Fils de Spartacus, Le
Titre original: Il figlio di Spartacus
Genre: Peplum
Année: 1963
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Sergio Corbucci
Casting:
Steve Reeves, Gianna Maria Canale, Claudio Gora, Jacques Sernas, Ombretta Colli, Ivo Garrani, Franco Balducci, Roland Bartrop, Renato Baldini...
 

Les légions de Jules César viennent de terminer la conquête de l'Égypte. César charge Randus, jeune centurion, d'aller espionner son rival Crassus. Le navire fait naufrage, Randus parvient à gagner le rivage avec une esclave qu'il a sauvée, mais sur la côte les rescapés sont attaqués et faits prisonniers par des Lydiens. Emmené comme esclave, il ne tarde pas à déchaîner la rébellion parmi ses compagnons de captivité. Un médaillon qu'il porte au cou le fait reconnaître comme le fils de Spartacus...

 

 

Amateur de péplum italien ce beau fleuron du genre devrait vous plaire, tourné en Égypte dans de splendides décors naturels avec une figuration digne de ce nom. Voilà un magnifique exemple du savoir faire transalpin en la matière. Normal, puisque le réalisateur est loin d'être un manchot, n'oublions pas qu'il sera l'un des maîtres du western spaghetti, en signant des films comme "Django" ou "Le Grand Silence". Sergio Corbucci débute sa carrière en 1951 en réalisant comme tous ses compatriotes un peu de tout : drames, comédies, policiers et bien sûr péplums : "Maciste contre le fantôme", coréalisé avec Giacomo Gentilomo, "Romulus contre Remus" et "Le fils de Spartacus". Cette production italienne se veut la suite du "Spartacus" de Kubrick, qui se terminait par la crucifixion du héros (Kirk Douglas). Alors que sa femme Varinia (la belle Jean Simmons) et son fils quittaient Rome, ils apercevaient Spartacus sur sa croix. Varinia lui montrait alors son fils avant de s'éloigner dans le chariot avec son ancien maître. Nous voici bien des années plus tard, lors de la campagne d'Egypte de César. Le fils de Spartacus s'appelle Randus, un jeune centurion qui ignore tout de son identité et sert fidèlement César. Ce dernier lui propose une dangereuse mission : espionner Crassus, son rival, et surtout l'homme qui a vaincu le père de Spartacus.

 

 

Un hasard malheureux va faire partager à Randus le sort des esclaves de Crassus, il n'en faudra pas plus pour réveiller la fibre paternelle qui sommeillait en lui. Après avoir été reconnu par un ancien compagnon de son père grâce à un médaillon, Randus décide d'aider les esclaves opprimés par l'infâme Crassus. Coiffé d'un heaume de gladiateur, il surgit hors de la nuit et court à l'aventure au gallop ; son nom, il le signe à la pointe de son sabre, d'un S qui veut dire Spartacus ! Le scénario transpose fidèlement les péripéties d'un autre célèbre justicier masqué, Randus remplaçant Don Diego, et le principe restant le même : la défense des démunis et des esclaves. On est bien loin ici du message politique et social que voulait faire passer Kubrick, "Le fils de Spartacus" est un film d'aventures plein de péripéties et de scènes complètement bis (notamment des esclaves enfermés dans une bulle entourée de film alimentaire polyéthylène) ou sadiques (le bassin rempli de murènes, digne d'un James Bond) qui trahissent les origines latines de cette production (on peut même apercevoir furtivement une décapitation lors d'un combat) tout à fait recommandable.

 

 

Un péplum avec Steve Reeves (1926-2000) ne peut pas être complètement mauvais, tant l'acteur/culturiste a marqué le genre. Il débuta en 1958 avec "Les travaux d'Hercule" et finira en 1968 avec un western, "L'évadé de Yuma". Entre les deux, il aura tourné dans une vingtaine de productions, essentiellement des films d'aventures. Ce qui lui permit d'enlacer quelques beautés de l'époque comme Mylène Demongeot, Virna Lisi ou Sylvia Koscina. Mais aucune n'est comparable à la magnifique Gianna Maria Canale (1927-2009) qui fut LA star du péplum italien des années 50. Cette brune aux yeux d'émeraude, dont la beauté magnétique (on la compara souvent à Ava Gardner) a hanté les nuits de nombreux cinéphiles, n'avait pas son pareil pour interpréter des femmes mystérieuses, exotiques et antiques. Elle fut l'épouse et la muse de Riccardo Freda qui la dirigea douze fois, notamment dans le magnifique "Théodora, Impératrice de Byzance". En 1964, à trente sept ans, au sommet de sa beauté, elle quitta le cinéma, en refusant toutes interviews et photos. Elle est décédée le 13 février 2009 dans l'anonymat le plus total. Jamais remplacée, elle restera l'incarnation de ces actrices mythiques à la beauté irréelle et intemporelle des déesses antiques.

 

 

Reliquat d'une époque révolue, voilà un excellent film d'aventures qui se regarde comme une bande dessinée. C'est frais, naïf, coloré, plein de rebondissements et de jolies esclaves en détresse. On ne s'ennuie pas une seconde. En plus, quel bonheur de retrouver Steve Reeves en justicier musclé, Gian Maria Canale en intrigante, Ombretta Colli en jeune esclave, et surtout Claudio Gora qui joue un Crassus pleutre, méprisable, sadique et obsédé par l'or. Il subira d'ailleurs un châtiment à la hauteur de ses vilénies. Du spectacle pour les grands enfants que nous sommes restés !

 

The Omega Man
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