Kronos
Genre: Science fiction
Année: 1957
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Kurt Neumann
Casting:
Jeff Morrow, Barbara Lawrence, John Emery, George O'Hanlon...
Aka: Kronos : le conquérant de l'univers / Ravager of Planets / Kronos : Destroyer of the Universe / Kronos : War of the Universe
 

Un astéroïde s'écrase dans l'Océan Pacifique, près du Mexique. Trois scientifiques, menés par Leslie Gaskell, examinent le météore et découvrent une gigantesque machine, appelée Kronos. Celle-ci attaque les centrales du Mexique pour les vider de leur énergie. Ce faisant, Kronos croît en taille : plus il devient grand, plus il a besoin d'énergie. Kronos est en fait un "accumulateur", envoyé par une race extraterrestre qui a épuisé ses propres ressources naturelles. Ils ont envoyé Kronos pour drainer la puissance de la Terre.

 

 

Dans la science-fiction des années cinquante, le robot représente soit un allié (Robby), soit une menace, et sert en général de valet ou de protecteur à une entité quelconque (Le jour où la Terre s'arrêta, La Martienne diabolique). Dans le cas de Kronos, il est tout simplement l'éclaireur d'une future invasion, une machine gigantesque (30 mètres), qui absorbe le maximum d'énergie qu'il peut rencontrer. Sa mission est de vérifier si la Terre est une cible potentielle dont les ressources énergétiques pourraient être pillées. Ce qui différencie Kronos des autres robots, c'est son absence totale d'un quelconque anthropomorphisme ; il est tout simplement une machine d'aspect basique (deux cubes de métal surmontés d'un dôme, le tout posé sur quatre pieds) qui se déplace comme un bulldozer et remplit sa mission sans états d'âme, un peu comme la machine de guerre de "La machine infernale" (The Doomsday Machine), épisode mythique de la série "Star Trek". Cette carence d'émotions et de décision causera sa perte, car il ne saura pas anticiper la riposte de ses ennemis, qui vont inverser ses pôles ! Ne demandez pas d'explication sur ce phénomène, c'est pratiquement inexplicable.

 

 

Comme dans la plupart des films de science-fiction de l'époque, les acteurs viennent de la télévision ou de la série B. Jeff Morrow, Barbara Lawrence et John Emery n'échappent pas à la règle, au point que leur filmographie semble interchangeable. Par contre, le réalisateur Kurt Neumann est plus connu. D'origine allemande, il commence sa carrière à Hollywood en dirigeant les versions allemandes et espagnoles de films américains. Ayant acquis une bonne réputation en tant que réalisateur, il enchaîne sur une série de films à petits budgets. En 1945, il rejoint le producteur Sol Lesser, qui l'engage comme coproducteur et metteur en scène principal sur une série de Tarzan (1945-1954) : "Tarzan et les amazones"(1945), "Tarzan et la femme léopard" (1946), "Tarzan et la chasseresse" (1947), "Tarzan et la diablesse" (1954), avec Johnny Weissmuller puis, plus tard, Lex Baxter dans le rôle titre. Dans les années 50, il réalise quelques films fantastiques comme "Vingt-quatre heures chez les Martiens" (1950), "She Devil" (1957), Kronos (1957). Mais son film le plus connu restera sans doute "La mouche noire / The Fly" (1958). Malheureusement, le réalisateur ne connaîtra pas le succès de son film car il décèdera mystérieusement en 1958.

 

 

Si Kronos est une série B c'est aussi, par rapport aux standards du genre, une production soignée tournée en "Regalscope", un format large (comme le cinémascope) en noir et blanc et généralement réservé aux séries B de la 20th Century Fox. D'ailleurs, certains plans de Karl Struss ("L'île du Dr Moreau" version 1932) sont d'une beauté indéniable (comme la scène du début dans le désert). Les effets spéciaux sont en général corrects, même si certaines transparences laissent à désirer. D'ailleurs, techniquement, le film s'en tire plutôt bien et surtout évite le ridicule involontaire. Malheureusement, il n'échappe pas à quelques défauts inhérents au genre : accumulation d'archives de l'armée (mais c'est presque une coutume !), erreurs de raccords manifestes (les avions qui changent de modèle entre deux plans), invraisemblances flagrantes (l'atterrissage sans problème des scientifiques sur la machine...), et longues plages de dialogues remplies d'un charabia pseudo-scientifique (comme cet ordinateur dont l'anagramme - Synchro Unifying Sindmetric Integrating Equitensor - laisse rêveur).

Le scénario oscille entre la métaphore écologique sur les dangers de la surconsommation et le contrôle responsable du nucléaire (entre de bonnes mains américaines, le nucléaire c'est bien !), essayant de ménager la chèvre et choux. On appelle cela être consensuel ; ce qui n'empêche pas un peu de manichéisme primaire, comme par exemple montrer que l'armée mexicaine ne possède que de vieux coucous de la seconde guerre alors que les Américains engagent des avions supersonique tout neufs pour s'opposer à l'envahisseur. Pourtant, malgré ces défauts, Kronos reste un film plaisant qui se hisse sans mal parmi les réussites du genre. Le réalisateur Kurt Neumann s'en tire avec les honneurs, malgré plusieurs handicaps majeurs, notamment un scénario qui accumule les idées parfois incongrues, dont la principale (et pas des moindres) est de rendre menaçant un cube d'acier, et surtout le faire se déplacer sans frôler le ridicule. Mais quand on a filmé Johnny Weissmuller en slip dans Tarzan, rien n'est impossible ! Ajoutez un casting qui s'en tire avec les honneurs plus quelques traits d'humour, et voilà emballée une honnête série B qui gagna au fil des années un statut mineur de film culte.

 



The Omega Man

 

En rapport avec le film :

 

# Le coffret Artus Films "Les monstres viennent de l'espace"

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