Nuits des Geishas, Les
Titre original: Violated Paradise
Genre: Drame , Mondo , Document
Année: 1963
Pays d'origine: Japon / Italie
Réalisateur: Marion Gering
Casting:
Kazuko Mine
 

Une jeune femme japonaise métisse aïnou, quitte sa campagne sauvage et ses rites ancestraux pour partir, à l'instar du Candide, à la découverte de son pays en mutation, poser son regard ingénu sur la société rurale et urbaine nippone et peut-être trouver l'amour, le vrai, celui qui est trop pudique pour vous donner la main sur la grande roue... Cette quête d'identité et de l'être cher est ici prétexte à un docu-fiction exotique dont la filiation au genre mondo n'est pas évidente prime abord.

 

 

En effet nous commençons le voyage par la partie "Paradise", ode à la nature et à la vie en harmonie de l'homme avec elle. L'héroïne nous fait les louanges en voix off des paysages vierges de civilisation moderne et nous convie à une cérémonie animiste aïnou en hommage au dieu-ours (semble-t-il reconstituée pour l'occasion). Le sujet est traité de façon sérieuse et documentée, ne recherche pas l'effet de choc, tout au plus l'invitation au voyage et au retour à la nature. Ce n'est pas non plus le passage sur les pêcheuses d'Awabi et ses timides plans de poitrines dénudées qui va apporter satisfaction à l'amateur de shockumentaire.

Il faut attendre un tiers du métrage (d'une durée totale atteignant à peine une heure) et l'arrivée à Tokyo pour qu'une familière voix off masculine vienne nous informer de la débauche qui règne dans cette capitale. S'en suivront les inévitables séquences de cabaret dont l'intérêt risque fort d'échapper au spectateur du XXIe siècle. L'héroïne fait ainsi son entrée dans l'univers des geishas pour faire glisser le docu-fiction vers le sujet de la prostitution, sobrement représentée par quelques vêtements jetés sur une chaise.

 

 

Trop c'en est trop ! Face à tant de luxure notre naïve jeune femme décide de délaisser les néons de la ville pour s'en retourner aux vraies valeurs : pêcher la perle dans le plus simple appareil et vivre l'amour platonique avec son beau ténébreux qui sert de fil conducteur à la narration.

Violated Paradise apparait comme une oeuvre curieuse qui semble tour à tour hésiter entre travelogue naïf, documentaire sérieux, prude romance et racolage mercantile, comme le prouvent les 10 dernières minutes (le "climax" dira-t-on) qui ne consistent qu'en un ballet aquatique de japonaises à poils. De plus amples informations sur la genèse et le déroulement du projet expliqueraient certainement cet aspect dispersé.
On peut toutefois supposer sans prendre trop de risque que le parcours de Marion Gering ne le prédisposait pas à l'exploitation pure : metteur en scène soviétique émigré au Etats-Unis, sa carrière au cinéma se résume à tourner drames et comédies romantiques pour la Paramount dans les années 1930, notamment pour mettre en valeur Sylvia Sidney (Princesse par Intérim, une adaptation de Madame Butterfly ou encore Pénitencier de Femmes, un WIP précoce), avant de disparaître à peu près des radars pendant 30 ans jusqu'à cet étrange documentaire.

 

 

En l'état, on réservera plutôt ces Nuits des Geishas aux amateurs endurcis de proto-mondos et films de cabaret.

 

Princesse Rosebonbon

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