Colère de Dieu, La
Titre original: The Wrath of God
Genre: Western , Aventures
Année: 1972
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Ralph Nelson
Casting:
Robert Mitchum, John Colicos, Victor Buono, Rita Hayworth, Frank Langella, Ken Hutchinson, Enrique Lucero, Paula Pritchett, Frank Ramirez, Jorge Russek, Gregory Sierra...
 

Dans le Mexique des années vingt, trois hommes, un prêtre défroqué, un ancien militaire trafiquant d'armes et un révolutionnaire irlandais, se retrouvent devant le peloton d'exécution. Mais à la dernière minute, le trio est gracié par le colonel Santilla, qui leur propose une mission périlleuse qui pourrait bien leur faire regretter les balles du peloton.

 



Au début des années septante, le western vit ses dernières heures de gloire. Pourtant, le genre accouche encore de quelques succès et chefs d'oeuvre. En fait, certains réalisateurs en profitent pour détourner le genre en le caviardant de réflexions politiques ("Fureur Apache" ou "Le Soldat Bleu"), écologiques ("Josey Wales", "Jeremiah Johnson" ou "Un homme nommé Cheval") ou religieuses ("Keoma")... Bref, ça partait joyeusement dans tous les sens. Ralph Nelson fut l'un de ces cinéastes emblématiques en réalisant l'engagé "Soldat Bleu", qui montrait avec luxe de détails le massacre des indiens par les fameuses tuniques bleues ; la guerre contre les indiens était enfin présentée comme un génocide. Quelques années plus tôt, loin de l'engagement politique du "Soldat Bleu", Ralph Nelson avait aussi réalisé un sympathique et efficace western de série B intitulé "Duel à El Diablo", en partant sur le même principe du pur divertissement. Nelson signe quelques années après "La colère de Dieu", mélange entre la "Horde Sauvage" de Peckinpah et les westerns Zapata italiens (notamment le personnage de l'irlandais !).
En route donc pour le Mexique révolutionnaire de ce début du vingtième siècle, où nous retrouvons trois aventuriers (un prêtre américain, un trafiquant anglais et un révolutionnaire irlandais) aux motivations et origines aussi variées que pittoresques ; ils ne se doutent pas que le hasard et les militaires mexicains vont leur réserver une surprise de taille.



Robert Mitchum incarne avec délectation un prêtre amateur de cigares et qui ne se déplace jamais sans sa mitrailleuse "Thompson" cachée dans une valise remplie de billets. A ses côtés, le truculent Victor Buono (le Docteur Shubert de "L'Homme de L'Atlantide") est parfait en trafiquant d'armes pleutre et manipulateur. Pour compléter le trio, Ken Hutchinson ("Les chiens de paille") interprète l'inévitable personnage du révolutionnaire irlandais exilé. Le film se divise en deux parties. La première nous présente les trois personnages qui vont se croiser dans un Mexique violent et sans loi, où tout est permis à condition de ne pas se faire prendre. En voulant sauver une belle indienne d'un sort peu enviable, Keogh, qui convoyait un chargement illégal pour le compte de Jennings, se retrouve en mauvaise posture face à des militaires éméchés ; il est sauvé par Van Horne et sa mitrailleuse. Les fuyards sont malheureusement rattrapés par la troupe et emprisonnés. Derrière les barreaux, Keogh retrouve Jennings. C'est lorsqu'ils se retrouvent alignés devant un peloton d'exécution que commence la deuxième partie du film, avec l'apparition du colonel Santilla (excellent John Colicos, le Baltar de "Galactica" ancienne version). Ce dernier compte bien utiliser au mieux notre Sainte Trinité pour une mission suicide et rédemptrice. En effet, il voudrait éliminer un certain Thomas de la Plata (Frank Langella qui cabotine), un riche propriétaire terrien qui, grâce à son armée privée, tient sous sa poigne un village et surtout une mine d'argent. Pour approcher de la Plata, Jennings et Keogh vont se faire passer pour des ingénieurs des mines tandis que Van Horn va prendre son sacerdoce dans le village. Petit détail croustillant, de la Plata hait les prêtres, qu'il accuse de lâcheté depuis la mort de son père et de sa soeur. Chaque fois qu'un pauvre religieux arrive au village, il subit humiliation et torture, et cela malgré les plaintes de sa mère, Madame de la Plata (Rita Hayworth). Evidemment, la visite de Van Horne ne va pas être de son goût.



On nage ici en plein bande dessinée, les personnages sont esquissés à la serpe, les stéréotypes pleuvent de toutes parts (voir les indiens comme on n'en fait plus) et le scénario n'est guère original. Et pourtant, sans jamais atteindre les sommets du septième art, l'ensemble fonctionne admirablement bien et se regarde sans ennui ; certains pervers (comme moi) y trouvent même leur compte. Ralph Nelson, en bon professionnel qui se respecte, emballe un film soutenu et techniquement soigné (les scènes d'actions sont plutôt efficaces) et pour le reste se repose sur ses acteurs, avec en tête un Robert Michum impeccable et qui a même l'air de s'amuser, sans parler de Victor Buono et Frank Langella tous les deux exquis. Assaisonnez un peu avec la musique entraînante de Lalo Schifrin, et ajoutez quelques idées et des gadgets bien bis que l'on aurait plutôt tendance à retrouver dans un western spaghetti (genre "Sabata") comme le crucifix poignard, la fausse bible qui cache un revolver, Van Horne crucifié qui écrase son ennemi avec sa croix, le petit garçon exécuté, le sosie.... Agitez le tout sans secouer et vous obtenez un excellent divertissement, rythmé et sans prétention, avec en prime quelques touches d'humour, une certaine idée du bonheur en somme !



The Omega Man

 

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