Belles d'un soir
Titre original: Suprêmes jouissances
Genre: Porno , Comédie
Année: 1977
Pays d'origine: France
Réalisateur: Claude Mulot (sous son pseudonyme Frédéric Lansac)
Casting:
Brigitte Lahaie, Martine Grimaud, Véronique Maugarski, Alban Ceray, Gilles Karl, Louison Boutin, Dominique Aveline, Hubert Géral...
Aka: La Garçonnière / Piaceri folli / Exquisite Pleasure
 

Martine, Doris et Mimi partagent le fait d'être très jolies et maquées à un trio de beaufs dont la goujaterie paraît sans limites. Ils ne montrent aucun respect pour leurs copines respectives, les obligeant à assister à leurs parties de poker s'achevant au petit matin, à l'heure où ces demoiselles vont prendre leur boulot tandis qu'eux, après avoir dormi tranquillement, profiteront du reste de la journée pour vaquer à leurs occupations habituelles, à savoir traîner dans les bars, jouer au flipper et culbuter leurs partenaires sans la moindre once d'élégance.
Peu à peu, nos trois donzelles décident de s'émanciper, et quittent ces hommes qui les considèrent comme de simples objets sexuels. Elle louent un appartement et décident à leur tour de s'éclater. Mais pour Martine, animatrice de radio, Doris, infirmière dans un hôpital et Mimi, actrice dans la publicité, la libération de la femme n'est pas encore acquise. Elles vont l'apprendre à leurs dépends, et réaliser que dans le monde du travail comme dans le privé, les hommes ont toujours le dernier mot.

 

 

Tourné en 1977, Suprêmes jouissances possède tous les ingrédients des bons pornos réalisés à cette époque dans l'Hexagone : de l'humour, des acteurs avec un minimum de talent et surtout, ce qu'on ne trouve plus aujourd'hui dans le X, un scénario.
Derrière la caméra, on ne trouve que des noms connus dans le milieu. Francis Leroi, ici producteur, fut un réalisateur talentueux qui tourna "Le Démon dans l'île" avec Anny Duperey, un classique du cinéma fantastique à la française. Depuis "La Michetonneuse" (1972) jusqu'à "Rêves de cuir" (1992), Francis Leroi aura marqué le cinéma X de son empreinte. Au montage, Gilbert Kikoïne, frère de Gérard, génial réalisateur de chefs d'oeuvres du X comme "Dans la chaleur de Saint-Tropez", "La Clinique des fantasmes" ou Les Délices du tossing". Gilbert a souvent effectué le montage des films de son frère et a également travaillé pour Jess Franco, Jean Rollin ou Bruno Mattei.

 

 

Assistant-réalisateur sur Belles d'un soir, Didier Philippe-Gérard est également un grand nom de l'âge d'or du porno français. Sous le pseudonyme de Michel Barny, il a réalisé "Délires pornos", "Les Hôtesses du sexe" et surtout le grandiose "Mes nuits avec... Alice, Pénélope, Arnold, Maud et Richard", démarquage fort drôle (et excitant) de "La Grande bouffe" de Ferreri. Il travaillera également en tant que scénariste sur plusieurs comédies de Max Pécas.
Enfin, Roger Fellous fut l'un des meilleurs directeurs de la photographie de notre pays, travaillant sur des longs métrages comme "Le Journal d'une femme de chambre" de Luis Bunuel. Il va accompagner ensuite Claude Mulot sur ses premiers films, "Sexyrella", La Rose écorchée et "La Saignée", puis Jean-François Davy sur ses comédies érotiques (dont le fameux "Bananes mécaniques"). Par la suite, il glisse logiquement vers le hard (pour des raisons alimentaires) au milieu des seventies, et il s'occupe de la photographie sur bon nombre de productions pornographiques, comme celles de Lucien Hustaix, Davy, Mulot et Leroi.

 

 

En ce qui concerne le casting, on ne présente plus Brigitte Lahaie, qui restera à jamais l'actrice emblématique du cinéma érotique français. Elle était alors au début de sa carrière, encore brune, et déjà terriblement belle. Elle est accompagnée de Martine Grimaud ("Lèvres de sang", "Les Goulues") et la moins connue Véronique Maugarsky ("Stella", "Les Plaisirs fous"). Rayon masculin, les deux figures (si l'on peut dire) les plus notables sont évidemment Alban Ceray et Dominique Aveline, deux des quatre mousquetaires du hard hexagonal (les deux autres étant Richard "Allan" Lemieuvre et Jean-Pierre Armand). A eux deux, ils cumulent environ trois cents films.
Dominique Aveline nous a hélas quitté en 2009. Dans ces Suprêmes jouissances, il incarne Luis, "l'homme à tout faire" des trois héroïnes, qui va rapidement devenir leur esclave sexuel. Aveline imite avec beaucoup d'humour l'émigré espagnol, et participe aux meilleures scènes du film. Littéralement violé par ses "patronnes", il essaie (mollement) de résister à leurs assauts en répétant sans cesse "Je suis marié, je suis fidèle !". Le meilleur gag du film se trouve être un accessoire, un cadre sur la table de nuit où se trouve la photo de sa femme. Le portrait change d'attitude au fur et à mesure que Luis honore son "contrat".

 

 

Pour la petite histoire, c'est Natalie Perrey que l'on voit sur la photo, responsable du script sur ce film. Elle fut l'une des proches de Jean Rollin tout au long de sa carrière, en charge du script ou du scénario, parfois costumière, et actrice en plusieurs occasions. Elle est décédée en 2012.

Belles d'un soir est une comédie qui égratigne le MLF, où l'on voit notre trio de charme désireux de se libérer du machisme de leurs copains respectifs, avant de retomber dans leurs bras et accepter de se prostituer pour eux. Un portrait de la femme émancipée sérieusement écorné, en définitive, avec une fin où la morale n'est pas sauve, faisant la part belle à l'homme, plus macho et beauf que jamais. Même si traitée sur le ton de la comédie, on pourra trouver la conclusion un brin indigeste, ou tout du moins cruelle. Ce qui n'enlève rien aux qualités du film, d'autant que Claude Mulot, sous le pseudonyme de Frédéric Lansac, tourna dans l'ensemble des films X de très bonne facture, parmi lesquels Le Sexe qui parle, "Shocking" et "La Femme-objet".

 

 

Flint


En rapport avec le film :

 

# Interview de Brigitte Lahaie (juillet 2008) :

 

# Le dvd Bach Films de Belles d'un soir

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