Amantes del diablo, Las
Titre original: I diabolici convegni
Genre: Thriller
Année: 1971
Pays d'origine: Espagne / Italie
Réalisateur: José Maria Elorrieta (sous le pseudo Joe Lacy)
Casting:
Krista Nell, Espartaco Santoni, Teresa Gimpera, Ennio Girolami, Julio Peña...
Aka: Feast of Satan / Feast for the Devil / Tanz des Satans
 

Hilda Salas se rend dans une ville balnéaire à la suite d'une étrange affaire concernant sa sœur. Celle-ci, Maria, infirmière de son état, a été retrouvée en état de choc, alors qu'elle prenait des vacances dans la région. Une peur indicible lui a même blanchi les cheveux. Après un examen médical, Maria est conduite dans un institut psychiatrique. Pas pour longtemps, puisqu'elle est kidnappée dans la nuit par un inconnu, avec la complicité d'un malade qui sera ensuite tué par un chien. Les médecins et la police essaient de comprendre ce qui s'est passé, mais devant l'absence d'indices Hilda décide de mener sa propre enquête. Elle ne se doute pas que le moindre de ses faits et gestes est épié par une certaine Andrea, la secrétaire d'un docteur playboy nommé Tills Nescu. Ce dernier est connu dans toute la région. Il vit comme une vedette de la jet set, partageant son temps entre son yacht amarré au port et son château médiéval situé dans les bois environnants. Si on le connaît pour ses sorties en boîtes de nuit, ses escapades avec les plus belles filles, seul le cercle très fermé de ses proches sait que Nescu s'intéresse aussi aux rites de la sorcellerie, et pratique la magie noire.

 


A priori, "Las amantes del diablo" fait partie de ces films qui, de par leur sujet et leur aura de mystère (c'est une œuvre assez peu diffusée, en tout cas inédite en France), aurait tendance à attirer le fan de cinéma bis. Malheureusement, cette œuvre méconnue est tellement décevante, au final, qu'on en viendrait presque à penser qu'on aurait dû la laisser aux oubliettes. José Maria Elorietta est devenu réalisateur au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il a tourné pas mal de westerns et de films d'aventures dans les années soixante, avant d'emprunter (soi disant) le créneau horrifique à l'orée des années soixante-dix. Oui, soi disant, car en réalité "Las amantes del diablo", malgré ses différents titres d'exploitation, n'est pas un film d'horreur. Pas de connotation fantastique non plus, et encore moins érotique. En fait, cela aurait presque pu être un giallo, de par sa trame qu'un Umberto Lenzi aurait pu exploiter à cette même époque. C'est en définitive un thriller bas de gamme, dans lequel on s'ennuie ferme durant toute la première heure, bavarde et pas spectaculaire pour un sou, où l'héroïne tombe amoureuse du méchant, et puis… c'est à peu près tout ! Le film d'Elioretta n'est qu'un polar ressemblant à un soap, où il règne un climat d'oisiveté dans lequel l'angoisse n'est absolument pas palpable. Pourtant, le suspense existe bien. On se demande ce qui est arrivé à Maria, si Nescu est vraiment le méchant de l'histoire, si Andrea a une attirance sexuelle pour Hilda, etc... Mais les quelques idées intéressantes du récit sont noyées dans un flot de longueurs, de scènes sans grand intérêt, étirées à l'extrême, voire répétitives. Sans oublier que le facteur horrifique intégré dans l'histoire n'est qu'un prétexte destiné à pimenter quelque peu une histoire sans grande saveur, où il est simplement question d'une personne devenue criminelle à la suite d'un traumatisme dans son enfance (un thème récurrent du giallo).

 


Après, l'apport de cette secte vénérant une divinité maléfique, se livrant à des messes noires, agit vraiment comme une "pièce rapportée". Elorietta a beau nous coller quelques clichés, comme le serviteur asiatique inquiétant, et le méchant qui joue de l'orgue... rien n'y fait ! Pendant tout le film on espère être surpris, on attend un rebondissement, un dénouement original... en vain ! Le final est assez consternant, à l'image du reste. Tout juste peut-on sauver un teaser intéressant, à défaut d'être original, et quelques scènes par ci par là. "La amantes del diablo" ne sent pas le soufre mais l'eau de rose, tel est le constat que l'on peut dresser. On se consolera à peine de la présence de deux actrices ayant le mérite d'être crédibles, sauvant les apparences au milieu de la débâcle. L'occasion de voir la très belle et regrettée Krista Nell, emporté à vingt neuf ans à la suite d'une leucémie. L'autrichienne tourna dans bon nombre d'œuvres bien plus marquantes que celle-ci, comme "La peur au ventre", "Dossier rose de la prostitution" et "L'insatiable Samantha". A ses côtés, la talentueuse Teresa Gimpera ("Fata Morgana", "La nuit des Diables") donne une parfaite réplique à Krista Nell. Dans l'ensemble, on ne peut rien reprocher aux acteurs, ils ont simplement eu la malchance de figurer dans un film qui, à force d'hésiter entre plusieurs genres, se retrouve à l'arrivée sans âme, sans identité, la faute à un metteur en scène complètement hors du coup. En ce qui concerne la musique, on la doit à Carlo Savina. On reconnaîtra au passage un morceau que l'on retrouve dans "La Nuit des Damnés", réalisé la même année. Une partition musicale honorable, moins terne que le film, cela va de soi.

 


Note : 3,5/10

 
Flint
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