Evil Baby
Titre original: I Don't Want to Be Born
Genre: Horreur , Epouvante , Possession , Satanisme
Année: 1975
Pays d'origine: Royaume-Uni
Réalisateur: Peter Sasdy
Casting:
Joan Collins, Ralph Bates, Donald Pleasence, Eileen Atkins, Caroline Munro, John Steiner...
Aka: The Monster / It Lives Within Her / It's Growing Inside Her / The Baby / The Devil Within Her / Sharon's Baby
 

Lucy (Joan Collins) et Gino (Ralph Bates) Carlesi attendent avec impatience la naissance de leur futur enfant. L'accouchement, sous la direction du Docteur Finch (Donald Pleasence) se déroule de manière classique, mais très vite, la maman se plaint de l'agressivité anormale de son bébé à son égard. Il faut dire que la première personne à s'en approcher se fait mordre jusqu'au sang, ou tout du moins le prétend, tandis que le nourrisson attend semble t-il de voir pousser ses petites dents de lait. Néanmoins, les phénomènes inquiétants se multiplient : une nurse, embauchée afin de s'occuper du mioche meurt noyée dans un étang, non loin du landau. Gino, tout comme le médecin, dotés d'un esprit scientifique et pragmatique ne veulent pas croire à une quelconque possession démoniaque. Pourtant, petit à petit, alors que le bambin continue de sévir, Lucy est persuadée d'être l'objet d'une malédiction jetée par un méchant nain par lequel elle fut tentée quelques secondes dans sa loge, avant de l'éconduire. Seule sa belle-soeur (Eileen Atkins), nonne de son état, s'en convainc avant se mettre bille en tête de faire face au nain démoniaque pour sauver l'âme possédée du bébé...

 

 

Qu'on se le dise, Peter Sasdy n'est pas une flèche ! Ce dernier a à son actif, lorsqu'il tourne ce Evil Baby, d'avoir sucé Dracula jusqu'à le vider de sa substance en deux films assez discutables, "Une messe pour Dracula" (suite quasi directe de "Dracula et les femmes" et mettant en scène un Ralph Bates à la présence limitée) et "Comtesse Dracula" (bien plus une variation sur le personnage d'Ersebeth Bathory capitalisant sur le personnage et le succès de la série Hammerienne qu'une resucée vampirique - on rappelle en passant que la fameuse comtesse du film n'avait strictement aucun pouvoir propre au vampire). Ce dernier avait toutefois le mérite de conjuguer ambiance gothique, surnaturel et récit historique, mais tombait rapidement dans la banalité, le récit éculé et pour tout dire, le manque d'inspiration, voire le bâclage. Idem ou presque pour le légèrement surestimé "La Fille de Jack l'éventreur" dont la conduite trop linéaire du récit était loin de prendre aux tripes, mais qui était relevé par quelques scènes sanglantes assez gratinées, dues aux maquillages du talentueux Roy Ashton. S'ensuivit "Nothing But the Night", sorte de thriller fantastique agrémenté d'hypnotisme pour lequel Sasdy disposait à la fois de Christopher Lee et Peter Cushing (en plus de Diana Dors), qui devait entériner l'existence de la nouvelle compagnie fondée par Christopher Lee : la Charlemagne Productions, laquelle aura une existence très éphémère ; quant au film, non seulement il ne fut pas distribué dans de nombreux pays, dont la France, mais il s'avéra lui aussi peu convaincant : cette nouvelle variation, à base d'orphelins, sur l'enfance maléfique, tombait elle aussi dans la platitude.

 

 

C'est donc deux années après s'être frotté à quelques gamins démoniaques que Peter Sasdy se voit confier la garde de notre bébé ici-présent, ce par la Rank Organisation (coproductrice, entre autres, avec la Hammer, des Sévices de Dracula ou encore du "Cirque des vampires") pour aller crier "Moteur !" dans les fameux Pinewood Studios. Hélas, le résultat est encore plus calamiteux qu'à l'accoutumée et, Peter Sasdy, qui avait jusqu'ici l'habitude de tourner des histoires intéressantes ou fantaisistes sans trop faire preuve d'imagination, se retrouve à illustrer un script carrément maudit, pour rester dans l'esprit du film et pour ne pas dire "à la con"...

