Monde pétrifié, Le
Titre original: The Incredible Petrified World
Genre: Science fiction , Aventures
Année: 1957
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Jerry Warren
Casting:
John Carradine, Robert Clarke (II), Phyllis Coates, Allen Windsor, Sheila Noonan, Maurice Bernard, George Skaff...
 

Le docteur Millard Wyman est l'inventeur d'une cloche permettant d'explorer les fonds marins. Le voici qui recrute quatre aventuriers pour l'accompagner dans sa recherche des profondeurs de l'océan. Alors que l'équipe mène bon train son exploration, les câbles de la cloche, qui sont reliés à l'embarcation, cèdent, laissant les plongeurs au fond des abysses. Croyant ces derniers à tout jamais perdus, l'expédition s'en retourne chez elle, abandonnant à leur sort nos protagonistes. Après avoir croisé stupéfaits un squelette humain, ils rencontrent peu après un homme enfermé dans ces mêmes lieux depuis quatorze années. Ce dernier leur explique qu'ils sont prisonniers d'un réseau volcanique sans issue : un volcan se situant à trois kilomètres et alimentant même la grotte sous-marine en oxygène. Leur captivité tournera-t-elle à la partouze ? Vous le saurez en regardant cette série Z "psychotropicale"...

 

 

Qu'on se le dise, point de monstres au rendez-vous ou de terrifiantes créatures comme il a été parfois dit pour vendre cette série Z, nivelée vers le bas par un total manque d'imagination. Le grand John Carradine a un jour déclaré : "J'ai joué dans quelques uns des meilleurs films de tous les temps... et aussi dans beaucoup de navets". Inutile de préciser que The Incredible Petrified World ne fait pas partie de la première catégorie. On le doit au réalisateur-producteur Jerry Warren, dont c'est la seconde réalisation après "Man Beast" en 1956 et avant une autre joyeuseté en 1959 : "Teenage Zombies", tourné comme celui-ci au nouveau Mexique avec quelques dollars en poche et encore moins de neurones sollicités. Le script y sera encore plus débile que l'émasculante Martienne diabolique, avec une scientifique cyanosant des adolescents pourtant déjà suffisamment atteints. Suivront quelques titres de gloire tels "Terror of the Bloodhunters" avec le même Robert tête à Clarke ici présent, "Curse of the Stone Hand" (en français "La course de la main stone" qui a dû inspirer plus tard un certain Oliver... et dans lequel Carradine revenait cachetonner), sans oublier "Creature of the Walking Dead" avec Rod Madison, spécialisé dans les films à twists foireux, ou le plus tardif et tout aussi insondable "Frankenstein Island" (1981) dans lequel, en plus de Clarke et de Carradine, était venu se perdre l'excellent Cameron Mitchell. Mais revenons-en à ce Monde pétrifié, lequel a en effet de quoi statufier son spectateur.

 

 

Après un préambule invraisemblable et balourdé comme un canoë de sauvetage, voici que le bathyscaphe se détache pour s'enfoncer trop profondément pour que ses passagers puissent ensuite rejoindre la surface. S'en suivra le "néant total" qu'on contractera pour l'occasion en Néanderthal (voir tout de même la critique de L'homme Néandertal à cet effet) vu que la seule péripétie à peu près digne de ce nom est la rencontre de nos plongeurs avec un type affublé d'une fausse barbe (inutile de parler des deux stock-shots du reste fort mal utilisés : un varan croisé au détour d'un énième pâté de caverne, une pieuvre en préambule se faisant bouffer par un requin afin d'illustrer l'immense danger qui attend notre bande de troufions). A noter qu'il s'agira du seul effet spécial du film, lui même raté, le postiche s'avérant aussi grotesque que le combat de Jacques-Yves Cousteau contre les crados. On évitera de citer - oups ! - le clou d'un non spectacle total : un jet du contenu de plusieurs cendriers sur la tronche des acteurs, ce, en guise d'éruption volcanique. Entre les deux, que dalle, le film se résume presque une heure durant à l'exploration d'un seul et unique décor, lui-même uniforme. Ne reste plus qu'une unique chose à laquelle se rattacher : des dialogues tellement incongrus et ridicules qu'ils finissent parfois par faire sourire...

 

 

Ainsi, lorsque Dale Marshall (Phyllis Coates) prend conscience qu'ils resteront prisonniers jusqu'à la fin de leurs jours dans cet endroit et que, d'une manière légitime, celle-ci est prise de panique, notre bon Robert Clarke en profite pour lui déclarer sa flamme, arguant "qu'enfin, ils pourront rester ensemble le reste de leur vie". Hallucination garantie ! Mais ce n'est pas tout... Comme dans le même temps, l'homme hirsute les épie, il se rappelle que la bandaison ne se commande pas et déclare sa flamme lui aussi - et avec les mêmes mots - à l'autre femme (campée par Sheila Noonan / Beast from Haunted Cave) qui, quant à elle, se met à hurler tandis que le spectateur devient de plus en plus dubitatif.
Le reste ? Il ressemble à la recherche perdue d'avance du rayon cravates lors d'une visite chez IKEA et n'existe que par des gens qui se promènent une cinquantaine de minutes durant, avec même l'un des deux hommes qui, se trouvant mal sapé, s'en retourne au bathyscaphe chercher d'autres fringues. Si je vous dis que le clou du spectacle se situe au moment où le vieil homme des cavernes (Maurice Bernard, qu'on reverra plus tard dans "La tortue sur le dos" de Luc Béraud) les invite chez lui et que nos quatre invités le complimentent pour la façon dont il a aménagé son intérieur ; et que cet intérieur, après quatorze années de réclusion, se limite à deux coquillages et une étoile de mer suspendus, vous aurez une idée de ce qui vous attend, si par malheur, vous vous hasardiez dans ce pétrifiant navet.

 

(Après qu'on lui ait montré l'exemple, l'homme des cavernes tente sa chance)

 

Mallox

 

En rapport avec le film :

# La fiche dvd Bach Films du double programme :

 

Le Monde pétrifié / Le continent perdu

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