[M] [Critique] Exorcisme tragique
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Throma
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MessagePosté le: Sam Mai 06, 2006 6:56 pm    Sujet du message: [M] [Critique] Exorcisme tragique Répondre en citant



Titre original : Un bianco vestito per Marialé
Origine : Italie
Genre : Giallo
Un film de Romano Scavolini
Avec Ida Galli, Luigi Pistilli, Ivan Rassimov, Pilar Velasquez...

"Exorcisme tragique" : un titre d'exploitation français à côté de la plaque, juste bon à surfer peu scrupuleusement sur la vague déferlante des oeuvres bis s'inspirant de "L'exorciste", à qui on préferera nettement le titre original italien traduit pour l'occasion : "Une robe blanche pour Marialé". Bien plus évocateur et en adéquation avec la folie qui s'apprête à submerger Marialé, le personnage principal de ce giallo exquis concocté par Romano Scavolini, géniteur à venir de l'inoubliable "Cauchemars à Daytona Beach".
Ainsi, la petite Marialé n'a que huit ans lorsqu'au détour d'un bosquet, elle assiste au meurtre de sa mère et de son amant, exécutés de plusieurs balles par son cocufié de paternel qui, une fois sa besogne accomplie, introduit le canon de l'arme dans sa bouche pour se gratter le fond de la gorge. Le coup part. Marialé est orpheline.
Trente années ont passé. Marialé (Ida Galli) vit désormais recluse dans le château qu'elle habite avec Paolo son mari (Luigi Pistilli) et Osvaldo, l'inquiétant majordome (Gengher Gatti). Les deux hommes la bourrent de médicaments, l'obligeant à vivre totalement à l'écart de la société. Mais la jeune femme est bien déterminée à échapper à cette vie morne. Sans avertir Paolo, elle invite plusieurs amis à passer un week-end dans la vaste demeure. Au cours de la première soirée, la petite fête va prendre des allures de carnaval lorsque, sous la demande de Marialé, tout ce beau monde endosse des costumes fantaisistes. Fantaisistes, tous, sauf pour Marialé qui, gagnée par une schizophrénie latente, décide de se vêtir de la robe blanche que sa mère arborait le jour de sa mort. Une robe portant encore les stigmates du drame survenu il y a trente ans, caractérisés par deux trous auréolés de sang séché. La démarche de Marialé n'est pas innocente. Elle est ainsi parée à affronter les démons du passé. Pendant ce temps là, les occupants du château sont décimés au compte-gouttes par un énigmatique assassin. Les habitués du giallo et les plus malins d'entre vous n'éprouveront toutefois aucune difficulté à démasquer le coupable en cours de route et même à anticiper un final un peu trop prévisible il faut bien le dire. Mais malgré des rebondissements courus d'avance, le film dispose d'un scénario excellent, ne se limitant pas seulement aux poncifs du giallo et se permettant quelques plongées dans le surréalisme macabre, le drame psychologique (les costumes et les masques révélant la véritable nature des différents protagonistes) et même la "commedia dell'arte" (à travers la présence de ces mêmes masques et costumes de théatre). Scavolini fait également preuve d'inventivité au niveau des meurtres, nombreux et s'enchaînant à une folle cadence dans la deuxième moitié du film : homme dévoré par des molosses, crâne défoncé au marteau, victime défigurée au rasoir, etc. Et on n'oubliera pas de sitôt la mise à mort brutale de Shawn Robinson, captive d'une piscine et contrainte à la noyade, le tueur lui assénant de violents coups de bâton au visage ou sur les doigts lorsqu'elle tente de s'agripper aux rebords.
Niveau musique, Fiorenzo Carpi, épaulé par l'indispensable Bruno Nicolai, livre une partition fabuleuse, prenant parfois des allures de rock progressif, notamment lors de la séquence où Shawn Robinson (encore elle) entame sa danse de l'amour.
Un accompagnement musical à l'image du film : surprenant.
"Une robe blanche pour Marialé" ne ressemble à aucun autre giallo. De ce fait, le film s'adresse aussi bien aux amoureux du giallo qu'à ceux blasés par un genre qui, à leurs yeux, souffre d'un hypothétique problême de renouvellement.

Ou se le procurer :

Aucune idée Les éditions françaises de ce film étant assez rares, il n'est pas exclu de surveiller de temps en temps ebay ou priceminister.
Tentez sinon votre chance pour essayer de grappiller un dvd-r ou une copie vhs sur les sites suivants :

http://www.trashpalace.com/
http://www.xploitedcinema.com/
http://www.videoscreams.com/
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http://www.vhs-survivors.com/myvhs.php?alias=Throma
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Toxic_avenger
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MessagePosté le: Mer Nov 15, 2006 11:33 am    Sujet du message: Répondre en citant

Totalement d'accord avec le compère Throma, il s'agit d'un sommet du giallo hélas encore trop méconnu.
Tout commence de manière plutôt classique avec l'arrivée au château des six personnages avant de bifurquer dans le baroque le pus total dès la scène de la visite des catacombes. Le repas qui s'en suit, je n'en parle même pas ; il n'est pas exclu de penser au Caligula de Tinto Brass, à une échelle moindre.
Et puis paf, premier meurtrer au marteau très douloureux, et là ça ne s'arrête plus jusqu'à un final tout de même très ambigu et surtout d'une radicalité assez surprenante.
Bref, un bijou.


