Squadra volante
Genre: Poliziesco
Année: 1974
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Stelvio Massi
Casting:
Tomas Milian, Gastone Moschin, Ray Lovelock, Stefania Casini, Mario Carotenuto, Guido Leontini, Giuseppe Castellano, Ilaria Guerrini...
Aka: Emergency Squad
 

Tomas Ravelli a quitté la criminelle depuis cinq ans, à la suite du meurtre de sa femme Monica, au cours d'une fusillade à Marseille. Depuis, Ravelli travaille pour Interpol et ne cesse de traquer l'assassin de Monica, un certain Marsigliese (le Marseillais). Ce dernier vient de commettre un nouveau hold-up sanglant dans la ville de Pavie (en Lombardie, à proximité de Milan). A priori, rien n'aurait pu laisser supposer que ces deux tragédies avaient un lien, mais les douilles retrouvées sur les lieux du casse sont identiques à celles laissées sur le bitume de Marseille cinq ans plus tôt. Elles proviennent de la même arme, Marsigliese est revenu. Et Ravelli n'a qu'une idée en tête : l'envoyer ad patres...

 


"Squadra volante", réalisé en 1974, est le premier polar de Stelvio Massi. Relativement inconnu à l'époque, il se fera un nom dans le poliziotteschi tout au long des années 70, par le biais de la trilogie "Mark il poliziotto" ("Un flic voit rouge", "Justice sans sommation" et "Calibre 44, agent très spécial"), "Convoy Busters", mais aussi le fort bon "Il conto è chiuso". Dans le film qui nous intéresse, point de Luc Merenda ni de Carlos Monzon, mais un trio qui a fait ses preuves, constitué de Tomas Milian, Gastone Moschin et Ray Lovelock.

Sur le papier, c'est du bonheur, avec en prime la présence féminine de Stefania Casini, aperçue la même année dans "Du sang pour Dracula", de Paul Morrissey. Malheureusement, la jolie Stefania n'a ici qu'un rôle secondaire et sans réelle profondeur, tandis que le sympathique Ray Lovelock disparaît corps et âme à la fin de la première demi-heure.

 


Reste l'affrontement entre les deux monstres sacrés que sont Tomas Milian et Gastone Moschin. Hélas, ce duel tant attendu nous laisse un arrière-goût d'inachevé, tant le Cubain et l'Italien semblent ici sous-employés. Dans un rôle de flic inconsolable et vengeur, Milian livre une composition trop "désincarnée" pour que l'on puisse s'attacher à son personnage. Froid, mécanique (le cigare vissé en permanence à la commissure des lèvres), l'inspecteur Ravelli traverse le film sans la moindre once d'humanité, tout comme son ennemi, d'ailleurs, guère plus expressif. De quoi l'avoir un peu en travers quand on voit comment Fernando Di Leo avait dirigé Gastone Moschin dans "Milan calibre 9" deux ans auparavant. Quant à Milian, on savait depuis longtemps que c'était un magnifique acteur, ne serait-ce qu'à travers ses nombreuses performances dans le western-spaghetti. Aurait-il été moins à l'aise dans le polar ? Non, vu qu'en cette même année 1974, il sera magistral dans "La rançon de la peur".

 


Mais "Squadra volante" s'avère trop linéaire dans son scénario pour créer la moindre surprise chez le spectateur, voire susciter quelque émotion. Et ce ne sont pas les scènes récurrentes de flashbacks, montrant Monica se faire mitrailler alors qu'elle pousse son landau qui nous feront changer d'avis. Certes, le film est d'honnête facture, c'est-à-dire un polar avec les ingrédients inhérents au genre (fusillades, braquage, poursuites, prise d'otages, règlements de comptes...). Mais voilà, "Squadra volante" manque cruellement d'une scène marquante, d'une phrase anthologique, ou d'un je ne sais quoi qui pourrait le distinguer de n'importe quelle autre production moyenne.

Alors oui, on a le plaisir de retrouver quelques gueules patibulaires comme celles de Giuseppe Castellano ("L'oiseau au plumage de cristal", "Milan calibre 9") ou encore Guido Leontini. Par contre, on se serait bien passé de la tronche de Mario Carotenuto, ici dans le rôle d'un brigadier boute-en-train (essayant vainement d'être drôle), et qui écumera durant des années les sexy-comédies, plus conformes à son registre.

 


O certes, "Squadra volante" est loin d'être aussi catastrophique que "Magnum Cop", par exemple (du même Massi), mais on était en droit d'attendre mieux, surtout avec un tel casting. Histoire d'enfoncer un peu plus le clou, je dirais aussi que le talentueux Stelvio Cipriani s'est mis au même niveau que tout le monde sur le film, livrant une partition somme toute moyenne, sans originalité, bien loin de ce qu'il nous avait montré dans d'autres polars ("La police a les mains liées", "La lame infernale").

"Squadra volante" se regarde sans réel ennui, mais sans véritable passion non plus. Il remplit son quota de scènes d'action, ni plus ni moins. C'est un film qui ne restera pas dans les annales du genre poliziotteschi auquel il appartient. Tout juste pour le coup on excusera un Stelvio Massi qui débutait quasiment dans la réalisation.

 

Note : 6/10

Flint
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