Porno Holocaust
Genre: Gore , Porno
Année: 1981
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Joe d'Amato (alias Aristide Massaccesi)
Casting:
George Eastman, Mark Shannon, Dirce Funari, Annj Goren, Lucia Ramirez...
 

Le capitaine O'Day doit emmener une équipe de scientifiques sur une île abandonnée des Caraïbes qui avait servi pour des tests nucléaires. Aux alentours de l'île, certains éléments de la faune et de la flore semblent avoir subi des modifications de taille, et les scientifiques souhaitent étudier ce phénomène. Il se pourrait même qu'un être humain se soit vu affecté par les radiations, selon les dires des pêcheurs de la région, qui n'osent plus aller sur cette île de peur du "monstre"...

 


Joe d'Amato, alias Aristide Massaccesi, comme beaucoup de ses confrères italiens, aime bien mélanger les genres. De plus, le brave homme ose tout (voir l'avortement sauvage de Antropophagous) même s'il doit tomber dans le ridicule le plus complet. Dans le genre sexe/tripaille, d'Amato avait déjà signé le brouillon La nuit fantastique des morts vivants, mais surtout "Emanuelle et les derniers cannibales", alias "Viol sous les Tropiques", qui combinait des scènes particulièrement croquignolesques (comme la dégustation de seins façon "apéricube") tout en restant bandant (un challenge dans le genre). Tout le contraire de ce Porno Holocaust, qui déçoit à tous les niveaux ; à se demander si d'Amato ne s'était pas endormi sur une plage lors du tournage de certaines scènes. En effet, il faut attendre près de quarante minutes de remplissage avant que nos aventuriers en herbe ne débarquent sur la fameuse île (cela varie suivant la version du film). Durant cette longue exposition, nous avons droit à diverses scènes pornographiques mal photographiées et filmées sans passion, Aristide Massaccesi, qui nous avait habitués à bien mieux, ne réussit même pas à restituer la beauté des décors (les plages ressemblent à des dépotoirs). Mais la plus grosse déception reste l'absence de Laura Gemser, qui sera remplacée par une mauvaise copie sans saveur ni pudeur, d'ailleurs elle ne sera même pas créditée au générique. Un générique qui ose mettre en avant le nom de George Eastman, alias Luigi Montefiori, vieux complice de d'Amato, pour qui il interprétera le mémorable Antropophagous et sa fausse suite, Horrible. Une pratique pas très sérieuse puisque ce dernier n'apparaît que dans un tiers du film, juste récompense sans doute pour avoir osé signer le scénario inepte de ce navet.

 


D'Amato, peu en forme, dirige dans des décors exotiques des actrices peu concernées dont le talent est inversement proportionnel à la qualité de leur bronzage (les plus bronzées sont les plus mauvaises). Mark Shannon, livré à lui-même, fourre tout ce qui ressemble à une femme. Bref, on a droit à tous les archétypes ultra fauchés du porno "carte postale". Deux femmes se faisant des papouilles (et hop je mets mon nez entre les fesses de ma partenaire), ou une femme avec deux blacks sévèrement membrés (il faut voir l'actrice, les deux sexes en main, se demandant ce qu'elle pourrait bien en faire) ; sans parler de ce brave Mark Shannon et sa moustache aérodynamique qui culbute promptement l'héroïne sur la plage - rien ne manque. Après quarante minutes sponsorisées par l'office du tourisme de la République Dominicaine qui fournit aussi la figuration, notre joyeuse équipe de bonobos arrive enfin sur les lieux du futur drame, où la première chose qu'ils font, à peine débarqués (et cela malgré le danger), c'est forniquer comme des sauvages. Ce n'était sûrement pas l'intention des auteurs, mais on ne peut s'empêcher d'avoir un peu de compassion pour ce Robinson irradié qui menait une petite vie peinarde sur son île, entre faire des promenades et occire quelques pécheurs égarés (la scène du début), et qui voit tout d'un coup trois gonzesses se promener à poil sur son île. Dans ces conditions, on a beau avoir reçu une bonne dose de radiation, on n'en reste pas moins un homme, même si on ressemble à un pop-corn trop cuit. Et voir toutes ces galipettes, ça donne aussi envie de se dégorger le poireau, on ne saurait trop lui en vouloir. La subtilité et les préliminaires n'étant sans doute pas sa première vertu, notre étincelant monstre en profite pour massacrer, violer et kidnapper. Heureusement (pour qui ?), le moustachu Mark Shannon est toujours de la partie et réussira in extrémis à libérer la prisonnière, et tuer le pauvre monstre qui n'en demandait pas tant. Les deux rescapés réussissent à quitter l'île sur un frêle esquif et décident, pour fêter l'événement, de forniquer une dernière fois. Encore une scène surréaliste, où la barque censée se trouver en pleine mer est en réalité filmée à quelques mètres de la plage !

 

 

Voilà donc un film au titre des plus évocateurs (mais qui ne veut rien dire en fait, sauf évoquer un autre film célèbre), qui usurpera sa sulfureuse réputation sur certain site internet, grâce à sa rareté et en exhibant fièrement une jaquette vidéo allusive (qui reproduit la mémorable scène de fellation) mais fatiguée. Maintenant que l'oeuvre est accessible à (presque) tous, il est consternant de constater que le film ne tient pas ses promesses. Certes, il y a du porno, mais les rares scènes légèrement gore brillent par leur amateurisme. Par contre, le bon goût et la subtilité sont partis en courant. Ce qui nous donne deux scènes de viol aux limites du n'importe quoi, la première où l'une des victimes est forcée à engloutir le membre (conséquent) de son agresseur radioactif (un morceau de caoutchouc qui manque d'étouffer la pauvre comédienne), et la deuxième où la victime assommée se fait complètement ramoner dans toutes les positions comme un vulgaire morceau de viande. Les plus observateurs auront remarqué que la taille de l'organe est différente d'une scène à l'autre, même s'il reste conséquent. Bref, difficile de garder son sérieux devant cette débauche d'incongruités. Enfin, l'équipe semble avoir passé de bonnes vacances ; d'ailleurs, pour Joe d'Amato, ce n'est pas la première fois qu'il tournait en République Dominicaine, puisque Orgasmo nero, Sesso nero, "Porno Exotic Love", La nuit fantastique des morts vivants et Porno Holocaust ont tous été tournés sur place, avec plus ou moins la même équipe. Mark Shannon est le seul qui a participé aux cinq films, ses partenaires apparaissant selon leurs disponibilités : Dirce Funari dans La nuit fantastique des morts vivants & "Porno Exotic Love", Annj Goren dans Sesso nero & "Porno Exotic Love", et Lucia Ramirez dans Orgasmo nero, Sesso nero & La nuit fantastique des morts vivants. Un film de vacances, en somme !

 

 

The Omega Man

 

 

* Bientôt disponible chez Bach Films

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