Troll
Genre: Fantastique
Année: 1986
Pays d'origine: Canada / Etats-Unis
Réalisateur: John Carl Buechler
Casting:
Noah Hathaway, Michael Moriarty, Shelley Hack, Jenny Beck...
 

Premier film réalisé en solo par le maquilleur John Carl Buechler, "Troll" nous présente l'histoire des Potter, une famille qui emménage dans un immeuble qui s'avérera abriter un troll vilain au point de s'emparer de l'apparence physique de la cadette des nouveaux arrivants. Heureusement, le frère de la gamine, nommé Harry Potter (aucun lien de parenté) devinera le pot aux roses : les trolls veulent s'emparer de tous les êtres humains afin de les transformer en armée de trolls. A défaut de convaincre les adultes si ce n'est une vieille excentrique qui n'est autre que la princesse censée combattre le chef troll, Harry devra combattre les nabots galopants avant qu'ils n'aient conquis l'immeuble en entier, ce qui marquerait le point de départ d'une invasion à l'échelle planétaire.

 


Surfant sur la vague des mini-monstres lancée par "Gremlins" et perpétuée par les "Ghoulies" et les "Critters", ce Troll se veut nettement moins ambitieux, puisqu'il réduit son action à un seul immeuble de taille moyenne (concept qui sera repris plus tard par "Critters 3") et à ses quelques habitants. Mais ce que le film perd en ampleur, il le gagne en originalité, puisqu'il complétera l'habituelle invasion de bestioles hargneuses par une bonne dose d'héroïc-fantasy qui viendra prendre le pas sur l'aspect horrifique et qui excusera même la totale absence de gore. Car le but des trolls n'est pas de manger mais de transformer les humains et leur environnement. C'est ainsi qu'au fur et à mesure du film chaque appartement cachera un monde différent abritant quelques trolls gluants ma foi plutôt bien conçus (on sent l'influence d'un Buechler rompu aux effets spéciaux). Des mondes luxuriants, verdoyants, contrastant avec la banalité de l'immeuble.
Dans tout ça, le jeune Harry Potter fera, avouons-le, un peu niais, surtout une fois accompagné de sa vieille voisine qui n'a rien d'autre à faire de ses journées qu'à parler à son champignon domestique doué de parole (un accessoire purement illustratif qui n'a aucune utilité dans le récit) en attendant que le gamin se débrouille seul face aux trolls. On déplorera également un nain (pardon : une petite personne) s'attirant la sympathie de la gamine troll, enchantée de voir un petit homme et désolée de savoir qu'il est atteint d'une maladie incurable. Ce qui amènera une conversation pleine de bons sentiments heureusement achevée dans une ironie moins gentillette. Rayon réussite, signalons la présence d'un Michael Moriarty habitué des films de Larry Cohen qui vient ici faire le pitre dans l'Empire de Charles Band en interprétant Harry Potter Sr., père de famille complètement à côté de la plaque pendant tout le film.

 


Tout cela forge une petite série B assez originale, guère transcendante (le côté héroïc-fantasy, malgré les deux mondes différents qui nous sont montrés, reste visuellement guère plus qu'effleuré) mais sympathique. Les trolls sont assurément le point fort du film, même s'ils ne répondent pas exactement à ce que les puristes sont en droit d'attendre de créatures comme ça, puisqu'à l'origine les trolls sont beaucoup plus grands et massifs. Mais bon, on se suffira de ces petits bonshommes trapus, passifs (seul leur chef se bouge un peu) et qui passent leur temps à chanter une chanson de leur cru assez entraînante (clairement faite pour rivaliser avec le chant des Gremlins qui rentrent du boulot). Un beau petit succès pour John Carl Buechler, qui tombera plus tard dans un film de petits monstres beaucoup plus standard et même carrément con : "Ghoulies 3", toujours pour le compte de son employeur préféré, Charles Band.

 

 

Note : 6/10

 

Walter Paisley
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