Guinea Pig, Devil's Experiment
Titre original: Za Giniipiggu : Akuma no Jikken
Genre: Gore , Trash
Année: 1985
Pays d'origine: Japon
Réalisateur: Hideshi Hino
Casting:
-
 

En guise de générique, un message prévient le spectateur qu'il va visionner un film amateur anonyme voulant expérimenter dans la souffrance humaine. Une jeune femme est torturée par trois hommes aux visages partiellement masqués, utilisant tour à tour leurs poings, leurs pieds, une pince, une chaise de bureau (!), de la musique bruitiste, un scalpel, un maillet, de l'eau bouillante, des asticots, des abats d'animaux et une aiguille. Le reste du temps elle est retenue prisonnière dans un filet suspendu dans la forêt. Chaque séquence est précédée d'un écran noir où apparaît un seul kanji, annonçant le mode opératoire.

 

 

Film pervers s'il en est, Guinea Pig : Devil's Experiment, pousse le concept de voyeurisme sadique à l'extrême en tentant de feindre le snuff movie. Démarrant sur une gentille séance de claques assez mal jouée, l'horreur va monter crescendo jusqu'à la fameuse et graphiquement très réussie scène de crevaison oculaire à l'aiguille. Ambiance sonore réduite au possible, dialogues limités à quelques insultes visant à humilier la victime, aucun développement des personnages, mise en scène, réalisation et éclairage très sobres sont de mise.
En toute honnêteté, le spectacle offert n'est pas si immonde qu'on a pu le dire. Il est vrai que ce qui est représenté est tout à fait amoral, mais la représentation même peine à être convaincante, hormis de rares scènes comme le pinçage et les effets gores soignés.
La cause principale en est le manque flagrant de crédibilité de l'actrice principale : elle ne crie, ne se débat ou ne se plaint qu'à de très rares occasions; ce qui semble dérisoire étant donné le traitement qu'elle subit. D'autre part, les "comptes" spectaculaires de claques, de tours de chaise à roulettes ou d'heures passées à écouter du bruit sont une ficelle un peu grossière pour induire l'atrocité de l'action. Enfin certaines séquences, comme le lancer de viscères, traînent désespérément en longueur et suggèrent plus l'ennui qu'autre chose.
Cependant, réalisé pour un budget ridicule pour une chaîne du câble et le marché de la vidéo, ce court-métrage d'une quarantaine de minutes a irrémédiablement fait date dans l'Histoire du cinéma d'horreur. En effet, son concept original de se débarrasser de toute narration, de sortir l'horreur d'un quelconque contexte pour la présenter telle quelle, crée un profond malaise.

 

 

Alors que le même spectateur peut encaisser sans sourciller un contenu autrement plus corsé s'il est servi dans un joli emballage de justifications et de valeurs ou d'humour, il aura plus de mal à digérer jusqu'au bout cette dégradation gratuite d'une femme : il est confronté ici à un miroir dérangeant de son voyeurisme et de son goût du spectaculaire.
La grande force de ce film est qu'il amène obligatoirement son public à se questionner sur la nature de ce qu'il regarde et les motivations qui le poussent à le regarder. On en vient automatiquement à rechercher tous les défauts des trucages et du jeu des acteurs pour se rassurer quant à la nature fictive des images, et à se demander si l'on prend un quelconque plaisir à leur vision. Finalement peu de films peuvent se targuer d'atteindre ce résultat.

 

 

Princesse Rosebonbon

 

A propos du film :

 

# Il est à noter que, ce premier épisode servant malgré lui de mètre étalon pour l'ensemble de la série, il tend à faire passer le reste (à l'exception de Flowers of Flesh and Blood, voire de Mermaid in a Manhole) pour un divertissement de seconde zone.
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