Sinbad et l'oeil du tigre
Titre original: Sinbad and the eye of the tiger
Genre: Fantastique , Aventures
Année: 1977
Pays d'origine: Grande Bretagne
Réalisateur: Sam Wanamaker
Casting:
Patrick Wayne, Taryn Power, Margaret Whiting, Jane Seymour, Patrick Troughton, Kurt Christian...
 

Une odieuse magicienne a transformé le jeune prince héritier en babouin afin de placer son fils sur le trône. Sinbad, héros des mers, part à la recherche d'un mage capable de rompre l'enchantement. Il devra affronter mille dangers…

 

 

Bon, ce n'est pas une franche réussite, et les défauts affluent autant (et peut-être même davantage) ici que dans "Le fantastique voyage de Sinbad", tourné par le faiblard Gordon Hessler. Pas de doute, le film de Nathan Juran trône au royaume des Sinbad ! La raison à cela ? Des scénarios limités qui survolent la mythologie et ressemblent plus à des étapes successives qu'à une lecture un peu plus approfondie de son contexte. Les arguments sont toujours les mêmes : chercher un secret, un mystère ou une clé magique afin de parcourir le monde et de nous faire voyager. Malheureusement, une fois de plus, si les décors changent dans "Sinbad et l'oeil du tigre", le réalisateur aux commandes se montre peu inspiré et semble patiner. L'intrigue est minimale et Sam Wanamaker a bien du mal à l'illustrer de façon légèrement épique, et d'insuffler un petit souffle aux situations et à ses personnages. Pourtant, on traversera bien l'Egypte, la Grèce et l'Inde, rien que ça…

 

 

Il est vrai que c'est avant tout un réalisateur de télévision, avec tout un pan de la culture télé sixties et seventies à son actif ("Le Saint", "Columbo"), mais qui avait su nous offrir un western sinon bon en tout cas original en 1971 : "Catlow" avec Yul Brynner, Richard Crenna et Leonard Nimoy, qui s'il manquait d'un poil de caractère, était largement relevé par son casting charismatique. Ce n'est hélas pas le cas ici puisque après John Philip Law qui n'était pas si mal, c'est Patrick Wayne qui lui succède. Autant dire qu'ici, l'acteur fils à papa n'existe pas beaucoup et de fait achève de donner des allures paresseuses au trip mythologique très statique. Finalement, heureusement et une fois de plus, certaines présences secondaires relèvent le niveau. D'abord, celles de jolies "poupettes" comme Taryn Power (encore "une fille de", assez fadasse tout de même ! Peu de films à son actif, mais aperçue dans "Bordella" de Pupi Avati l'année précédente), et Jane Seymour ("Quelque part dans le temps" de l'insondable Jeannot Swarc ou encore "Vivre et laisser mourir", l'un des James Bond les plus faiblards) qui bénéficie tout de même d'une présence plus conséquente. Finalement, la palme revient tout d'abord à méchante Zenobia, campée haut la main par Margaret Whiting (grosse carrière à la BBC mais très peu de cinéma également) qui semble dominer tout le monde de sa présence agressive et menaçante. Pas de doute : l'actrice a pris du plaisir à camper une garce, ça se voit et l'on peut le comprendre. Ses apparitions ont même tendance à réveiller le spectateur légèrement assoupi devant ce spectacle faisant du sur-place à travers les continents. Une bonne méchante finalement, y'a que ça de vrai ! Par ailleurs, c'est Melanthius, joué par Patrick Troughton ("Dr Who") qui assure le spectacle puisque, devant jouer le sage de l'histoire, il ne cesse de faire des gaffes ou se tromper sur la suite à donner aux événements. C'est tout juste si son personnage reconnaît une mouette, pour dire...

Enfin, à sa manière, et avec ces erreurs successives, certainement involontaires qui plus est de la part du réalisateur Sam Wanamaker, il amène un peu de fraîcheur là-dedans.

 


On a donc vu que la mise en scène était plate, que les acteurs y étaient médiocres dans l'ensemble, hormis Margaret Whiting qu'on remerciera au passage, que le scénario tenait plus sur une feuille de merisier qu'une feuille de chêne. Alors, que peut sauver ces aventures maritimes du naufrage ? Et bien et ce n'est pas une surprise, si Ray Harryhausen peut facilement plaider coupable pour son script squelettique, force est de constater qu'une nouvelle fois il assure au niveau effets spéciaux. S'ils n'ont pas tout à fait le même charme d'antan (la production commence à prendre un coup de vieux et les nouvelles techniques arrivent à grands pas), ils n'en demeurent pas moins très sympas. D'abord, ce Miniton (une espèce de taureau en or réveillé par Zenobia) qui donne l'impression de ne cesser de ramer sur l'embarcation de Zenobia durant la plus grande partie du film, ce qui fait marrer ; ensuite ce prince transformé en babouin brillant joueur d'échecs (enfin un peu d'humour) ; puis ce moustique géant (mais pas trop) quitte à sembler même assez petit et donc facilement combattable. Ailleurs, Harryhausen nous pond un primate géant dont il reprend le faciès de son minotaure au sein du "Voyage fantastique de Sinbad", géant qui regardera d'un drôle d'oeil le prince babouin avant que l'on comprenne qu'il est gentil et prêt à aider nos héros qui, juste avant, auront eu affaire à un morse géant. N'oublions tout de même pas les premières créatures du film, une troupe de squelettes qui aurait pris un léger coup de Disco dans la gueule depuis "Jason et les argonautes" et s'avèrent donc assez décalés et sympas à regarder. Une fois de plus, donc, le festival Harryhausen relève le niveau et assure le spectacle, sinon même tout le spectaculaire dont regorge "Sinbad et l'oeil du tigre". Car ailleurs, comme dit plus haut, le plat est maigre. Petit atout supplémentaire, la musique de Roy Budd, sans égaler ses partitions pour "Get Carter" ou "Marseille contrat", reste pas mal.

 


Note : 6/10

 

Mallox
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