cycle "L'assassin royal". Car tout comme l'assassin royal, Le nom du vent nous compte les aventures d'un jeune garçon. Mais le tour de force de Hobb c'est d'arriver à trouver le juste équilibre entre l'action, la psychologie et les complots. Rotfhuss donne l'impression quant à lui de se chercher encore, de poser lentement, très lentement ce qui par la suite devrait donner lieux à une superbe histoire. On sent ici, trop même, qu'il s'agit d'un premier tome et d'un premier roman. L'auteur se fait plaisir à grande force de descriptions détaillées et cela donne parfois de purs instants de poésie comme l'évocation du vent ou bien les longues pages sur la musique. Ceux qui aiment une certaine fantasy contemplative seront servis ! Heureusement pour les autres aux deux tiers de l'ouvrage l'action prend le pas sur le reste, on quitte un peu l'école de magie et ses complots pour s'attaquer à un final tout simplement grandiose qui fait oublier tout le reste. Et en plus le mystère s'épaissit ! Pour moi le final vaut son pesant d'or !

Au final difficile de dire si j'ai aimé ou pas ce roman et je me trouve face à un cruel dilemme. J'ai presque envie d'attendre le second tome pour vraiment dire si Rotfhuss signe un grand cycle ou bien si Le nom du vent c'est beaucoup de bruit pour rien... Beaucoup de choses sont posées et ce premier tome s'arrête plus ou moins en plein coeur de l'action, beaucoup de choses sont laissées en suspens et il est clair que le mystère est bien présent que se soit sur les Chandrians, qui semblent être la clef du roman, ou bien sur le destin du personnage. Beaucoup de bonnes idées sont là, un peu trop diluées et très (trop) longuement exposées, et si Rotfhuss arrive à pleinement les utiliser on sera face à un pur chef-d'œuvre. Je laisse donc une chance au second tome pour clairement dire ce que je pense... Pour l'heure ce premier tome, malgré ce que j'ai dit précédemment, reste une lecture plaisante pour qui aime ce genre et les amateurs de mystères, de poésie et de magie devraient être comblés ! Kvothe deviendra-t-il un magicien accomplit, maîtrisera-t-il pleinement son art et maitrisera-t-il le nom du vent ? Mais qu'est-ce en réalité que le nom du vent ? Vous le saurez en lisant les aventures de Kvothe apprenti magicien !


Note : 7/10

 Le Cimmerien

 

A propos de ce livre:

 

-Site de l'éditeur: http://www.bragelonne.fr/

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