Voyage Fantastique de Sinbad, Le
Titre original: The Golden Voyage of Sinbad
Genre: Fantastique , Aventures
Année: 1973
Pays d'origine: Angleterre / Etats-Unis
Réalisateur: Gordon Hessler
Casting:
John Phillip Law, Caroline Munro, Tom Baker, Douglas Wilmer, Aldo Sambrell...
 

En voyage autour du monde, Sinbad et son équipage aperçoivent un drôle de volatile les survolant et semblant porter un objet brillant qui attire leur attention. A l'aide d'un arc l'un de ses hommes l'abat. L'homoncule (il s'agit d'un homme chauve-souris) est porteur d'un médaillon d'or. Un peu plus tard, ils rencontrent le Vizier, un aventurier défiguré et portant le masque, qui leur expliquera à quoi est destiné l'objet. Ils apprennent l'existence de deux autres médaillons qu'il faudra trouver afin de résoudre une énigme les menant à un fabuleux trésor. Ça y est : Koura le maître de l'homme chauve-souris alors spolié de son médaillon est à leur trousse, et nos héros devront se méfier de ce dernier qui s'avère être en plus d'un tyran, un grand praticien de magie noire qui n'aura de cesse dans sa poursuite, de déclencher les éléments contre Sinbad et ses joyeux amis...

 

 

Un beau film d'aventures que voici où l'on peut, 90 minutes durant, retrouver un peu notre âme d'enfant sans avoir à rougir. Rien de parfait évidemment et la mise en scène de Gordon Hessler (Catacombs, "Le Cercueil Vivant" des épisodes pour les séries "Kung-Fu" et "Wonder Woman" entre autres) serait même assez pâle. Le Voyage fantastique de "Sinbad pâtit d'un manque de rythme et d'imagination évidents. Pas de doute, nous voici dans la dernière ligne droite de l'aventure mythologique qui s'essouffle peu à peu dans l'intérêt des spectateurs autant que dans l'abondance de ses productions, les ans passent et la naïveté des années 50 n'a plus cours, il convient donc de passer à autre chose. Seul Le Choc des Titans au début des années 80 offrira, quoiqu'on pense du film, un sursaut et une contribution non négligeable à ce genre donc en voie d'extinction. On en avait vu pourtant passer des Sinbad au fil des ans et c'est à regret qu'on le quittera ici semble-t-il pour toujours. Dans une cinémathèque de province le film fut récemment attribué à Ray Harryhausen, est-ce une erreur ? Pas vraiment puisque ce dernier est à l'origine du projet avec Charles Schneer avec qui il avait déjà travaillé quinze ans auparavant sur l'incontournable 7eme voyage de Sinbad et l'archi connu "Jason et les Argonautes", film phare du genre. C'est ce même Harryhausen que l'on retrouve au scénario en compagnie d'un autre nom prestigieux, Brians Clemens, qui n'est alors pas un nouveau né puisqu'oeuvrant comme chacun sait pour la série "Chapeau Melon et Bottes de cuir" en même temps qu'ayant déjà fait ses preuves en tant que scénariste pour des choses plutôt estimables comme Terreur Aveugle de Richard Fleisher ou encore Dr Jekyll & Sister Hyde. Ce dernier réalisera du reste la même année un fort bon "Captain Kronos contre les Vampires".

 

 

Si le plaisir n'est pas vraiment dans la mise en scène même, il est ailleurs à n'en pas douter. D'abord, et pour y revenir, Ray Harryhausen balance ici quelques sommets de personnages animés qui font ressembler le film à un best of, une presque galerie de son oeuvre. D'abord cet homme chauve-souris, espion à la solde du méchant Koura (Tom Baker), qui reste quasi omniprésent tout le long de cette quête mystique et mythique, ensuite c'est à la proue du navire à l'effigie de déesse de se mouvoir sous l'emprise hypnotique du même méchant. Plus loin, on aura droit à un centaure cyclopéen qui tentera maladroitement de dégoupiller son monde (toujours sous l'emprise de Koura décidément !) et puis à une statue à l'effigie de Kali qui se mettra à danser puis à se battre armée de trois sabres (normal elle a six bras, le compte est bon!). Bref inutile de tourner autour du pot, on assiste à un festival Ray Harryhausen et c'est tant mieux! Amis de la poésie bonjour, des artisans artistes comme lui, on peut toujours courir après de nos jours et je ne dis pas ça pour faire mon "passéiste", c'est un fait. C'est pourquoi aussi, il est bon de s'abandonner à nouveau au plaisir de ce genre de productions qui ont su garder charme et fraîcheur et qui au fil des ans continuent de distraire en même temps que d'offrir une alternative au tout numérique. Côté scénario vous l'aurez compris, c'est assez répétitif, et l'on assiste tout du long à une longue course poursuite dans laquelle le méchant Koura poursuit le gentil Sinbad dans une même quête et pour le devancer, tout en tentant pour se faire de déchaîner les éléments alentours. Du coup et par intermittences il peut se dégager un poil de lassitude entre les moments de bravoure, mais heureusement ils sont assez nombreux pour garder néanmoins le cap.

 

 

Et puis Le Voyage fantastique de Sinbad a une qualité, celle de laisser assez de place aux acteurs, ce qui tout compte fait ne semble pas si évident de prime abord lorsque justement le scénario ne semble tourner qu'autour des scènes d'action convoquant moult monstres. Le petit miracle de ce Sinbad là c'est qu'il arrive à respirer et du coup l'interprétation (et le charisme) de certains acteurs parvient à palier aux carences de l'histoire. Aldo Sambrell (Navaro Joe / Bien trop souvent réduit à des rôles de brutes patibulaires au sein de westerns et qui, on l'oublie souvent, réalisa lui-même une poignée de films comme "La dynamite est bonne à boire") armé de son arc, semble en forme olympique, Douglas Wilmer qui décidément semble avoir passé la moitié de sa carrière en costume d'époque ("Khartoum"/"Jason et les Argonautes"/"Cléopâtre"/"La Chute de l'empire Romain"...) et évolue ici tout le film masqué et les dix secondes où il ne l'est pas arbore un visage brûlé à la Freddy Krueger, l'imparable Tom Baker qui à lui seul offre quelques délicieux moments de kitsch hypnotique à s'en faire imploser les yeux, Caroline Munro que chacun connaît bien pour… j'allais dire pour ses gros nichons, mais non mais non… reprenons nous et on parlera plutôt de "Starcrash" et de "Maniac" même si elle manque de faire péter ses coutures à chaque fois qu'elle rentre en scène, et puis on finira sur le héros central atomique du film, le sieur John Philipp Law acteur assez limité mais dont la carrière est étonnamment riche pour le rendre illimité (Danger: Diabolik, La Chasse sanglante, La Mort était au rendez-vous) et qui ma foi semble tant à l'aise ici que sa complète décontraction finit par se révéler communicative.

 

 

Pour finir la partition du grand Miklos Rozsa est une nouvelle fois éblouissante et achève de rendre le spectacle hautement distrayant et d'en balayer d'un coup de cymbales les défauts. Pas de doutes, ça fait beaucoup trop de qualités énumérées pour que le spectacle ne soit pas au rendez-vous.

 

Mallox
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