American Warrior 2 : Le Chasseur
Titre original: Avenging Force
Genre: Action
Année: 1986
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Sam Firstenberg
Casting:
Michael Dudikoff, Steve James, John P. Ryan, James Booth, Allison Gereighty...
Aka: Night Hunter / La fuerza de la venganza
 

Dans le bayou de Louisiane, trois hommes masqués dirigés par Glastenbury et appartenant au "Pentangle", une organisation d'extrême droite, chassent à mort deux agents de la C.I.A. qui enquêtaient sur leurs activités. Dans un ranch voisin, Matt Hunter, ex-agent de la C.I.A., part pour la Nouvelle-Orléans avec sa jeune soeur et son grand-père afin de rendre une visite amicale à Larry Richards, qui brigue le poste de sénateur. Ses idées libérales ne sont pas du goût du "Pentangle", qui organise un attentat où Larry est blessé et l'un de ses fils tué. Matt contacte son ancien chef de la C.I.A. qui le met au courant des activités du "Pentangle"...

 

 

Produit par la mythique Cannon, voici le prototype même d'une production standard qui fit la réputation du studio, et qui lui permettait de remplir ses caisses. Nous sommes ici en présence du haut du panier des productions "maison", même si le film ne manque pas des défauts coutumiers au genre (les armes n'éjectent pas de douilles et ne se rechargent pas, pas d'impacts sur les murs mais des étincelles, cascadeurs et doublures trop voyantes). Cependant, le film se rattrape grâce aux nombreux rebondissements, combats et cascades qui parsèment l'intrigue, donnant à l'ensemble un petit côté serial fort sympathique.


Rebaptisé chez nous American Warrior 2, ce film n'a que peu de rapport avec la série des "American Ninja / American Warrior", malgré la présence au générique de la même équipe. En effet, le personnage de Matt Hunter n'est autre que le héros interprété par Chuck Norris dans Invasion USA, sorti l'année précédente. La suite devait s'intituler "Night Hunter", toujours réalisée par Joseph Zito, mais Chuck Norris déclina la proposition et fut remplacé au pied levé par Michael Dudikoff (nouvelle star Cannon grâce à American Warrior, où il remplaçait déjà Chuck Norris). La réalisation échut alors à Sam Firstenberg (spécialisé en ninjas !).

 

 

Malgré un budget que l'on soupçonne étriqué, le film accumule quelques scènes spectaculaires comme une incroyable fusillade lors d'un défilé de carnaval en pleine rue (impressionnante en termes de logistique, la séquence compte une importante figuration), une poursuite en voitures et une chasse à mort dans les bayous qui est le morceau de bravoure du film. Car les méchants, au nombre de quatre (un cinquième agit dans l'ombre), ont la particularité de chasser leur victime tels des adeptes du fameux comte Zaroff, chacun étant habillé et armé de manière différente. On compte ainsi un ninja masqué qui utilise un sabre, un militaire adepte des grenades et du riot gun, un gros sado-maso à moustaches armé d'un énorme couteau et d'une arbalète, et le chef plus soft, affublé d'un masque grotesque et qui préfère la strangulation au fil de fer. Ces sympathiques personnages sont les membres et les dirigeants d'une organisation d'extrême droite appelée le "Pentangle". Le chef du groupe est interprété avec un incroyable aplomb par John P. Ryan, le papa du monstre dans le film de Larry Cohen "Le Monstre est vivant", et qui tournera dans quelques autres productions Cannon comme "Le Justicier braque les dealers" et "Delta Force 2". Il faut le voir jubiler en roulant des yeux, lorsqu'il nous livre un incroyable discours bien facho sur les risques du communisme devant une assemblée conquise d'avance ; sa mort (empalé sur une sculpture africaine) lors d'un mémorable duel dans une salle d'armes avec Dudikoff sera un grand moment de bonheur.

 

 

Evidemment, de tels personnages ne voient pas d'un très bon oeil la présence d'un politicien noir interprété par Steve James (au palmarès éloquent : The Exterminator, "Police Fédérale Los Angeles", American Warrior...), surtout lorsque ce dernier commence à mettre son nez où il ne faut pas. Bien vite, il va devenir l'homme à abattre ainsi que toute sa famille.


Il faut avouer qu'il est assez rare dans un film d'action de voir les héros se faire décimer avec autant d'entrain. En effet, le script (comme les méchants) ne recule devant rien. La famille du pauvre Steve James sera petit à petit exterminée au fur et à mesure des attaques du "Pentangle" : un enfant mort lors d'une fusillade, l'autre en tombant du toit, sa femme abattue... et le pauvre finira criblé de flèches avant de tomber dans les flammes. Sans parler du héros (dont la soeur ressemblant à un gros cochon d'inde se retrouvera dans un bordel au fond des marais) qui finira lui-même dans un bien triste état.
Cela non sans avoir rendu au préalable une justice expéditive, car il faut bien avouer qu'il est difficile de trouver la moindre circonstance atténuante à de telles crapules. L'éradication étant l'ultime mais inévitable solution, l'Amérique est sauvée.

 


C'est donc le meilleur film du duo Firstenberg / Dudikoff, un film d'action carré, soigné (une belle photographie lumineuse) et sans fioritures, tourné dans de magnifiques décors naturels (splendide Louisiane pré-Katrina) ; de quoi passer un agréable moment sans trop se prendre la tête. Avec en prime la musique obsédante de George Clinton, largement inspirée par celle du générique de "Police Fédérale Los Angeles" de Friedklin. La fin ouverte nous laissait espérer une suite : "Le Pentangle, ce n'est pas fini, ça ne fait que commencer...", lance Michael Dudikoff avant de se tourner vers la caméra et reprendre "Pour moi non plus". Promesse malheureusement non tenue puisque la série s'arrêta là. Dommage.


The Omega Man

 

 

En rapport avec le film :

 

# La fiche du blu-ray et du dvd de American Warrior 2 : Le Chasseur

 


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