Avere vent'anni
Genre: Drame
Année: 1978
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Fernando Di Leo
Casting:
Gloria Guida, Lilli Carati, Ray Lovelock, Vittorio Caprioli, Leopoldo Mastelloni...
Aka: Being Twenty / To Be Twenty (Europe)
 

Dès amorçage du générique, sur la chanson disco-pouilleuse "Avere vent'anni" interprétée par Gloria Guida en personne, tout laisse supposer que nous sommes en présence d'une énième sexy comédie à l'italienne indigeste. Mais on a tôt fait de se rappeler que nous n'avons pas aux commandes un Nando Cicéro ou un Michele Massimo Tarantini mais un ex-chantre du polar musclé, Fernando Di Leo et c'est là toute la différence (encore que les polars de Tarantini soient plutôt de bonne facture mais je m'égare).
Pourtant, la première moitié du film inquiète très franchement de par sa bonne humeur et ses situations cocasses. Lilli Carati et Gloria Guida, en plein "road-trip" (yeah !), "jeunes, belles et chieuses" comme elles se plaisent à le clamer sans cesse, font les 400 coups ensemble. Elles allument des vieux croûtons, ricanent comme des poufs pour un rien, agitent leur joli popotin, volent dans un super-marché. Rien de bien excitant donc (à part nos deux gourdasses et leur mini mini-short).

 

 

Jusqu'à leur arrivée dans un gîte tenu par une communauté d'hippies excentriques : l'un d'entre eux, maquillé en Pierrot, passe son temps à méditer accroupi, fixant un point imaginaire devant lui, totalement imperturbable (sauf lors de la scène de lesbianisme entre Carati et Guida où il ne peut s'empêcher de jeter un coup d'oeil et on le comprend). Ray Lovelock, dans un petit rôle, pionce quant à lui les trois quarts du temps tandis que sa gonzesse (Carati en l'occurrence) tente sans résultat de l'exciter en le tripotant un peu partout. Moi, par exemple, j'aurais pas tenu plus de trois secondes avant de... ouais bon, bref.
Cette partie dans le gîte, qui occupe une bonne heure de film tout de même, s'avère bien trop longue mais heureusement agrémentée de séquences de sexe assez chaudes, que ce soit celle entre Carati et Guida ou bien le coït Carati/Lovelock, finalement extirpé de son sommeil.

Mais progressivement, un changement de ton s'opère. De la sexy comédie potache, on passe au drame social lorsque la communauté d'hippies est dissoute par l'assaut des forces de l'ordre dans leur quartier général, à la recherche de drogue. Les interrogatoires agressifs et les passages à tabac se multiplient, contraignant tout ce beau monde en pleine précarité à se disperser. Et nos deux dévergondées de se retrouver à la rue.
Enfin, du drame social, on bascule totalement dans l'horreur et le sordide lors des quinze ultimes minutes. Après avoir refusé les avances d'un chef mafieux dans un bar, elles seront finalement prises en chasse par ses hommes de main en plein bois, puis battues, violées (à coup de bouts de bois dans le vagin notamment) et laissées pour mortes, nues au milieu d'un bosquet.

 

 

Un final glacial, dur, à la morale franchement discutable : comme si la séduction débouchait inévitablement sur le viol, destinée obligatoire pour les pécheresses/allumeuses. Dans une société pareille, Paris Hilton croupirait déjà dans un goulag. Di Leo pointe manifestement du doigt les sexy comédies et ces "chaudasses provocantes" qui les peuplent. Ce n'est pas un hasard d'ailleurs s'il fait appel à Lilli Carati et Gloria Guida, deux stars du genre, pour camper Lia et Tina, les deux héroïnes d'"Avere vent'anni".
Finalement, pendant que la caméra s'éloigne pudiquement des corps inanimés de Lia et Tina, le doute (tel le guerrier) m'assaille. Les interrogations fusent : doit-on les (vous voulez pas que je termine ma phrase d'abord ?) blâmer pour leur naïveté ? les accuser devant tant de provocation ? ou bien les pardonner d'"avoir vingt ans" et d'avoir juste voulu profiter au maximum de la vie ?

 

 

Throma
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