Cinq fois la mort
Titre original: Devil Times Five
Genre: Horreur , Thriller , Psycho-Killer
Année: 1974
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Sean MacGregor (puis David Sheldon)
Casting:
Taylor Lacher, Joan McCall, Gene Evans, Carolyn Stellar, Sorrell Booke, Shelley Morrison, Leif Garrett...
Aka: The Horrible House on the Hill, Peopletoys
 

Cinq enfants et adolescents se retrouvent livrés à eux-mêmes à la suite d'un accident de la route. En provenance d'un institut psychiatrique, ils devaient être transférés lorsque le chauffeur perdit le contrôle du bus. Après une série de tonneaux, le véhicule finit sa course dans les bois environnants recouverts d'une épaisse couche de neige. Le chauffeur est visiblement mort à la suite du choc, mais les gamins s'en tirent parfaitement indemnes. Ils s'extirpent du car, l'un d'entre eux dépouillant le chauffeur de sa montre. Car, en plus d'être mentalement perturbés, nos cinq lascars sont aussi d'authentiques délinquants, mineurs en ce qui concerne leur âge, majeurs si l'on se réfère à leurs actes. Ils prennent plaisir à tuer, et pour eux c'est un jeu comme un autre.
Perdus dans les montagnes de San Bernardino, en Californie, alors que l'hiver est particulièrement rude, ils s'enfoncent dans les bois enneigés, jusqu'au moment où ils tombent face à un hôtel isolé. Il s'agit d'un établissement dirigé par un homme d'affaires sans scrupules, Papa Doc. Avec son épouse, il attend la venue de sa fille Julie (avec Rick, le mari de celle-ci), et de son collaborateur Harvey Beckman (accompagné de son épouse Ruth – Rose dans la version française). Il y a aussi Ralph, l'homme à tout faire simplet (voire complètement demeuré) du maître des lieux. Il va de soi que la réunion de famille va prendre une toute autre tournure avec la visite surprise de nos tueurs en culottes courtes...

 

 

Prenez six adultes stupides, plus un handicapé du bulbe, rajoutez cinq gosses psychopathes... Secouez fort : vous obtenez un cocktail plutôt indigeste nommé Cinq fois la mort !
Le thème des enfants tueurs au cinéma inspiré bon nombre de réalisateurs, depuis "Les Innocents" de Jack Clayton jusqu'au récent The Children, en passant par "Le village des damnés", Les révoltés de l'an 2000, Une si gentille petite fille, Les tueurs de l'éclipse, "Soudain les mômes" ou encore "Les démons du maïs". Certains sont des classiques, d'autres des oeuvres honnêtes, d'autres encore sont médiocres, sinon pitoyables. Devil Times Five appartient à cette dernière catégorie.


Les raisons en sont nombreuses : un scénario stupide et parfois incohérent (le metteur en scène fut saqué en plein milieu du tournage, pour être remplacé par un type pas plus doué), des acteurs en dessous de tout, une musique épouvantable (due au bien nommé William Loose), des meurtres grotesques et un semblant d'érotisme suscitant quelques fous rires nerveux ou des bâillements d'ennui.

 

 

Au niveau des absurdités provoquant chez le spectateur incompréhension et stupeur, on peut citer, en vrac : un spectaculaire accident de car dans lequel aucun des gosses n'est blessé (même pas légèrement) ; un personnage (manifestement un docteur de l'institut) intégré dans le montage de façon très maladroite ; des gosses experts dans l'art de fabriquer des pièges complexes sinon invraisemblables ; un meurtre au ralenti interminable censé provoquer l'horreur mais échouant lamentablement dans sa démarche ; un mystérieux Greg (Georges dans la VF) cité plusieurs fois par l'un des enfants sans que l'on sache de qui il s'agit ; le même gosse portant d'une scène à l'autre soit sa coupe de cheveux naturelle soit une perruque grotesque (parce que lorsque le film reprit, après l'éviction de Sean MacGregor, le jeune Leif Garrett avait changé sa couleur de cheveux en vue du tournage d'un autre film) ; et puis, surtout, un groupe d'adultes proches du crétinisme, facilitant la tâche de gamins plus pervers que dangereux qui n'en demandaient pas tant.

 

 

Ces gosses, d'ailleurs, ne feront pas une carrière remarquable dans l'ensemble. On notera juste que deux d'entre eux, Leif Garrett et Dawn Lyn, sont les enfants de Carolyn Stellar, qui joue la compagne nymphomane de Papa Doc dans le film. Au sein des adultes il y a par contre quelques visages familiers, comme Joan McCall, remarquée dans "Grizzly, le monstre de la forêt", mais aussi Sorrell Booke dans Abattoir 5 et Gene Evans (le fameux Papa Doc) dans "Shock Corridor" et Un nommé Cable Hogue.


On ne sait pas vraiment s'il faut relever un quelconque message de la part de ce Cinq fois la mort. Faut-il y voir que les défauts des adultes (alcoolisme, cupidité, etc.) peuvent se retourner contre eux ? Ou bien plutôt ne s'agit-il que d'un pur film d'exploitation qui pensait marquer les esprits en montrant d'horribles gamins dessouder leurs aînés sans raison valable (ils n'ont pas de motifs, et tuent pour le plaisir, par jeu) ?

 

 

Hélas, quelque fût le désir du premier réalisateur, puis du second, le résultat est proche de la catastrophe. Les mises à mort frisent souvent le ridicule (le domestique pendu en voulant réparer le générateur, l'une des femmes noyée dans sa baignoire et bouffée par des piranhas !) Le top du top demeure le pauvre Beckman qui donne carrément l'arme du crime à son futur assassin, dans une scène qui friserait presque la parodie involontaire. Car le propos est sérieux, néanmoins, dans ce film qui pourrait faire figure de bêtisier à montrer dans toutes les écoles de cinéma. Les dialogues sont à l'image des situations, évidemment, c'est-à-dire navrants. Quelques tirades n'en demeurent pas moins mémorables, comme celle où Rick, passablement énervé, balance à Papa Doc : "Sachez que mes couilles, elles vous disent merde !"
Oui, mieux vaut en rire, et se persuader que l'on n'a pas perdu son temps pendant près de quatre vingt dix minutes. Et pourtant...

 

 

Note : 3/10

Flint


En rapport avec le film :

# Le dvd Artus Films de Devil Times Five

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