Dans les bras de l'enfer
Titre original: Behind Enemy Lines
Genre: Guerre
Année: 1986
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Gideon Amir & Ron Tal
Casting:
David Carradine, Mako, Steve James, Charles R. Floyd, Ken Metcalfe, Phil Brock, Daniel Demorest, Tony Pierce...
Aka: P.O.W. : The Escape / Attack Force 'Nam
 

A la fin de la guerre du Vietnam, le général Cooper a pour mission de récupérer des prisonniers derrière les lignes ennemies. Mais à la suite d'un traquenard sanglant, Cooper tombe entre les mains des Viet-Cong et doit composer entre les officiels nord-vietnamiens, un gardien de camp véreux et un groupe de prisonniers épuisés et démoralisés.

 

 

En 1984, "Missing in Action / Portés disparus", petite série B avec Chuck Norris ayant rapporté 22 millions de billets verts au box-office (deuxième plus gros hit de la Cannon après "Breakin'"), le studio se dit qu'il serait stupide de ne pas en profiter avant que la jungle des Philippines ne devienne aussi encombrée que le centre-ville aux heures de pointe et que la vague Vietsploitation ne dégoûte le spectateur. Avant d'envoyer le brave Michael Dudikoff dans le méconnu mais excellent "Platoon Leader", le studio jette son dévolu sur un "has been" de choix, j'ai nommé le regretté David Carradine qui, entre une production Corman ("Kaine le mercenaire") et quelques séries Z ("Vengeance Armée", "Armés pour répondre", "Les Panzers de la mort"...), trouve le temps de tourner ce succédané de "Portés disparus". L’affiche ne laisse aucun doute sur le patriotisme du projet. Le brave Carradine, emmailloté de la bannière étoilée le M16 au poing, se montre encore plus nationaliste que son modèle. Seulement voilà, si le personnage de Carradine est effectivement d’une loyauté exacerbée (on ne laisse aucun Américain sur le terrain !), son entourage préfère s’entretuer pour un trésor accumulé par un commandant Viet-Cong véreux (Mako dans un rôle de méchant génial !) qui rêve de s’installer en Amérique. Tous les coups sont permis et le film se transforme en une sorte de chassé-croisé entre Carradine, qui semble jouer dans un autre film en répétant "Tout le monde rentre à la maison !", et le reste du casting qui ne pense qu'a s'enrichir.

 

 

Pur produit de la regrettée firme Cannon, le film est un bon exemple de la politique du studio, produire des films sur un visuel alléchant et la présence d'un nom sur l'affiche ; ce qui permet de réunir un semblant de budget, environ deux millions de dollars, ce qui représentait la moyenne des productions du studio. A titre de comparaison, Michael Winner a bénéficié d'un budget de dix millions pour son Death Wish 3 et Tobe Hooper de 25 millions pour Lifeforce. Le but est de livrer un produit final exploitable qui ne dépasse pas l'enveloppe du budget, en général englouti par la guest star engagée !
Le film a été tourné aux Philippines où, depuis "Apocalypse Now", de nombreuses productions profitent du matériel et des décors laissés sur place par l'équipe de Coppola et aussi d'un personnel local rompu aux productions étrangères de toutes sortes, sans parler de l'armée qui prête volontiers matériel et figuration (voir l'incroyable séquence d'ouverture de "Braddock : Portés disparus 3").
Pour mettre en image cette nouvelle aventure, le studio donne sa chance à Gideon Amir, producteur et scénariste d'un gros succès de la Cannon, le fameux "American Ninja" alias "American Warrior", mais aussi réalisateur de la seconde équipe sur "Missing in Action / Portés disparus". Autant dire que Amir sait de quoi il parle, et il décide donc de réaliser avec l'aide de Ron Tal (qui travailla aussi sur "American Ninja") un film bourrin mais néanmoins plaisant.

 

 

Si la présence de Carradine au générique est purement commerciale, elle n'était pas pour rassurer le chaland, tant l'acteur s'est galvaudé dans des séries Z. En effet, pendant les années 1980-90, la carrière de Carradine n'a fait que décliner en qualité. Par contre, en quantité, le bougre tourne sans relâche, la plupart de ces films étant réservés au marché de la vidéo, dont il devient l'un des principaux pourvoyeurs. Mais le film est avant tout une production Cannon, avec tout ce que cela implique en qualité (action non stop, logistique imposante par rapport au budget ) et défauts (personnages caricaturaux, scénario déficient...), avec aussi parfois des scènes visuellement insolites comme l'inévitable final où les hélicoptères viennent récupérer les survivants. Petit détail : l'évacuation ne se fait pas en pleine jungle mais sur une plage ; les hélicoptères (sûrement les deux utilisés sur le film de Chuck Norris) atterrissant sur un ponton, l'effet est garanti.
Voilà un film d'action au destin tragique qui se noya dans le maelstrom des films post-Vietnam des années 80 (le film sortira néanmoins au cinéma dans certains pays comme la France ou l'Allemagne), et qui pourtant n'avait pas à rougir de ses concurrents (on ne lésine pas sur les scènes d'action et les explosions). Cependant, la frénésie aveugle de Carradine à tourner dans n'importe quoi et la réputation qui en résulta aura entraîné encore plus profondément le film dans les abîmes.

 

 

 

The Omega Man

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