Ouija
Titre original: Witchboard
Genre: Horreur , Esprits
Année: 1986
Pays d'origine: Royaume-Uni / Etats-Unis
Réalisateur: Kevin Tenney (Kevin S. Tenney)
Casting:
Tawny Kitaen, Stephen Nichols, Todd Allen, Kathleen Wilhoite, James W. Quinn, Burke Byrnes, Rose Marie, J.P. Luebsen...
 

Lors d'une réunion entre amis, Brandon Sinclair (Stephen Nichols) tente de contacter l'esprit d'un garçon de dix ans, avec lequel il prétend communiquer souvent de cette manière. Durant l'invocation, Jim (Todd Allen), le meilleur ami, aviné, se met à défier, via le ouija de Brandon, le jeune mort, puis prétend ironiquement que c'est ce dernier qui a dû crever les pneus de la voiture de Brandon. Linda (Tawny Kitaen), la compagne de Jim, tombant sur le ouija de Brandon, laissé sur la table la nuit précédente, tente à son tour de contacter David. L'esprit apparaît alors sous les traits de Malfeitor, un être diabolique qui se fait passer pour l'enfant. Au tout début, l'esprit de David semble utile et aide Linda à retrouver sa bague en diamants puis, peu à peu, des choses horribles commencent à se produire : Lloyd est assassiné sauvagement par l'esprit meurtrier. Le Malfeitor a encore frappé et l'entité usurpatrice ne s'arrêtera pas là !

 

 

Kevin S. Tenney est assez peu connu des amateurs d'horrifiques ; il est pourtant le réalisateur d'une douzaine de bobines indépendantes dont le premier film de la série des Night of the Demons (au nombre de trois) ainsi que ce Witchboard dont il tournera la suite en 1993, "Witchboard 2 : la planche aux maléfices", avant de laisser la main à Peter Svatek pour le troisième opus : "Witchboard III: The Possession". Bien que scénariste de ses propres films, les histoires qu'illustre ensuite Kevin Tenney à l'écran sont assez peu originales et consistent le plus souvent à réunir des amis dans un lieu clos pour en faire les victimes d'esprits ou de malédiction. Night of the Demons, tourné juste après celui-ci, évoluera d'ailleurs sur les mêmes bases, tout autant que "Witchtrap" (1989), ou bien encore "The Cellar" (tourné la même année et dans lequel l'esprit d'un Comanche tourmentait une famille dont un enfant) puis "Brain Dead" en 2007, sorte de remake de Night of the Demons avec des aliens infestés. Bref, sur le papier, pas de quoi se relever la nuit, ni même faire se soulever sa table de chevet ! Notons qu'entre temps Kevin Tenney tournera une séquelle de "The Arrival" ("The Second Arrival") ainsi que "La revanche de Pinocchio", un serial killer opportuniste et menteur.

 

 

Quant à celui qui nous préoccupe, ce Ouija de derrière les fagots, rien à faire, il vaut ni plus, ni moins, exactement ce que la carrière de Tenney laisse imaginer : rien d'original, pas de révolution spirituelle au rendez-vous, mais un spectacle honnête, comportant quelques séquences honorables, dans un ensemble tout autant rabâché que recyclable à satiété.

Ouija recèle donc quelques surprises à la fois éventées et bienvenues, le tout mâtiné parfois d'un décalage - accentué par la version française - qui le fait flirter avec le second degré. Finalement, tout dépendra de la façon dont on aborde le Witchboard (oui, jah, vous ne rêvez pas, ayant la cheville enflée, ceci est bien un jeu de mots laid !) qui débute par une discussion absurde à propos de l'existence de Dieu, entre nos deux amis présentés plus haut, assis comme des piquets dans un canapé durant une fiesta, ce avant que le Malfeitor (véritablement campé par un acteur : J.P. Luebsen, qu'on reverra dans "Witchtrap") ne s'en mêle.
Impossible de rester de marbre devant ce qui fait office de présentation des personnages :
- "Enfin, si tu ne crois pas en Dieu, Brandon, comment expliques-tu l'univers et sa création ?"
- "Et toi, comment t'expliques la création de Dieu à l'origine ?"
- "Mais il a toujours existé !"
- "Notre univers aussi !"
- "Il paraît incroyable qu'une forme de vie intelligente ait pu se développer aussi vite, sans qu'il y ait eu besoin d'une intervention divine !"
... et là, à regarder les brushings des acteurs, ainsi que la femme affublée d'une coupe croisée chow-chow-poney assise aux côté de Brandon, on se dit que c'est mal barré, qu'on se farcit une sorte de "Santa Barbara Spiritus Demonicus ", juste avant de voir cette impression contrecarrée par un Jim venant s'asseoir en face de ses comparses et se prendre cette réplique qui ne trompe pas sur les intentions filmiques :
- "Franchement, est-ce que tu penses qu'un type dans le genre de Jim représente une forme de vie intelligente ?"
La réplique de Jim fera retomber l'atmosphère avec un très collégien :
- "Tu m'impressionnes Brandon, t'as dû prendre des cours pour être aussi drôle."

Quoi qu'il en soit, rassurés, alors qu'on s'apprêtait à le faire à sa place, on sait dès lors que Witchboard est capable d'ironie envers lui-même, ce qui, heureusement, ne se démentira pas par la suite...

 

 

Ainsi Ouija déroule sans jamais innover mais avec un certain savoir-faire, faisant évoluer et s'enchaîner, sans ennui, les petites péripéties dans la grande : le ketchup se renverse seul, les couteaux apparaissent comme par enchantement, se plantant dans les tapis, devant les yeux terrorisés de l'héroïne de Gwendoline (Tawny Kitaen) qui, juste après, pour se détendre et fêter le milliardième clin-d’œil à Hitchcock, prendra une douche dangereuse, se faisant alors attaquer par le Malfeitor ; cette dernière sera retrouvée une hache de feu à la main avant qu'un détective ne s'en mêle pour se prendre, pour sa peine, un tisonnier incandescent en pleine poire. Quant aux autres personnages, leur sort sera le plus souvent funeste comme celui de Jim, balancé mortellement par la fenêtre après avoir tiré à bout portant sur le Witchboard. Entre temps, on aura vu débouler Zarabeth, une médium new-wave bâtarde sous influence spirituelle nocive de Billy Idol et Robert Smith qui, après s'être bien marrée, faisant sa maline sur le dos de l'esprit malin, sera elle aussi défenestrée (une mauvaise manie que de sortir par la fenêtre, décidément !) et finira empalée dans les secondes qui suivent. Ailleurs, un coup de hache bien ajusté fera lui aussi son petit effet, tandis qu'on clôturera Ouija de façon à pouvoir le décliner : une famille emménage dans les locaux, trouve le Witchboard, le générique de fin est lourdé, rendez-vous pour une prochaine partie, ha ha ha !
Ne recelant aucunes véritables trouvailles, ni visuelles (les travellings avant rapides font office d'agressions), ni scénaristiques, ni même musicales (on recycle régulièrement la musique de L'Exorciste) et ne prétendant semble-t-il pas le faire, Witchboard n'offre pas matière à réveiller les morts mais s'avère tout compte fait, et à bas-coût (deux petits millions de dollars), bien plus regardable qu'on ne pouvait le supposer de prime abord.

 

 

Mallox



En rapport avec le film :

# A noter que Witchboard vient d'avoir droit à son remake, lequel devrait sortir en avril 2015 dans les salles.

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