Dernière édition par Toxic_avenger le Dim Nov 19, 2006 11:57 am; édité 1 fois
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Throma
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MessagePosté le: Mer Nov 15, 2006 1:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bin, le truc c'est que depuis (j'ai ecrit cette review il y a presque 2 ans maintenant) j'ai revu mon jugement à la baisse.
J'ai revu le film récemment et j'ai trouvé ça insupportable de prétention (le côté "arty" notamment du bal masqué avec la danse de Robinson et les tirades philosophiques à 2 balles) et très chiant ('tain, 1 heure d'attente avant le premier meurtre).
Y'a quand même quelques bonnes choses (le double meurtre des parents shootés au ralenti, la mort dans la piscine) mais j'ai stoppé le film avant la fin, excédé.
Peut être que la joie de mettre enfin la main sur une vhs que je recherchais depuis tellement longtemps et surtout le fait de découvrir un giallo si méconnu et inhabituel me l'a rendu aveuglément sympathique la première fois, je sais pas.
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Toxic_avenger
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MessagePosté le: Mer Nov 15, 2006 3:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

ben moi je l'ai vu à partir d'un DVD-R (au passage, merci au compagnon qui me l'a fait, même s'il ne vient pas ici ico_mrgreen) donc exit la mauvaise foi aveugle du vhsophile, d'autant plus que je ne savais pas grand chose à son sujet. Effectivement il faut attendre le premier meurtre un bon moment mais pour ma part ça ne m'a pas dérangé puisque sitôt la scène ds catacombes, j'ai été pris dans le film.
en ce qui concerne la soit-disant prétention du film, ça, c'est ton problème ! new_noel
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Bigbonn
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MessagePosté le: Mer Nov 15, 2006 5:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Throma a écrit:
j'ai ecrit cette review il y a presque 2 ans maintenant


Le Throma, il a écrit 12627, 43 reviews pendant 10 ans et jusqu'à il y a environ deux ans justement. Résultat: il a un stock suffisant pour nous en sortir une de temps en temps, l'air de rien, sans plus en écrire d'autre. Un vrai pré-retraité de la critique du bis! ico_mrgreen
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Nickbur
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MessagePosté le: Mer Nov 15, 2006 8:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'attend pour le découvrir un coli miraculeux venant de Besançon. Un rayon de soleil dans la grisaille belge, un postier heureux déposant avec poésie un petit paquet emballé avec amour, me saluant avec le sourire et s'en allant dans la brume matinale au guidon de sa tonitruante Peugeot 103. Oui les amis, un jour je pourrais en parler de cet étrange giallo new_noel
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MessagePosté le: Jeu Nov 16, 2006 4:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Nickbur a écrit:
J'attend pour le découvrir un coli miraculeux venant de Besançon. Un rayon de soleil dans la grisaille belge, un postier heureux déposant avec poésie un petit paquet emballé avec amour, me saluant avec le sourire et s'en allant dans la brume matinale au guidon de sa tonitruante Peugeot 103. Oui les amis, un jour je pourrais en parler de cet étrange giallo new_noel

C'est vrai que la médiathèque du Bis de Besançon, c'est quelque chose! new_noel
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flint
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MessagePosté le: Mer Déc 19, 2007 9:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ayant enfin pu voir ce film, je n'ai pas été déçu pour ma part. L'atmosphère de ce huis-clos est plutôt bien restituée, avec un trio d'acteurs très performant : Luigi Pistilli et Ivan Rassimov (enfin un premier rôle à sa convenance) entourant une Ida Galli à la fois belle, fragile et manipulatrice.
Comme l'avait souligné Throma à l'époque, la musique est exceptionnelle, très variée et toujours en accord avec les images.
Le film est un mélange de giallo et de thriller surnaturel, effectivement, ressemblant dans la trame à un roman d'Agatha Christie. Sauf qu'il est ici facile d'identifier le meurtrier, mais l'intérêt du film se porte ailleurs, dans cette histoire où la folie se bat contre la raison.
Comme toujours dans les thrillers italiens de cette époque, il faudra être très vigilant pour repérer Carla Mancini, l'éternelle furtive du giallo. Et sinon, mention spéciale à l'éphémère Shawn Robinson dansant avec un short pourvu d'un gode du plus bel effet. icon_cool
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flint
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MessagePosté le: Dim Sep 23, 2012 5:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Comme on en apprend tous les jours, je me suis rendu compte ce matin au détour d'un vide-grenier que le film était sorti sous le titre "Paranoïa" (vachement original) en VHS :





