Malédiction de Chucky, La
Titre original: The Curse of Chucky
Genre: Horreur
Année: 2013
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Don Mancini
Casting:
Fiona Dourif, Brad Dourif, Danielle Bisutti, Adolph Martinez, Brennan Elliott, Chantal Quesnelle, Jennifer Tilly...
 

Nica, une jeune femme en fauteuil roulant depuis sa naissance, vit avec sa mère Sarah dans un grand manoir. Un jour, elle reçoit "Chucky", une étrange poupée, puis Nica retrouve sa mère morte. Elle se retrouve contrainte à passer le week-end avec sa famille dans le grand manoir, pour l'enterrement. Mais pendant la nuit, les membres de sa famille meurent ; Nica pense que le coupable est "Chucky"...

 

 

En 1988 sort "Child's Play / Jeu d'enfant", réalisé avec brio par Tom Holland sur un scénario de Don Mancini, John Lafia et Tom Holland. Le film est un petit succès Cependant, les exécutifs de United Artist, qui venaient de changer de propriétaire, ne voulaient plus produire de films d'horreur. C'est donc Universal qui va se charger de distribuer les deux suites, qui seront réalisées en 1990 et 1991.
Quelques années plus tard, la série (et surtout le merchandising) est relancée avec "Bride of Chucky" et "Seed of Chucky", mais beaucoup déplorent le côté second degré auto-parodique dans lequel la série s'est embourbée. Un retour aux sources semblait inévitable, et dans les coulisses une rumeur persistante parlait d'un remake du premier épisode, afin de remettre les bases de la franchise à zéro. Mais Don Mancini, qui veille sur notre brave gars depuis le premier opus, choisit une autre solution. Comme "Bride of Chucky", Curse of Chucky va marquer un virage radical dans la série ; fini le second degré et les bons mots, retour à l'épouvante et au fantastique.


L'idée de Mancini est de continuer la saga sans en renier les divers aspects, comme le prouve le double caméo du film : primo, Jennifer Tilly, de plus en plus pulpeuse (pour ne pas dire enveloppée !), qui revient faire un coucou ; secundo, Alex Vincent, le héros du premier épisode, qui a droit à un épilogue juste après le générique de fin (à cause d'une réflexion de l'héroïne pendant le film qui n'a pas sembler plaire à Chucky). Sympa pour les 25 ans de la série.

 

 

Le brave gars nous revient donc avec sa mignonne frimousse et arrive dans une nouvelle famille ; mais le choix de celle-ci n'est pas un hasard et se trouve étroitement lié au passé de Charles Lee Ray, ce qui permet de faire le lien avec les événements du premier opus. On va apprendre au fur et à mesure que Charles Lee Ray est responsable du handicap de la pauvre Nica et de la mort prématurée de son père, bien des années plus tôt. Peu de temps après l'arrivée de Chucky, la mère de Nica est retrouvée morte. Aussitôt, Barb, la sœur de Nica, débarque avec sa famille et sa baby-sitter, plus attirée par le côté bassement matériel de la situation que par un quelconque sentiment de compassion. Elle veut vendre le manoir et placer sa sœur dans une institution. Une famille assez pittoresque, puisque sous ses aspects de bigote, Barb n'hésite pas fricoter avec la baby-sitter (!). Son mari ayant quelques soupçons, il ne trouve rien de mieux que de cacher une caméra sur Chucky pour espionner sa femme et son amante. Au terme d'une nuit de cauchemar, Nica, la seule survivante, sera accusée des meurtres de sa belle famille et de la baby-sitter, alors que Chucky trône fièrement au milieu du tribunal comme pièce à conviction. Mais rien n'est encore joué !

 

 

L'efficacité de la série repose en grande partie sur l'interaction entre les acteurs et la poupée, comme les apparitions surprise de la poupée en arrière-plan ou les plans de son visage particulièrement expressif. Dès le départ, le choix de l'animatronique s'est avéré une excellente idée C'est Kevin Yagher et son équipe qui s'occupaient des effets spéciaux sur les quatre premiers épisodes ; Tony Gardner assure la relève sur "Seed of Chucky" et le petit dernier, Curse of Chucky, ce qui rassurera les puristes qui avaient peur que la série ne tombe dans le tout numérique (seuls quelques plans seront utilisés). L'animatronique manque parfois de fluidité dans les mouvements, mais comme de toute façon les poupées sont plus limitées que les humains dans ce domaine, l'effet est des plus réussis, comme si un être humain essayait de se mouvoir dans la carcasse d'une poupée. Cet effet est à la base même du succès de la série et sera développé au cours des épisodes pour atteindre une sorte de surenchère dans le dernier opus, où les poupées se multipliaient. Pour ce nouveau chapitre, la présence de Chucky (du moins en mouvement) est délibérément limitée, ce qui renforce encore son impact.

 

 

Pour sa deuxième réalisation, Mancini s'en tire très bien, rendant hommage au whodunit et à sa variante, l'investigation inversée (on connaît l'identité du tueur dès le début). Le réalisateur surprend par quelques astuces de mise en scène : le visage de Danielle Bisutti qui se reflète dans la lame du couteau, le vrai visage de Chucky dissimulé sous un masque … C'est toujours Brad Dourif qui double la poupée maléfique et joue le rôle de Charles Lee Ray, mais cette fois il joue avec sa fille Fiona Dourif, découverte dans "True Blood", et qui livre une belle prestation. Elle pourrait bien devenir, comme son "daddy", une icône du cinéma de genre.


Mine de rien, c'est déjà le sixième opus de la saga et on ne s'en lasse pas. Loin des délires clownesques et gore du dernier épisode, qui date déjà de neuf ans, voilà un retour gagnant même si le scénario n'est pas toujours à la hauteur.
Qu'importe, les apparitions de Chucky sont toujours aussi jubilatoires, le film répondant ainsi favorablement aux attentes des fans.

 

 

The Omega Man

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