Cérémonie mortelle
Titre original: Mortuary
Genre: Horreur , Thriller , Slasher , Psycho-Killer
Année: 1983
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Howard Avedis
Casting:
Mary Beth McDonough, David Wallace, Bill Paxton, Lynda Day George, Christopher George...
 

Christie Parson (Mary Beth McDonough) est en deuil depuis la mort de son père (Danny Rogers) par noyade. Sa mère (Lynda Day George) est persuadée qu'il s'agissait d'un simple accident tragique tandis que Christie est certaine qu'il s'agissait d'un meurtre. Christie rencontre la même incrédulité quand elle lui raconte ce qui lui arrive : quelqu'un la surveille nuit et jour, la suit partout où elle va.
Pendant un de ses cauchemars, elle se lève dans son sommeil et, dans un état somnambulique, tombe dans la piscine. Brutalement réveillée par l'eau froide, elle sent une présence bizarre. Soudain, une silhouette vêtue de noir l'attaque avec un étrange couteau. Christie raconte l'agression à son fiancé Greg (David Wallace) qui a déjà vu la silhouette qu'elle lui décrit : au salon funéraire que tiennent Hank Andrews (Christopher George) et son fils Paul (Bill Paxton)...

 

 

On ne ne connaît pas très bien, sinon pas du tout, Howard Avedis, producteur-scénariste-réalisateur indépendant, auteur de onze films derrière la caméra, de 1972 à 1987, soit de "The Stepmother" à "Kidnapping", ce dernier étant un thriller avec David Naughton et Barbara Crampton. Spécialisé dans les drames criminels, parfois agrémentés de comédies ("The Specialist" en 1975), ce dernier "sévit" durant une bonne dizaine d'années sous le pseudo de Hikmet Avedis avant de reprendre son véritable nom pour "The Fifth Floor" en 1978, un obscur thriller qui voyait passer Bo Hopkins, Robert Englund et Mel Ferrer. A noter qu'il travaille le plus souvent en tandem avec son épouse, Marlene Schmidt, élue Miss Univers en 1961, laquelle cosigne ici le scénario en plus de coproduire le film puis de s'y octroyer un petit rôle.

Au générique on retrouve quelques noms plus ou moins connus : Mary Beth McDonough, ici dans le rôle principal, est ce qu'on appelle une enfant-star : née en 1961, celle-ci figurait déjà en 1963 dans la série soap "Hôpital central" avant de s'éclipser un temps, puis de revenir, adolescente, hanter le plus souvent la télévision à travers quelques séries plus ou moins connues ("La famille des collines", "La croisière s'amuse", "Rick Hunter" ...). Elle s'acquitte ici honorablement de son rôle et l'on adhère aisément à sa peur. A ses côtés, l'on retrouve David Wallace qui, lui aussi, à l'âge de six ans a commencé dans "Hôpital central". Autant dire que Cérémonie mortelle nous offre, outre son gala, des retrouvailles plutôt sympas ; on le reverra en 1982 dans Humongous - La malédiction de l'île aux chiens avant de se faire consumer par "Les feux de l'amour" en 2005 et ne plus reparaître. En parlant "amour", on ne manquera bien entendu pas d'évoquer la présence du couple des George, à savoir Christopher et Linda Day (of the animals). On connaît bien le premier pour une carrière hollywoodienne plutôt riche ainsi que quelques bisseries de haut niveau telles que Frayeurs de Fulci. Un couple que l'on est habitué à voir jouer ensemble, chez Gidler par exemple, dans Grizzli ou le film cité ci-avant, mais aussi dans Le sadique à la tronçonneuse, leur précédent film. Pour l'anecdote funeste, on rappellera que Christopher George décédera d'une crise cardiaque juste après le tournage de Mortuary.

 

 

Ailleurs, on reconnaît Bill Paxton, entre-aperçu jadis dans le Crazy Mama de Jonathan Demme et vu l'année précédente dans "À la limite du cauchemar", de William Asher. Il est dans Mortuary l'élément autour duquel la bobine s'articule et le personnage qui fait basculer celle-ci du slasher au psycho-killer : durant un moment, Howard Avedis tente de nous cacher l'identité de l'assassin, utilisant de vieux ressorts et des éléments alors usés jusqu'à la corde... Ainsi Mortuary semble mettre un temps fou à démarrer avec un tueur encapuchonné, vêtu de noir et armé d'un couteau, joue trop longtemps au chat et à la souris avec le spectateur pour dévoiler son secret de polichinelle. Là-dessus, il capitalise bien trop sur la prestation d'un Bill Paxton, tant contraint d'en faire des caisses qu'il finit davantage par nuire au film que de lui être bénéfique. A ce niveau, seules les séances d'embaumement, encore qu'elles ne distillent aucun romantisme morbide à la Buio Omega ni ne suscite à proprement parler, le malaise, seraient assez efficaces si elles n'étaient pas entachées d'engueulades fadasses entre un père sans trop de personnalité (on sent Christopher George fatigué au point que c'en est un peu triste) et un fils qui en fait tant qu'il finit par ressembler au personnage du Joker, tombant dans le grotesque plus que générant la moindre angoisse. Par conséquent, Mortuary se voit plombé par son incapacité à garder ses secrets, tout comme il échoue à instiller un climat graduellement menaçant.

 

 

De fait, Cérémonie mortelle est une oeuvre à rajouter à la longue liste des films qui ne possèdent aucune caractéristique originale, aucune qualité particulière qui le mettrait au-dessus de la mêlée mais qui, a contrario, ne recèle pour autant rien de honteux. Tant et si bien qu'il se regarde comme ce qu'il est : un produit de série inégal, passant de médiocre à correct et possédant quelques scènes qui le rehaussent : tout ce qui tient des déambulations nocturnes, que ce soit à l'intérieur de la maison de Christie, tout comme les abords extérieurs de la piscine, possède une ambiance anxiogène bienvenue, évoquant même, à son meilleur, quelques hits thrilleresques de la prestigieuse Hammer. On peut par exemple avoir une petite pensée fugace pour la Susan Strasberg de Hurler de peur.
Ailleurs, dans son final Cérémonie mortelle pompe même allègrement le Happy Birthday to Me de Jack Lee Thompson, ce, en substituant un anniversaire par une cérémonie de mariage. Tout ça pour dire que, bien qu'il maintienne l'intérêt à flots, Mortuary n'innove à aucun moment, mais est soutenu par une partition très correcte signée John Cacavas ("Terreur dans le Shanghaï-Express", Dracula vit toujours à Londres, They're Playing with Fire du même Howard Avedis ...).
Bref, vous n'y trouverez absolument rien de neuf, ni rien de transcendant si ce n'est de passer 90 minutes en terrain balisé, pas trop chiantes, mais pas trop palpitantes non plus.

 

 

Mallox

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