Cercle 2, le
Titre original: The Ring Two
Genre: Epouvante
Année: 2005
Pays d'origine: Hideo Nakata
Casting:
Naomi Watts, Simon Baker, David Dorfman, Elizabeth Perkins, Gary Cole, Sissy Spacek, Ryan Merriman, Emily VanCamp, Kelly Overton, James Lesure, Daveigh Chase, Kelly Stables, Cooper Thornton, Marilyn McIntyre, Jesse Burch...
 

Suite à la vision d'une copie de la vidéo maudite, Samara réapparaît pour tenter de prendre la place du fils de Rachel, celle-ci va tout faire pour l'en empêcher.

 


Il est normal pour tout amateur de cinéma d'épouvante japonais de redouter la vision de Ring 2 – le cercle, tant le remake précédent était déjà mauvais, enterrant par maladresse et par la délocalisation un film qui aura marqué du sceau de la trouille une armée de spectateurs sensibles.
Ici c'est Nakata lui-même qui prend les rênes et part au casse-pipe, car je n'irai pas par quatre chemins, ce remake est un ratage, un mini scandale cinématographique, une déception (pour les plus fourrés d'optimisme), une purge. Marchant certes loin de la séquelle japonaise (déjà mauvaise) au niveau du contenu, ce film n'en est pas moins l'équivalent yankee : moins inspiré, pas effrayant pour un sou, ennuyeux.
Les thématiques avancées par des critiques brouillonnes et en mal d'intellectualisation du film, qui serait censé lorgner du côté du très bon Dark water (toujours de Nakata), ne sont que de la poudre aux yeux; le semblant d'ésotérisme confus et clichesque, distillé à un stade du film où un traitement superficiel aura achevé toute la bonne volonté du spectateur, se limite à des flashs sans signification juste bons à titiller l'imagination mal placée de ceux qui voient tout partout.
Le film n'est pas recentré sur les relations filiales, et l'omniprésence de l'eau grâce à des effets spéciaux tout juste dignes de la série Stargate ne sert ici qu’à alimenter une intrigue indigente, le film tournant en rond et n'étant pas même capable d’exploiter les poncifs tout juste avancés (comme l'opposition de l'institution hospitalière voyant des maltraitances dans la tentative d'enlèvement opérée par Samara). La rationalisation qui occupait une partie du premier remake, qui avait au moins le mérite de mettre en place une enquête et une intrigue ne disparaît pas mais tombe au travers de phrases qui ne font que décrédibiliser un peu plus une histoire vide de sens.

 


La peur n'est pas au rendez-vous en dehors de quelques rares et légers sursauts qui doivent tout à deux maquillages de Rick Baker. Les effets spéciaux numériques quant à eux sont assez mal venus, qu'il s'agisse de Samara qui remonte le puits avec une démarche croisée entre un Gollum sous acide et Spiderman, ou de cette ridicule et inutile séquence des cerfs. Les apparitions de Samara perdent tout impact et confinent même à l'ennui le plus profond tant le rituel de l'apparition, qui par son caractère inéluctable et prévisible permettait de faire monter la tension dans l'original, est ici délaissé pour des apparitions surprises qui ne font jamais mouche.
Les enfants acteurs sont souvent difficiles à supporter, celui–ci qui appelle sa mère par son prénom (tic en fin de compte sans signification, ne servant qu'à distinguer le fils de l'imposteur fantomatique), se comporte de façon incohérente et froide au début du film pour s'humaniser fort artificiellement, ne déroge pas à la règle. De fait impossible de trembler pour un enfant qui ne permet aucune implication tant il est énervant.
D'un point de vue purement technique, pas de grands reproches, Nakata connaît son métier, si bien qu'il adopte même les tics de réalisation américains et se fond parfaitement dans le traitement superficiel propre à Hollywood de nos jours qui gâte de nombreux films en ne leur permettant pas d'impliquer le spectateur qui, s'il aime bien voir beaucoup d'images en peu de temps, a toujours besoin d'un minimum d'éléments pour prendre possession de la situation et vivre réellement ce qu'il voit.
J'ajouterai, et ce n'est pas la première fois, que ce système de travail des studios est impropre à produire de bons films d'épouvante, le genre ayant tendance à étouffer sans un minimum de personnalité. Que dire de la punchline ridicule de fin de film (I'm not your fuckin' mother !) qui achève de ridiculiser ce qui n'avait pourtant plus grand-chose à perdre.

 


Il y a de cela maintenant prés de soixante ans, le Japon abdiquait face à une attaque d'une cruauté sans précédent à Hiroshima et Nagazaki, le peuple japonais avait décidé de prendre une revanche économique par un travail acharné et méthodique. On peut avoir l'impression que ce duel n'est pas fini car si le remake de films récents est à n'en pas douter le signe d’une xénophobie culturelle indéniable, l'art du remake US par son auteur japonais a tout d’une humiliation dans le pire des cas, d'un renoncement artistique provisoire de ses origines dans le meilleur.


M. Nakata, Shimizu et consorts, je vous en prie, quittez les Etats-Unis, ne vous laissez pas pervertir par cette facilité artistique, par cette industrie obscène qui n'a que faire des auteurs et sacrifie tout aux caprices du consensualisme mou d’une masse indéterminée de spectateurs.
Et si vous ne le faites pas par intégrité artistique, faites le pour nous, les spectateurs.

 


Note : 3/10

 

Plissken
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