Chosen Survivors
Genre: Science fiction , Epouvante , Agressions animales , Post-apocalypse
Année: 1974
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Sutton Roley
Casting:
Jackie Cooper, Alex Cord, Richard Jaeckel, Diana Muldaur, Lincoln Kilpatrick, Bradford Dillman, Barbara Babcock, Pedro Armendáriz Jr...
 

Onze individus, sélectionnés par le gouvernement, sont kidnappés, héliportés, puis emmenés de force, à plus d'un kilomètre sous terre, dans un abri anti-atomique situé sous une montagne. Sur place, ils apprennent qu'un holocauste nucléaire vient d'avoir lieu et qu'ils ont été choisis par ordinateur pour perpétuer l'espèce humaine. L'abri en question a été conçu afin de pouvoir vivre confortablement durant des années... Comme si leur situation n'était pas suffisamment "inconfortable", une autre menace plane de l'intérieur : un sas de canalisation ayant par mégarde été ouvert, une colonie de chauve-souris vampires s'y engouffre pour accéder enfin à toutes les salles puis agresser le groupe et se nourrir de son sang. Autant dire que la panique est à un son comble dans un combat sans échappatoire aucune...

 

 

Chosen Survivors fut, avant d'être porté à l'écran, une histoire puis un scénario dus à Harry Spalding, un vieux de la vieille rompu à l'exercice du thriller ou du fantastique horrifique basé régulièrement sur des postulats science-fictionnels, le plus souvent sous le pseudonyme de Henri Cross. Ainsi lui doit-on quelques scripts pour des films tels que "House of the Damned" en 1963, The Earth Dies Screaming que filmera Terence Fischer l'année suivante (et sorti chez MGM dans la collection Midnite Movies en double-programme avec celui qui nous concerne), ou encore de fortes implications pour les scénarios de "Les yeux de la forêt" de John Hough, voire accessoirement du navet contournable signé Fabrizio Laurenti dans lequel sévissaient Linda Blair et David Hasselhoff : Démoniaque présence. Pour l'illustrer, la Columbia Pictures fera alors appel au chevronné réalisateur Sutton Roley qui, depuis le milieu des années 50, a oeuvré uniquement pour la télévision avec des séries comme "Le fugitif", "Les envahisseurs", "Voyage au fond des mers", "Perdus dans l'espace"... avant de filmer pour le cinéma l'une des aventures de Napoleon Solo et Illya Kuryakin. Son véritable premier film sera "The Loners", un récit d'action dans lequel Dean Stockwell, demi-Indien, était poursuivi par la police après avoir accidentellement tué l'un des leurs. Le film fera un flop et Sutton Roley retournera donc tourner pour la télévision avant de revenir deux années plus tard (et juste avant son très bon téléfilm, bien connu des amateurs de géométrie variable : "Le triangle du diable") pour ce singulier mélange de genres...

 

 

Un mélange, soit, pas forcément nouveau et qui fit même à sa manière les beaux jours des années 50, mais rappelons que la même année, science-fiction et agression animale culminaient dans l'un des chefs-d'oeuvre du genre : Phase IV de Saul Bass. On en verra passer d'autres, souvent plus faibles et plus tardifs, à l'instar de L'empire des fourmis géantes de Bert I. Gordon ou de Les Survivants de la fin du monde de Jack Smith. Toujours est-il qu'avec son casting 3 étoiles, Chosen Survivors demeure entre tous un film très honnête à bien des niveaux. Les acteurs jouent le jeu avec une détermination qui finit par convaincre puis à contaminer un spectateur qui aura pourtant le droit de rester perplexe, du moins le temps de la première demi-heure : on rentre dès les premières images de plein fouet dans le sujet, du moins le croyons-nous, avec l'enlèvement brutal de ces personnes, pour se retrouver ensuite coincé dans un huis-clos post-atomique qui se fait vite plat et redondant. Les retrouvailles avec des acteurs que l'on connait bien forcent toutefois le capital sympathie, d'autant qu'ils livrent à l'unisson des prestations assez charismatiques, sinon pour le moins décentes. Le trio constitué par Richard Jaeckel (Grizzli, Day of the Animals, Mako), Bradford Dillman (Refroidi à 99%, "Les Insectes de feu", De la neige sur les tulipes, "Guyana"...) et du vétéran Jackie Cooper, semble prendre assez vite le film à son compte ; ils sont qui plus est très bien secondés par Alex Cord (Overtime) et la toujours excellente Diana Muldaur, dont on avait pu apprécier la prestation dans "L'autre" de Robert Mulligan. En revanche, il faut bien l'admettre, une fois les enjeux posés, le film se met à tourner en rond, accablé par des dialogues banals, un rythme qui se fait défaillant, ainsi qu'une mise en scène tendant vers la mollesse...

 

 

Surgissent alors dans un univers tout fait de claustrophobie et tendant vers la paranoïa généralisée, les véritables héros du film : des chauves-souris vampires ! Le rythme et l'intérêt suscités reprennent dès lors que la faille dans la canalisation est trouvée et surtout lorsque la première bestiole est disséquée. Manquant manifestement de moyens, Tony Urbano, en charge des effets spéciaux, semble réutiliser une partie de son travail effectué la même année pour "The Bat People" de Jerry Jameson. Des effets assez rudimentaires faut-il le préciser, puisqu'il s'agit de faire évoluer en surimpression dans des corridors eux-mêmes plongés dans une pénombre bleutée qui arrange tout le monde (sauf l'auteur de cette critique pour faire des captures représentatives), des centaines de ces sympathiques bestioles. Si ces attaques ne sont pas très convaincantes d'un point de vue purement technique, elles demeurent malgré tout au sein de cette bobine, des moments très plaisants. Elles ont l'avantage également, additionnées au travail plus efficace de dressage sur de vraies chauve-souris, d'offrir quelques instants d'épouvante vifs et alertes. Comme dit au début, c'est par un rythme souvent apathique que le film pèche. Et c'est grâce aux chiroptères assoiffés de sang ici présents qu'il parvient à reprendre chaque fois son envol pour en faire un film plutôt bat(h).

 

 

On citera pour finir la très minérale et subtile partition de Fred Karlin (Mondwest), qui achève de niveler vers le haut un film, certes souvent inégal, mais émaillé heureusement de quelques morsures mortelles : celles-ci sont sans doute trop timides par moments, mais elle contribuent néanmoins à en faire un spectacle qui, sans révolutionner quoi que ce soit, se transforme petit à petit en un très agréable moment d'épouvante et de claustrophobie.

Mallox

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