Wolf Devil Woman
Titre original: Lang nu bai mo
Genre: Arts Martiaux , Ninja , Fantastique , Lycanthropie
Année: 1981
Pays d'origine: Taïwan
Réalisateur: Pearl Cheung Ling
Casting:
Pearl Cheung Ling, Sek Fung, Wong Hap, Ho Hing Nam, Wan Siu Man, Woo Chung...
Aka: Lang2 Nu3 Bai2 Mo2 / Long neui baak mo (cantonais) / Wolfen Ninja (USA)
 

Le film commence par une folklorique et colorée séance de torture organisée par une secte appelée "Red Devil". Un grand prêtre, habillé comme un membre du ku klux klan ayant viré gay, s'amuse à faire des misères à un pauvre gars crucifié, le tout par l'intermédiaire d'une poupée (genre vaudou). Un couple qui participait aux réjouissances décide de quitter l'assemblée et par la même occasion la secte, ce qui ne plaît pas du tout à leur chef qui envoie illico à leurs trousses une poignée de ninjas colorés et un homme bête (un figurant avec un masque en plastique). Pour sauver leur bébé des griffes de leurs poursuivants, les parents provoquent une avalanche, scène surréaliste où le couple commence à frapper vigoureusement la neige avec la tête. Le bébé, abandonné à son triste sort, est alors recueilli par une louve et sa meute (des bergers allemands), qui en profite pour dévorer les cadavres des parents. Elevée dans une grotte de neige et de glace (en fait du plastique blanc), elle devient the Wolf Woman (la femme loup), une belle femme au couvre-chef ridicule (on dirait une peluche).

 


Un jour, elle rencontre l'épéiste Rudolph et son assistant Rudy qui blesse la pauvre "femme loup" et tue sa louve/mère adoptive. Elle est recueillie et soignée par les deux compères, qui lui apprennent à parler, à lire et à se déplacer comme une femme. Pour ce faire, le brave Rudolph n'hésitera pas à lui rectifier la colonne vertébrale (avec vision aux rayons X qui nous montre la colonne). Petit à petit, elle tombe amoureuse de Rudolph, mais ce dernier se fait capturer par la secte qui l'enrôle par hypnose. A la recherche de ses amis, la femme loup échappe à la mort grâce à Rudy. Ils sont recueillis par le maître de Rudolph, qui révèle alors à la "femme loup" que sa destinée est de détruire la secte des "Red Devil". Armée de son écharpe à crocs, elle décide d'accomplir sa mission et de sauver son amour. Car la belle a beau être une femme, elle possède une manière de combattre assez originale, héritée de ses années de chasse. Il faut en effet la voir creuser un tunnel sous la neige pour surgir sous un lapin et l'empoigner en faisant un bon de plusieurs mètres (attention au câble parfois visible), et le couper en deux avec les mains : imaginez l'effet sur des hommes ! Elle utilisera d'ailleurs la même technique, mais cette fois dans le sable, réduisant ses adversaires en morceaux, une scène qui n'aurait pas fait tâche dans un "Baby Cart". Ajoutons aussi que lorsque la belle est particulièrement énervée elle devient furieuse et surtout blonde ! Petit à petit, elle extermine les sbires de l'infâme secte, l'affrontement final approche et cette fois il faudra tout le courage et la dextérité de la belle pour sauver son amour et affronter les morts vivants qui protègent le maître.

 


Wolf Devil Woman est inspiré par le roman de Leung Yu-Sang "Jiang-Hu : Between Love and Glory", qui sera adapté bien plus tard par Ronny Yu sous le titre de "The Bride With White Hair." Il n'y a cependant aucun rapport entre les deux films. Le premier est un délire visuel tout à la gloire de son actrice principale, la belle Pearl ; le deuxième est un film romantique dans la lignée du nouveau cinéma chinois. Ce n'est pas tellement l'histoire qui compte ici, mais plutôt la manière de mettre en image les délires du scénario. Au lieu d'utiliser des effets spéciaux couteux, on n'hésite pas à recourir au dessin animé, notamment lors du final où le pauvre Rudolph, entouré par les flammes, doit la vie à sa compagne qui s'arrache carrément des morceaux de chair du bras pour faire gicler l'hémoglobine et éteindre les flammes. Une séquence qui résume parfaitement le film, mais l'intérêt majeur reste évidemment la belle Pearl Cheung Ling (que l'on a pu voir chez nous dans "Operation Phoenix Ninja" aka "Miracoulous Flower"), actrice taïwanaise qui jouera aussi pas mal à Hong Kong (notamment avec Jackie Chan dans "La Mission Fantastique / Fantasy Mission") et qui deviendra bien vite culte chez les spécialistes pour avoir participé à des productions taïwanaises particulièrement rares comme "Elimination Pursuit" aka "Three Famous Constables". Elle sera également à l'époque une des premières et rares actrices d'arts martiaux qui deviendra aussi réalisatrice, productrice et scénariste, travaillant notamment avec l'ineffable Geoffrey Ho.

 


Pour bien apprécier certains films, il faut parfois mettre de côté son esprit critique et cartésien, ainsi que certaines notions de base du langage cinématographique comme le montage, les raccords... C'est le cas de cette petite bande fauchée mais hautement sympathique, du cinéma authentique qui force le respect par son jusqu'auboutisme, et par la poésie de certaines scènes. Le budget ridicule et les contraintes n'empêchent jamais sa réalisatrice d'aller au bout de ses délirantes idées, même si elle doit pour cela flirter avec le ridicule. Ne vous attendez pas à un film de pure baston, les combats (délirants, mais sûrement réglés par la seconde équipe) ne représentent qu'une petite partie du script, la réalisatrice s'attachant surtout à décrire le quotidien de son personnage et sa rencontre avec le valeureux épéiste, avec qui elle va retrouver son humanité et découvrir l'amour (soft). Notons que, même élevée par des loups, une femme reste coquette. Ainsi notre femme loup, malgré les rudes conditions de la vie en pleine nature, réussit à rester maquillée et même arborer un très saillant rouge à lèvres . Une curiosité amusante et rafraîchissante (normal le film se passe en grande partie dans la neige) qui mérite d'être découverte, rien que pour faire connaissance avec son interprète principale qui le mérite bien.

 

 

The Omega Man

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