Malédiction de Belphégor, La
Genre: Fantastique , Aventures
Année: 1966
Pays d'origine: France / Italie
Réalisateur: Georges Combret et Jean Maley
Casting:
Paul Guers, Dominique Boschero, Achille Zavatta, Raymond Souplex, Raymond Bussières, Jean Daurand, Annette Poivre...
Aka: La mortale trappola di Belfagor
 

Tandis que les répétitions s'achèvent avant la première représentation de "La malédiction de Belphégor" à l'opéra de Toulon, un homme est retrouvé mort dans les coulisses. Un mystérieux personnage se présentant comme le véritable Belphégor envoie un message aux principaux responsables du spectacle devant se jouer. Apparemment courroucé par la manière dont il est ridiculisé à travers ce ballet, Belphégor annonce qu'il tuera chacun d'entre eux l'un après l'autre. Si les personnes concernées ne prennent pas cette vengeance au sérieux, elles changent rapidement d'avis lorsque l'une d'entre elles est retrouvée poignardée sur scène.
L'enquête est confiée à la police, mais une journaliste opiniâtre est la première à recueillir des indices, ce qui ne va pas tarder à la mettre en danger...

 

 

A l'origine un roman policier d'Arthur Bernède publié en 1927, l'ouvrage a connu plusieurs adaptations au cinéma et à la télévision, comme le feuilleton télévisé avec Juliette Gréco ("Belphégor ou le fantôme du Louvre", 1965), et le film pitoyable de Jean-Paul Salomé avec Sophie Marceau, en 2001.
Cette "Malédiction de Belphégor" lorgne évidemment sur le succès du feuilleton télévisé, l'année précédente, mais surtout sur les deux premiers "Fantômas" d'André Hunebelle, tournés respectivement en 1964 et 1965. Un criminel masqué, espionnant ses futures victimes grâce à un matériel sophistiqué dans une base secrète, et qui utilise des gadgets mortels…
Sauf que le film n'a pas les moyens de ses ambitions. La base est une cave pourrie cachée sous la grange d'une ferme, Belphégor agit seul, sans hommes de main, ce qui l'oblige à avoir un don d'ubiquité qui passe plutôt mal à l'écran. Et le casting achève le tout, transformant le serial fantastique attendu en comédie de boulevard.

 

 

Raymond Bussières, pilier incontournable du cinéma franchouillard, ici accompagné de sa femme Annette Poivre, persiste à jouer comme dans les années 40 ; Raymond Souplex joue le même rôle que dans "Les cinq dernières minutes", jusqu'à être flanqué de Jean Daurand, lui aussi dans un rôle identique, celui de l'adjoint. Et que dire d'Achille Zavatta, anticipant Michel Serrault dans "La cage aux folles", mais le talent en moins ?
Reste la silhouette distinguée de Paul Guers, acteur sous estimé qui fut la vedette du dyptique "Kali Yug déesse de la vengeance"/"Le mystère du temple hindou" (Mario Camerini, 1963), hommage (plagiat ?) évident au "Tigre du Bengale" et au "Tombeau Hindou" de Fritz Lang.
Enfin, incarnant l'intrépide journaliste, on retrouve Dominique Boschero qui, excusez du peu, a tourné pour Ernesto Gastaldi ("Libido"), Antonio Margheriti ("Contronatura") et Sergio Martino ("L'Alliance invisible"), entre autres. Quant à Georges Combret, responsable de ce film presque inclassable, il a réalisé au début de sa carrière des oeuvres respectables, notamment un "Raspoutine" avec Pierre Brasseur, et une "Marie des Iles" avec Belinda Lee. A la fin des années 70, il est devenu producteur de pornos aux titres particulièrement évocateurs comme "Fesses en feu", "Introduisez votre ticket", "Les Gicleuses" (appelé aussi "Messieurs, préparez vos gros cigares"), "Symphonie partouzarde" ou encore "Partouze en haute mer" ; avant de se retirer définitivement (du cinéma) au début des années 80. Le gaillard est mort à l'âge de 92 ans, et laisse derrière lui une carte de visite aussi importante qu'incongrue. "La malédiction de Belphégor" est à classer au rang de ces oeuvres saugrenues, à la fois stupides et indispensables. Le bis à la Française dans toute sa splendeur !

 

 

Flint


En rapport avec le film :

# A noter la présence de Noëlle Noblecourt, qui fut découverte par François Truffaut au début des années 60, mais reste avant tout célèbre pour avoir été virée de l'ORTF en 1964, alors qu'elle était speakerine, parce qu'elle avait montré ses genous (en bref, sa jupe était trop courte).
Enfin, le directeur de la photographie de cette "Malédiction de Belphégor" est un certain Guy Maria. Par la suite, il bossera sur des films impérissables comme "Sacrés gendarmes", "Touch' pas à mon biniou" et "Il était une fois le Diable", triplette magique du grand Bernard Launois, mais aussi pour Jean-Marie Pallardy, Jean Rollin et Michel Lemoine. En tant que réalisateur, il est responsable d'une demi-douzaine de films érotiques ou pornos, parmi lesquels "Les karatéchattes" !

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