Blue-Jean Cop
Titre original: Shakedown
Genre: Polar , Action
Année: 1988
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: James Glickenhaus
Casting:
Peter Weller, Sam Elliott, Antonio Fargas, Patricia Charbonneau, George Loros, Thomas G. Waites...
 

Avant de se retirer, un avocat plaide sa dernière affaire : la défense d'un dealer, accusé du meurtre d'un officier de police. Il s'associe avec un policier marginal pour mener à bien son enquête et plonge brutalement dans la violence du milieu, où il découvrira un véritable empire de la corruption au sein même de la police...

 

 

En 1987, après avoir réalisé quelques séries B bien destroy comme Le droit de tuer, Le Soldat et Le retour du Chinois, James Glickenhaus s'associe à Leonard Shapiro (Shapiro Entertainment) pour fonder SGE (Shapiro Glickenhaus Entertainment), une association qui durera jusqu'en 1995. La firme distribuera et produira de nombreuses séries B, notamment "Maniac Cop", "Frankenhooker", "Basket Case" (2 & 3), "Red Scorpion" et bien évidemment les films de Glickenhaus : "Shakedown", "Slaughter of the Innocents", "Mc Bain" et "Timemaster". Depuis, James Glickenhaus a abandonné le cinéma pour la finance et la collection de voitures rares !


Comme William Lustig et Abel Ferrara, Glickenhaus est un réalisateur new-yorkais, spécialiste d'un certain cinéma "coup de poing" qui n'a jamais renié sa ville (qui sert de décor dans la plupart de ses films !). Après un premier métrage passé inaperçu ("The Astrologer / Suicide Cult"), il se fait une petite réputation grâce au réactionnaire et violent Exterminator / Le droit de tuer. Suivront deux séries B (Le Soldat et Le retour du Chinois) qui assiéront son statut de cinéaste "brutal". Après les vigilantes, les services secrets et le trafic de drogue, Glickenhaus s'attaque cette fois à un autre sujet tout aussi polémique et chaud, la corruption policière. C'est en lisant un article que le réalisateur eut l'idée de son scénario. En effet, selon ce dernier, certains policiers, appelés les "Blue Jean Cops", n'hésiteraient pas à racketter les truands pour arrondir leurs fins de mois.

 

 

Le script imagine alors que l'un de ces policiers se fait abattre par une victime récalcitrante. Cette dernière s'en sort miraculeusement, mais son statut de dealer ne plaide pas en faveur de la légitime défense. Pourtant, son avocat intrigué va enquêter, avec l'aide d'un flic marginal (Sam Elliott). Inutile de dire que l'affaire devient vite explosive, et que nos deux investigateurs deviennent la cible des ripoux qui vont s'efforcer de faire disparaitre les preuves et les témoins gênants.


Glickenhaus profite de la vague des buddy movies, qui venait de démarrer deux ans plus tôt suite au succès de "L'arme fatale", pour réaliser son film le plus commercial ; le but étant à la fois de satisfaire ses fans de base et d'attirer le public lambda, beaucoup moins habitué à l'ultra violence du réalisateur. Pour ce faire, "Blink" James adoucit son style. S'il propose toujours les indispensables cascades (voir la poursuite-fusillade en plein cœur de New-York ou la séquence de la fête foraine), le gore et les impacts sont réduits au minimum. Heureusement, il reste quelques joyeusetés, comme l'adepte du SM électrocuté sur son lit ou la pénible scène de roulette russe que doit subir le pauvre Peter Weller. En contrepartie, le réalisateur peaufine son scénario et élimine nombre d'invraisemblances et de trous narratifs qui furent sa marque de fabrique. Bref, le réalisateur gagne en efficacité narrative ce qu'il perd en brutalité/violence. Ce sera d'ailleurs le seul film où il arrivera à trouver le juste équilibre entre les deux, son œuvre la plus aboutie, à tel point que le film sera même distribué par un studio (Universal) et rapportera quelques dizaines de millions de dollars.

 

 

De film en film, Glickenhaus augmente ses budgets, ce qui lui permet de soigner ses cascades et d'engager des acteurs plus connus. Cette fois, il réunit Peter Weller, alias "Robocop", qui venait de faire un tabac au box-office, et Sam Elliott en plein revival testostérone ("Roadhouse", "Rush", "Tombstone", "The Final Cut", "Fatal Beauty"). Face à ce duo aussi efficace qu'improbable, on retrouve une vieille connaissance, Antonio Fargas alias "Huggy les bons tuyaux", le plus célèbre indicateur de la télévision, et une actrice aujourd'hui oubliée, Patricia Charbonneau. La chaude et séduisante brune était l'une de ces actrices prometteuses qui émergèrent dans les années 80. Elle se fit remarquer en 1985 dans le cultissime "Desert Heart", une histoire d'amour lesbienne. Malheureusement, à part "Call Me", un thriller érotique qui eut son petit succès en vidéo et un rôle récurent dans les séries "Un flic dans la Mafia" et "Crime Story", sa carrière se résumera surtout à des apparitions dans diverses séries télé de l'époque.


La vague buddy movies n'étant alors qu'à ses débuts, cette petite série B, dopée aux amphétamines et menée tambour battant par ses deux "vedettes" Peter Weller (excellent) et Sam Elliott (cool), faisait plutôt bonne impression. En tout cas, le film ravira les nostalgiques du genre car il est un bon exemple de ce qui pouvait se faire de mieux à l'époque.

 

 

The Omega Man

 

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