Hercule contre les vampires
Titre original: Ercole al Centro della terra
Genre: Peplum , Gothique
Année: 1961
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Mario Bava
Casting:
Reg Park, Christopher Lee, Leonara Ruffo, Christopher Lee, Giorgo Ardisson, Ida Galli...
Aka: Hercules in the Haunted World
 

La Princesse Déjanire est victime d'une étrange malédiction, en réalité elle a été envoûtée par l'intriguant Licho qui désire s'emparer du royaume d'Echalia. Le fiancé de Déjanire, le célèbre Hercule, décide de consulter l'oracle Sibylle qui lui révèle que le seul moyen de guérir sa promise est de se rendre au royaume de Pluton et d'en ramener la pierre de vie, la seule capable de guérir la princesse. Mais pour arriver aux enfers Hercules et ses compagnons, Thésée et Télémaque, doivent d'abord s'emparer de la pomme d'or du jardin des Hespérides qui seule permet de revenir en vie du royaume des morts.

 

 

Lorsque le producteur Achille Piazzi lui propose ce péplum, Mario Bava n'a réalisé officiellement qu'un seul film, l'excellent "Masque du Démon", mais il possède une excellente réputation comme chef opérateur, justement sur les deux premiers épisodes de la série "Hercule et la Reine de Lydie" et "Les Travaux d'Hercule". Il a d'ailleurs, comme réalisateur de la seconde équipe, sauvé quelques productions du naufrage, notamment quelques films de son ami Riccardo Freda. Une expérience qui va s'avérer des plus utiles. En effet, le budget accordé au film étant des plus ridicules, Bava va devoir ruser et utiliser au maximum chaque denier de sa modeste bourse. Il décide donc d'éviter les tournages en extérieur (où il est peu à l'aise) et d'envoyer son héros sous terre où il pourra à loisir utiliser son expérience de chef opérateur. Sa maîtrise des éclairages (avec ces teintes pourpre et mauve caractéristiques) et de la brume ainsi que l'utilisation de perspectives forcées lui permet d'optimaliser au maximum ces décors étriqués. De plus, sa bonne connaissance des effets spéciaux et le recours à quelques astuces des plus rudimentaires, comme l'utilisation de la polenta pour simuler le lac de lave, vont transformer ce qui s'annonçait comme un naufrage artistique en une véritable référence du genre. Malgré tout, certains effets ne sont pas des plus réussis comme cet homme de pierre un peu ridicule, on peut aussi regretter l'inévitable second rôle comique affublé de la voix française de Jerry Lewis ou la différence flagrante entre les extérieurs de la cité filmée en plein jour et les mattes beaucoup plus sombres, mais ces quelques détails n'enlèvent rien aux qualités du film.

 

 

Bava, spécialiste des cocktails détonants, mélange cette fois un genre ultra codifié comme le péplum (héros aux muscles saillants, pin ups en robe et félons usurpateurs) au fantastique gothique alors en vogue et dont il a signé l'année précédente l'un des fleurons. Il soigne son film et nous offre une véritable réussite visuelle d'où se dégagent des instants d'une incroyable beauté vénéneuse, véritable marque de fabrique du "maître". Parmi quelques exemples, on peut retenir le réveil de la princesse qui se redresse doucement de sa sépulture tel un vampire, le reflet de Christopher Lee dans une flaque de sang, la séquence où les goules surgissent de leurs sépultures ou du sol pour attaquer le héros, les visites à l'oracle, le sacrifice lors de la pleine lune, la visite aux enfers,… Des tableaux assemblés par le talent du réalisateur pour former une œuvre de toute beauté qui transcende le genre: une vraie réussite.
Reg Park n'est pas le meilleur acteur qui interpréta le rôle du fameux Hercule mais il livre ici une prestation tout à fait honorable. On le retrouva par la suite dans d'autres films mélangeant les genres comme "Hercule à la conquête de l'Atlantide" "Maciste et les mines du Roi Salomon" ou "Ursus la terreur des Khirgiz" / "Il Terrorre dei Kirghisi" / "Hercules, Prisoner of Evil".
Les mignonnes Léonora Ruffo et Marisa Belli font partie de ces actrices italiennes qui hantèrent le cinéma d'exploitation (et les nuits de certains) de l'époque. On put ainsi voir la première dans "La Vengeance d'Hercule" et "Maciste contre les vampires" et la seconde dans deux films de pirates: "Le Boucanier des îles" et "L'Ile des filles perdues". Le compagnon blond d'Hercule n'est autre que Giorgo Ardisson qui incarna de nombreux héros de films d'aventure, notamment Zorro dans "Zorro the Fox & Zorro at the Spanish Court" ou Sartana dans "Django against Sartana", il retrouvera Bava dans un film de Vikings au côté de Cameron Mitchell "Duel au couteau". Le producteur Achille Piazzi est l'un des nombreux producteurs qui reprit le personnage d'Hercule à son compte lorsque la Lux / Galatea, productrice des deux premiers épisodes, s'en désintéressa ,préférant exploiter d'autres sujets mythologiques. Il produisit trois aventures du valeureux fils de Zeus: deux avec Reg Park "Hercule contre les vampireset Hercule à la conquête de l'Atlantide", et "La Vengeance d'Hercule" avec Mark Forest.

 

 

Beaucoup ne voient dans le péplum italien que des films naïfs peuplés de pin-ups et d'anciens culturistes qui s'amusent à lancer tout ce qu'ils peuvent ramasser sur leurs adversaires, une vision réductrice souvent relayée, comme de coutume, par des gens qui n'en ont jamais vu, ou pas les bons. "Hercule contre les Vampires" fait partie des chefs d'œuvre du genre qu'il faut avoir vu, une réussite visuelle qui est loin d'être exempte de défauts (mais cela fait aussi partie de son charme ), mais qui arrive néanmoins à se hisser au niveau des meilleures réalisations du genre grâce aux nombreux talents artistiques de son réalisateur qui arrive à nous surprendre à chaque plan par la beauté et l'ingéniosité de sa mise en scène.
Quelques anecdotes : Il existe, je crois, trois versions du film, la version européenne exploitée à l'époque au cinéma (76 min), une version américaine remontée (81 min) et une version italienne dite "longue" exploitée en cassette et qui reprend en fait le prologue en VOST situé avant le générique ou l'on voit Christopher Lee / Licho dans un drôle de rituel, séquence absente du nouveau DVD qui vient de paraître chez Opening. "Le Défi des Géants" est un péplum qui utilise des chutes et des séquences entières d' "Hercule contre les Vampires" et de "Hercule à la Conquête de L'Atlantide" Il n'est jamais véritablement question de vampires dans le film, mais plutôt de goules, cependant la présence au générique de Christopher Lee a suffi pour que le distributeur les fasse apparaître miraculeusement dans le titre français.

 

 

The Omega Man
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