Prenons le bambin par les cornes et faisons lui avaler son biberon comme il se doit ! : il n'y a quasiment rien à sauver de ce I Don't Want to Be Born, lequel porte si bien son titre original qu'on serait tenté de le replacer aux forceps dans la matrice de ses géniteurs.
Imaginé par Nato De Angeles, à qui on ne demanda plus rien ensuite, on refila l'histoire à un professionnel rompu à l'exercice, Stanley Price, qui scénarisa jadis le bien connu "Arabesque" de Stanley Donen et qui sortait alors de "Gold" de Peter Hunt. Autant dire que ce dernier ne fit aucun miracle : Evil Baby mange à tous les râteliers et n'est que le rejeton indigne de hits que l'on ne connait que trop bien. D'un côté il évolue comme une suite de "Rosemary's Baby", de l'autre il convoque L'Exorciste, tout en zyeutant sur le bas-côté en piochant tant qu'à faire dans Le "It's Alive" de Larry Cohen. Soit, on a vu à maintes reprises que les vols et autres emprunts pouvaient parfois accoucher d'objets intrigants, foutraques, délirants, intéressants, bref, gratifiants. C'est loin d'être le cas de Evil Baby...

 

 

Ce dernier renferme pourtant bien son petit quota d'effets chocs ou de morceaux de bravoure : une pendaison subite, une décapitation à la pelle, un ou deux coups de couteau bien ajustés, et même un exorcisme sur un chérubin... pourtant rien n'y fait : non seulement tout tombe à plat, aussi prévisible qu'une montée de lait, mais Peter Sasdy enquille les scènes plus ridicules les unes que les autres jusqu'à les rendre involontairement comiques, ce entre deux dialogues d'une platitude absolue.

Que dire de la rencontre entre Joan Collins et Caroline Munro qui se congratulent à qui mieux mieux pour la beauté respective de leurs cheveux (avant que Munro ne s'aperçoive - fichtre ! - que le bébé a bouffé un bout du doudou !) ? Rien.
Que dire de ce poupon diabolique qui griffe, qui mord, et qui fiche même des pains sans trop qu'on comprenne comment ? Pas grand chose non plus si ce n'est que cela nous vaut une scène drôle dans laquelle, pendant que la maman a le dos tourné, John Steiner se prend une mandale du chiard comme il n'en a jamais reçu, même dans les spaghs les plus sadiques et violents dans lesquels il a joué !
Que dire de Ralph Bates, en mari incrédule et qui semble planer à mille lieues du drame avant de "trop tirer sur la corde" ?
Que dire encore de personnages, tels le docteur Finch, campé correctement par Donald Pleasence (peut-être l'acteur semblant le plus impliqué ici, un comble au regard de ce qu'il a comme âneries à débiter !) et qui disparaît aussi subitement qu'une feuille morte balayée par un vent d'automne ? ...

 

 

Vous l'aurez compris, il n'y a pas grand chose pour sauver du naufrage cet Evil Baby, spectacle mort-né s'il en est. Et ce n'est certes pas la présence de l'éternelle actrice remplaçante Joan Collins (sic par elle-même : "Découverte à dix-sept ans, star à vingt ans, mise au rancart à vingt-cinq"), arborant des airs de chihuahua se remettant perpétuellement d'une cuite, qui sauve les meubles, lesquels, bien entendu, se mettent à trembler à la fin, à commencer par le berceau du têtard nocif. Comble du ridicule, les cauchemars de cette mère inquiète, puis traumatisée, l'emmènent vers cette effrayante révélation : "les nains sont des putains de démons !".

Platement mis en scène, ne recelant aucune surprise, mettant en scène des acteurs aussi mal dirigés que le récit et ses choix filmiques sont hasardeux, il n'y a finalement qu'Eileen Atkins qui émerge de ce calamiteux I Don't Want to Be Born... elle a bien du mérite ! Pratiquer un exorcisme sur un chérubin tout à fait banal lui aussi, et semblant se demander naturellement ce qu'il fiche là, doit être aussi ardu que de donner la réplique à un robinet ou une machine à laver, enfin, un objet mort. Quoi qu'il en soit, le lecteur qui n'aura pas encore fait les frais de cette pellicule sentant la couche remplie de vieux caca, pourra passer sereinement son chemin et se diriger vers des oeuvres plus fréquentables et surprenantes comme, par exemple, "Bébé Vampire" (Avec Will Smith en gros bébé, soyez prévenus !) ou le franchement (et volontairement) fendard Il Cavalieri Costante Nicosia demoniaco ovvero Dracula in Brianza (alias Young Dracula) tourné la même année par Lucio Fulci et qui peut aussi se voir comme une parodie cinglante de ce genre d'exploitation à tendance naveteuse (le rôle qu'y campe John Steiner, transformé en vampire gay, n'est d'ailleurs pas loin d'être le négatif de son rôle ici-même).

 

 

Mallox

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