Overtime
Titre original: L'Etrusco uccide ancora
Genre: Giallo
Année: 1972
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Armando Crispino
Casting:
Alex Cord, Samantha Eggar, John Marley, Nadja Tiller, Enzo Tarascio, Horst Frank, Carlo De Mejo, Christina von Blanc...
Aka: The Etruscan kills again / Das Geheimnis des gelben Grabes
 

ason Porter, un américain professeur en archéologie, se rend en Italie (Spoleto, dans la région de Pérouse) pour effectuer des fouilles sur un site étrusque. Avec l'aide de ses assistants, il met à jour une tombe qui était demeurée enfouie depuis de nombreux siècles. Il s'agit d'une chambre funéraire dédiée au Dieu de la mort Tuchulcha, comportant plusieurs fresques qui mettent en scène des crimes rituels. Un jeune couple avide de sensations parvient à se faufiler sans être vu jusque dans la crypte, pour y faire l'amour. Mais les deux amoureux sont sauvagement assassinés à coups de barre de fer par un mystérieux assassin, qui déplace ensuite les corps pour les disposer à la manière des rites ancestraux des Etrusques. Avant de partir, il laisse une paire d'escarpins rouges sur les lieux du crime, ainsi qu'un magnétophone contenant un enregistrement d'un requiem de Verdi, qu'il enclenche avec le volume sonore mis au maximum.

 

 

L'inspecteur Giuranna, chargé de l'enquête, va tour à tour être amené à suspecter plusieurs personnes. Tout d'abord Porter, traînant derrière lui un passé d'alcoolique violent, qui l'avait conduit en cure de désintoxication après avoir blessé sa fiancée avec un couteau. Une dépendance qui le conduisait même à des crises d'amnésie partielle. La fiancée en question s'appelle Myra Shelton. Elle vit aujourd'hui à Spoleto, en compagnie d'un riche chef d'orchestre, Nikos Samarakis. L'homme, au crépuscule de sa vie, est un être déplaisant et colérique, qui est en train de finaliser un spectacle dans le cadre d'un festival. Il est assisté de Stephen, le chorégraphe, un homosexuel pédant et maniéré, dont la conduite est également suspecte. D'autant plus que la paire d'escarpins lui appartient, et se trouve en temps normal dans les coulisses du théâtre où ont lieu les répétitions, avec d'autres paires identiques. Peu de temps après, une seconde paire disparaît, que l'on retrouve assez vite dans un haras environnant, aux pieds du cadavre de Giselle, la petite amie d'Igor, ce dernier n'étant autre que le fils du chef d'orchestre. La jeune femme a également été frappée violemment jusqu'à la mort. Igor, lui, a survécu, mais a été transporté à l'hôpital dans un état sérieux.
Alors qu'il vient rendre visite à Igor, Jason croise dans les couloirs de l'hôpital une certaine Leni, l'ex-femme de Samarakis. Quelques jours plus tard, lors d'une rencontre, elle ôte sa perruque, dévoilant un crâne portant les marques indélébiles de brûlures graves, occasionnées autrefois par Nikos après une dispute. Les choses se compliquent encore un peu plus lorsqu'une troisième paire d'escarpins est dérobée au théâtre.

 

 

Deux ans avant son second et dernier giallo, "Frissons d'Horreur" ("Macchie Solari"), Armando Crispino a donc réalisé "Overtime", un thriller aux accents fantastiques, et à l'atmosphère rappelant certains films de Dario Argento. C'est au cours d'une visite dans les ruines étrusques de Cerveteri que l'idée du scénario lui est venue ; mais à l'origine, la connotation fantastique devait être beaucoup plus importante, une idée qui ne sera pas accordée par la production.
"Overtime" débute sous de bons auspices, avec un double meurtre particulièrement sanglant dans un endroit insolite, mais ensuite l'action piétine sérieusement, et l'histoire perd de l'intérêt, à cause de quelques scènes fortuites impliquant des personnages secondaires inutiles (le gardien du musée) ou principaux, comme la "love story" à répétition entre Jason Porter et Myra Shelton. Ces deux rôles ont été confiés à Alex Cord et Samantha Eggar. Celle-ci, bien connue des fans du cinéma de genre ("Chromosome 3", "Exterminator"), n'a pas ici le rayonnement que l'on aurait pu attendre de sa part. Quant au premier nommé, il a essentiellement fait sa carrière dans des séries TV, et manque cruellement d'envergure. Et comme il s'agit du personnage principal, l'intrigue en souffre forcément quelque peu. C'est dommage, parce que les seconds rôles sont quant à eux beaucoup plus marqués, entre un Horst Frank impeccable en chorégraphe homosexuel (l'acteur a toujours eu une grande maîtrise des rôles atypiques), un John Marley ("Dead of Night") appliqué en chef d'orchestre, au point de ressembler étrangement à Herbert von Karajan, et un Carlo de Mejo (le fils d'Alida Valli) qui a en lui la fibre de l'acteur de cinéma-bis, si bien qu'on le retrouvera plus tard dans des films comme "L'Autre Enfer", "Contamination" et "Frayeurs".

 

 

Finalement, si on le compare à d'autres thrillers italiens de la même époque, "Overtime" a une trame assez proche avec un tueur mystérieux ayant subi un trauma d'enfance. Mais on peut regretter que les scènes de meurtres soient si peu impressionnantes, exception faite de la scène d'ouverture. Question érotisme, c'est également très pauvre, à part la petite contribution de Christina von Blanc, fameuse "Princesse de l'Erotisme" chez Jess Franco.
Notons enfin qu'à l'origine, la partition musicale de Riz Ortolani est de fort bonne facture, et qu'on se demande pourquoi la version française a cru bon d'intégrer des morceaux de Fabio Frizzi, composés quelques années plus tard pour "L'Au-delà" (un cas de figure que l'on retrouve aussi dans "La Peur au Ventre").
"Overtime" risque donc de décevoir ceux qui n'ont vu d'Armando Crispino que "Frissons d'Horreur", plus abouti dans le genre. Néanmoins, l'atmosphère "surnaturelle" qui plane sur le film par moments n'est pas désagréable, et l'oeuvre mérite qu'on s'y attarde quelque peu, essentiellement pour l'interprétation des seconds rôles.

 

 

Note : 6/10

 

Flint
Vote:
 
5.33/10 ( 6 Votes )
Clics: 4096
0
Écrire un commentaire pour ce film Écrire un commentaire pour ce film
Les utilisateurs non-enregistrés ne peuvent pas poster des commentaires. Veuillez vous enregistrer...

Autres films Au hasard...