Manipulations
Titre original: The Brain
Genre: Science fiction , Horreur
Année: 1988
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Ed Hunt
Casting:
Tom Bresnahan, David Gale, Cynthia Preston, George Buza, Christine Kossak, Bret Pearson...
 

Le Docteur Blake anime une émission de télévision appelée "Les penseurs indépendants", une sorte de programme de télé réalité, mâtinée d'esprit scientologue... ou tout comme. Malheureusement pour lui, l'audience n'est pas au rendez-vous, et c'est avec l'aide d'un organisme extra-terrestre, un cerveau ayant la capacité de prendre le contrôle des gens, qu'il compte bien rameuter à nouveau le public.
Dans un même temps, Jim, un lycéen dont ni les parents ni le directeur d'école ne savent plus trop quoi faire, vu le nombre de conneries dont il est responsable dans son lycée, passe pour être dérangé et est envoyé dans la clinique du docteur Blake afin d'y être traité. Sauf que notre jeune homme, qui passe donc pour passablement agité, voire carrément dérangé, s'aperçoit rapidement de ce qui se trame au sein de cette même clinique. Dès lors, le docteur Blake s'escrimera à l'éliminer purement et simplement, tout en poursuivant ses recherches et expérimentations diaboliques...

 

 

The Brain, à l'instar d'un Deadly Spawn, fait partie de ces films amusants, bricolés avec peu de moyens, que l'on a tendance à classer trop facilement et trop rapidement dans la catégorie des nanars, alors qu'il s'agit en fait de séries B honorables se souciant peu, il est vrai, de la crédibilité, mais sachant se montrer distrayantes, et faisant preuve très souvent d'une imagination fertile ainsi que d'une fantaisie toute débridée.
De par son histoire, on peut facilement le rapprocher d'un "Strange Behavior", tourné en 1981, avec Michael Murphy et Louise Fletcher, dans lequel un cerveau prenait le pouvoir sur des adolescents. Sauf que là, vient se greffer un élément extra-terrestre qui n'était pas dans la petite pellicule (sans prétention aucune) de Michael Laughlin, et somme toute moyenne.
Quant à Ed Hunt, nous avons déjà parlé ici de quelques uns de ses films, comme l'impayable L'invasion des soucoupes volantes ou le très sympathique Les tueurs de l'éclipse. Un indécrottable faiseur dont les histoires tournent le plus souvent autour de l'influence des astres, ou bien encore celle d'entités extra-terrestres sur nos actes, ce qui, d'une manière détournée ici, est à nouveau le cas. A bien y regarder finalement, Ed Hunt est un peu notre Jean Rignac de la série B horrifique. Puis, à y regarder d'encore plus près, au microscope pour rester dans le domaine scientifique qui nous préoccupe, l'histoire aurait même pu se passer d'une ramification extra-terrestre que cela n'aurait finalement pas changé quoique ce soit, c'est dire toute l'obsession en ce domaine qui habite ce Ed Hunt, qui a donc décidément de la suite dans les idées. A se demander même si le réalisateur ne fait pas partie de ces gens attestant avoir été enlevés un jour par une soucoupe volante, puis redéposés sur Terre de façon tout à fait amicale.

 

 

A la vision du film, on se dit que la seule présence de David Gale aurait suffit à justifier tout cela, de par son rôle de savant fou. Un acteur, soit dit en passant, que l'on est bien content de retrouver ici, et dont la blouse blanche semble lui avoir collé à la peau une bonne partie de sa carrière, puisque l'on se souvient aisément de son rôle de docteur dans "Re-animator" ou "La fiancée de Re-animator". On oublie cependant trop souvent qu'il a enfilé la même blouse blanche pour la série "Pour l'amour du risque" (et avant sa contribution à la géniale série "Dallas" - je n'évoquerai pas sa présence dans l'indépassable série "Shérif, fais moi peur !"), puis, pour une autre série encore :"Le cavalier solitaire", ce avant, tel Molière, de décéder en blouse blanche juste après un nouveau rôle de médecin dans "Dans la peau d'une blonde" de Blake Edwards.


Puisque nous sommes au rayon acteurs, et avant de passer au rayon accessoires, mentionnons les présences de Christine Kossak, qui nous montre ici une pomme (et ses deux seins en poire) avant de quitter définitivement le monde du cinéma (faut-il y voir un rapport de cause à effet, je ne pourrais l'affirmer) ; celle aussi de la mignonnette, quoiqu'un peu fadasse, Cynthia Preston, qui elle, en revanche, n'a cessé de tourner pour la télévision depuis ("Prom Night III : The Last Kiss, "Vendredi 13 – la série", "X Files", "Total Recall 2070"...) ; puis celle encore de Tom Bresnahan, qui lui non plus n'a pas brillé depuis, ayant traîné ses savates à ses débuts dans la même école d'art dramatique que Benicio Del Toro ou Mark Ruffalo, pour n'enchaîner que des daubes par la suite. Il faut bien avouer que sa présence au sein de ce film-ci est assez consternante, et c'est finalement là-dessus qu'on peut faire procès au réalisateur.
Car autant les acteurs de Les tueurs de l'éclipse, alors qu'il s'agissait d'enfants, étaient bien dirigés et par la même occasion, convaincants, autant ici, c'est un peu la débandade, jusqu'à se croire dans un épisode de "21st Jump Street" version savant diabolique et cerveau mutant.

 

 

Au crédit pourtant de Ed Hunt, en plus d'une imagination qui n'a que faire du réalisme, un film qui débute par quelques bonnes scènes, dont l'une d'elles se montre même particulièrement efficace en même temps que visuellement étonnante : des tentacules -?- cérébrales qui transpercent un mur de toutes parts pour tenter d'assaillir une jeune femme. Au crédit également du film, un rythme qui a ensuite l'immense mérite de ne pas trop défaillir dans un petit film qui amène de façon régulière son lot de scènes surprenantes, avec une vraie belle générosité pour le peu de moyens dont il dispose.

 

En vrac : une bonne épouse se met sans raison apparente à tronçonner le bas ventre de son directeur de lycée de mari en train de bosser gentiment dans son jardin, un ours en peluche qui se met à pleurer du sang, une décapitation à la hache d'un flic qui n'en avait pas demandé tant et qui n'aura pas eu le temps de comprendre le pourquoi du comment, l'omniprésence de l'assistant/sbire du méchant docteur qui ne cesse de provoquer la joie tant ses poursuites à tout va paraissent vaines, et échouent la plupart du temps devant un héros pourtant aussi con que satisfait de lui-même, un cerveau-créature tout fait de latex et qui finit même par montrer ses dents... Non, décidément, y a pas à se prendre le brain, The Brain reste un film très sympathique, gavé de couleurs criardes et de brushings d'époque, de dialogues farfelus et parfois même incongrus et y va même, en plus de cela et l'air de rien, de sa petite critique d'une télévision spectacle dont la fin justifierait les moyens (le passage de la tentacule cérébrospinale passant au travers de la télévision de la première victime en est le parfait exemple).

 

 

Bref, on aimerait bien à ce jour assister à autant de séries B faisant preuve d'une telle générosité, et à ce titre, Manipulations a le mérite de garder un certain charme, les années passant, ce, sans jamais ennuyer une seconde.

 

Mallox

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