Dynamite Jones
Titre original: Cleopatra Jones
Genre: Blaxploitation , Action
Année: 1973
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Jack Starrett
Casting:
Tamara Dobson, Antonio Fargas, Shelley Winters, Bernie Casey...
 

Agent secret pour le gouvernement, Cleopatra Jones mène un véritable combat contre le monde de la drogue. Du dealer au baron le plus haut placé, pas un ne lui échappe ! Mais Mummy, l'une des femmes les plus imposantes du milieu, ne l'entend pas de la même oreille : elle s'en prendra à un centre de désintoxication dont le directeur n'est autre que l'homme de notre grande justicière...

 

 

Il est très intéressant de resituer "Cleopatra Jones" dans l'histoire de la blaxploitation : premier film du genre à aborder le sujet des stupéfiants et satire policière "à la cool", cette production Warner devance aussi de quelques mois (sur le plan "féministe") le "Coffy" réalisé par Jack Hill. Si le second bénéficia d'une notoriété plus grande, la faute à une immense Pam Grier ou au talent d'un réalisateur qui disait ne jamais aimer ce qu'il faisait, Tamara Dobson, 1m88, toute en jambes et munie d'une afro à en faire pâlir les Jackson 5 réunis, avait pourtant un charisme et une présence capables de rivaliser avec plus d'un(e). On pense d'ailleurs à James Coburn dans "F comme Flint" ; elle entre en scène et la magie opère. En sa défaveur, alors, un jeu peut-être trop limité. Et si sa carrière fut brève, il nous en reste sûrement le meilleur : de grands coups de pied aussi bien portés que ses multiples tenues hautes en couleurs.

 

 

Mais "Cleopatra Jones", c'est avant tout les aventures d'une agent à la solde du gouvernement américain qui, plus que de se présenter tel un simple et banal avatar féminin de James Bond, revigore plutôt bien ses sources (en serait-elle l'antithèse ?) : Cleopatra parle peu, manie la mitraillette, le karaté et le couteau comme personne, et se transcende dans un érotisme qui corromprait le moindre flic ayant le malheur de croiser son chemin. Ici, c'est au tour de son directeur de tomber plus ou moins sous le charme. Elle le satisfera d'un simple et beau baiser à la toute fin, devant les yeux de son propre compagnon et dans un élan libertaire propre à ces années là. L'exotisme, l'érotisme et l'action sont donc de la partie, prêts à faire fantasmer tout un public et alimenter un circuit "blax" qui, en 1973, connaissait déjà un essor considérable.
Pour plus d'efficacité, et afin de mettre en valeur l'ambiance bon enfant de l'ensemble, les blancs sont de grands nigauds et les autres protagonistes, pour la plupart, renvoient à de vulgaires stéréotypes : Shelley Winters ("Une place au soleil", "Lolita"...) interprète Mummy, la corpulente vilaine, "méchante" hystérique et blanche qui voit son empire s'écrouler de jour en jour, alors que le grand Antonio Fargas ("Foxy Brown", "Mort sur le grill" ou encore Huggy les bons tuyaux) se retrouve une fois de plus dans le rôle du mafieux "tranquille" (ici Doodlebug) en quête d'un épanouissement teinté d'utopie. En dépit d'un bon investissement général de la part des acteurs, Shelley Winters cabotine et l'on regrette le manque de caractère de son personnage ; juste une belle esquisse.

 

 

Le reste du film est un cocktail assez bien tassé, dirigé de la main quelque peu maladroite mais sincère de Jack Starrett (cultissime acteur de la bikersploitation cantonné aux rôles de shérif et accro à la coke, on lui doit aussi deux épisodes de "Starsky et Hutch" et le fameux "Slaughter"). Le moins que l'on puisse dire est qu'il dirige son bateau en bonne connaissance des choses : comme souvent dans la blaxploitation, le fun sera privilégié et ce n'est pas Max Julien (scénariste pour le coup) qui nous prouvera le contraire si l'on se souvient de son interprétation de Goldie dans "Le Mac" (1973).
En somme, "Cleopatra Jones" se savoure comme un bon roman de gare, sans qu'on puisse l'oublier pour autant ; l'imagerie est forte, racée, et Cleo semble, à chaque plan, sortir tout droit d'une bande dessinée. Avec J.J. Johnson à la bande originale, pour sûr que l'on se souviendra de ce film phare de la blaxploitation.

 

 

The Hard

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