Lost Continent
Genre: Fantastique , Agressions animales , Aventures
Année: 1951
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Sam Newfield
Casting:
Cesar Romero, Chick Chandler, John Hoyt, Sid Melton, Whit Bissell, Hugh Beaumont, Acquanetta...
 

Sur la base ultra protégée (au moins deux sentinelles) de White Sand sont effectués les essais du dernier missile nucléaire américain. Hélas, l'expérience est un échec et la fusée contenant l'ogive radioactive est perdue dans le Pacifique sud. Une expédition de récupération de celle-ci est montée avec les trois scientifiques concepteurs du missile (dont le transfuge russe Rostov, qui par essence est suspect), et trois aviateurs vétérans menés par le major Nolan. Alors qu'ils semblent s'approcher de l'ogive, leur avion se crache sur une île polynésienne. Sortis indemnes de l'accident, nos héros apprennent d'une accorte indigène que la fusée est certainement tombée sur une montagne escarpée dont le sommet se perd dans la brume...

 

Et à partir de là, nous voilà partis pour une longue séance d'escalade (non, pas d'alpinisme, mais bien d'escalade) qui va durer un bon tiers du film. Cela mis à part, et si vous n'avez rien contre ce genre de scènes un peu répétitives de grimpette sur rochers et les filtres verts, vous pourrez apprécier cette série B d'aventure plutôt fauchée mais assez sympathique. Parmi les nombreuses adaptations déguisées du "monde perdu" de Conan Doyle, celle-ci n'est certes pas la meilleure, mais ce n'est pas la pire non plus ; l'actualisant au goût du jour (en 1951), en y instillant un aspect "péril nucléaire" et une pointe de guerre froide. Le synopsis n'est pas sans rappeler la fameuse bande dessinée de Jacobs, "Le rayon U" (avec beaucoup moins de péripéties, hélas), hasard sans doute dû à une source d'inspiration commune.

 

Ce métrage est d'ailleurs considéré comme le meilleur de son réalisateur, Sam Newfield, le stakhanoviste des séries B à Z dans les années 40. Newfield, réputé pour tourner vite et pas vraiment bien, vit sa carrière, commencée dans les années 30 (il tourna entre autre le fameux
Terreur à Tiny town) s'accélérer en 1940 avec l'accession de son frère Sigmund Neufeld à la tête des Studio PRC.
Il deviendra alors pendant vingt ans le réalisateur (pour ne pas dire l'exécutant) principal, et sous divers pseudonymes, des films produits par son frangin (vingt films pour la seule année 1942). Sam Newfield serait le réalisateur de longs métrages le plus prolifique d'Hollywood (plus de trois cents films selon certaines sources). Très petit budget, Lost Continent réutilise des stock-shots de "Vingt-quatre heures chez les Martiens" ("Rocketship X-M"), tourné l'année précédente, pour les séquences d'introduction sur la base et celle de la fusée dans les airs. Les séquences de jungle ont, elles, été tournées en quelques jours dans un jardin botanique californien. Reste, malgré ce manque de moyens, une interprétation solide et un scénario qui se tient (en faisant abstraction des quelques incohérences inhérentes au genre).

 

 

Le principal point noir du film, ce sont hélas ses dinosaures. On passera sur un caméléon brièvement entre aperçu (qui a le mérite de l'originalité) pour insister sur les séquences en "stop motion". Elles sont dues à Edward Nassour, tâcheron spécialisé dans la production d'animation bas de gamme et à bas coût pour les petits producteurs indépendants, dont la carrière culminera avec La montagne mystérieuse (The Beast of Hollow Moutain) qu'il produira et co-réalisera. Ces séquences en "stop motion", qui ont un aspect beaucoup plus dégradé que le reste du métrage, sont vraiment saccadées et sans aucune fluidité (les blessures qui apparaissent d'un coup, etc.). Il suffit de les comparer avec celles des court-métrages de Willis O'Brien, datant pourtant des années 1910, présents sur le coffret "Les dinosaures attaquent" d'Artus Films pour constater le gouffre qui sépare Nassour des maîtres du genre. En outre, contrairement à ce que montre l'affiche du film, on ne verra pas le moindre dinosaure bipède et carnassier, mais uniquement un brontosaure et deux tricératops, qui (pour compenser) se montreront étrangement agressifs (Nassour ne devait avoir que ces figurines en réserve).

 

 

L'interprétation est, elle, beaucoup plus réussie, avec en "lead casting" Cesar Romero. Né à New-York d'un père industriel italien et d'une mère de la bonne société cubaine, il interprètera une grande variété de seconds rôles, du latin lover au potentat exotique en passant par le bandit mexicain, et sera le Joker dans la série Batman des années 60. John Hoyt, dans le rôle du savant russe, est issu du "Mercury Theater" d'Orson Welles et fit une carrière d'humoriste et d'imitateur avant de percer tardivement au cinéma dans des rôles de composition, souvent à accent. En cette même année 1951, il interpréta le maréchal Keitel dans "Le renard du désert". Dans une courte mais "décorative" apparition, on pourra voir la "mystérieuse" Acquanetta. Lancée dans les années 40 par la Universal comme la nouvelle bombe exotique, le "volcan vénézuélien" (en fait, native du midwest) n'explosera jamais au box-office mais restera pour les cinéphiles déviants "the ape woman", une femelle gorille transformée en jolie fille par un savant fou, dans "Captive Wild Woman". Un film qui se laisse voir donc...

 

 

Note : 6,5/10

Sigtuna


En rapport avec le film :

# Le coffret Artus Films "Les dinosaures attaquent"

 

# La fiche dvd Bach Films du double programme :

 

Le continent perdu / Le monde pétrifié

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