Avec un visuel vu par ailleurs, notamment pour le "Exorcisme et messes noires" de Jess Franco.
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sigtuna
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MessagePosté le: Lun Sep 24, 2012 9:23 am    Sujet du message: Répondre en citant

Pas trouvé la critique de throma sur le site. new_help
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flint
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MessagePosté le: Lun Juin 20, 2016 8:14 am    Sujet du message: [C] [Critique] Exorcisme tragique Répondre en citant



Exorcisme tragique

Titre original : Un bianco vestito per Marialé

Genre : Giallo, Murder party, Gothique

Année : 1972

Pays d'origine : Italie

Réalisateur : Romano Scavolini

Casting : Ida Galli, Luigi Pistilli, Ivan Rassimov, Pilar Vilazquez, Ezio Marano, Giancarlo Bonuglia, Shawn Robinson, Gengher Gatti...

Aka : Spirits of Death/A White Dress for Marialé/Exorcisme tragique – les monstres se mettent à table



Essentiellement connu pour son thriller horrifique « Cauchemars à Daytona Beach » (Nightmare – 1981), le réalisateur Romano Scavolini (également directeur de la photographie) a tourné au cours de sa carrière une douzaine de longs métrages, dont seulement trois d'entre eux ont franchi nos frontières. « Exorcisme tragique » est de ceux là. Filmé en 1972, année prolifique pour le thriller italien, « Un bianco vestito per Marialé » est une sorte de fourre-tout mêlant giallo, étude de mœurs et drame psychologique, le tout dans un cadre gothique avec un huis-clos réunissant le couple propriétaire des lieux (un château retiré), son majordome, et six invités plus ou moins attendus.

Flashback – Dans les années 1940, la petite Marialé, âgée d'à peine dix ans, est témoin du meurtre de sa mère et de l'amant de celle-ci par son père, qui retourne ensuite l'arme contre lui une fois son forfait accompli (fin du flashback).

Retour au début des années '70 – L'orpheline est devenue une belle femme qui s'est mariée avec Paolo, un châtelain désargenté et taciturne. Le couple vit en vase clos avec Osvaldo, l'homme à tout faire, avec une préférence pour les sales besognes.



Parmi ces dernières, le domestique est chargé de veiller à ce que Marialé prenne bien ses tranquillisants. Il semblerait que la jeune femme, jamais remise des événements passés, soit devenue psychologiquement fragile. Mais Marialé n'est pas de cet avis, et pour elle les raisons de sa dépression sont dues à l'isolement que lui impose Paolo. Aussi, afin de tromper cette solitude qui la ronge, elle invite en secret six personnes, des amis plus ou moins proches, plus ou moins recommandables. Mais peu importe… Marialé ne veut plus vivre cloîtrée, et elle a besoin de se changer les idées.
Par ordre d'arrivée, les six invités ont pour nom Massimo, qui eut dans le passé une liaison avec Marialé, Gustavo et sa dernière conquête (Sémy, superbe noire), Mercedes, et enfin Jo et Sebastiano.
Gustavo a un comportement abject envers Sémy qui, elle, ne rêve que de s'éclater et n'a pas la langue dans sa poche (manifestement, Gustavo n'aime pas les femmes libérées et cherche à soumettre sa maîtresse comme au bon vieux temps de l'esclavage). Jo et Sebastiano vivent ensemble. Le problème est que, si Sebastiano est un homosexuel pur et dur, Jo est quant à lui bisexuel et a en parallèle une liaison avec… Mercedes. Et cette dernière se trouve être bisexuelle également, ce qui lui vaudra de coucher avec Sémy lors de ce week-end orgiaque.



Oublions le titre français, hors-propos. « Un bianco vestito per Marialé » culmine au moment où notre héroïne, à la fois maîtresse et prisonnière des lieux, propose à ses convives de se déguiser. Elle-même va se revêtir de la robe blanche que portait sa mère quand elle fut assassinée, un vêtement immaculé ayant cependant conservé deux tâches rouges correspondant aux impacts de balles. Le passé refait surface, et il ne va cesser de planer au cours de cette soirée dans laquelle vont se succéder repas pantagruélique, joutes verbales, scènes orgiaques, et frustration sexuelle pour certains des protagonistes.
D'autres, au contraire, vont se lâcher au niveau de la libido, guidés par le comportement totalement décomplexé de Sémy. A ce propos, il est intéressant de constater qu'à cette époque, le cinéma italien (et notamment le thriller) eut tendance à voir en la femme noire un moteur de l'épanouissement sexuel. Elle sera ainsi le « prototype » de la femme libérée dans plusieurs gialli, comme Beryl Cunningham se livrant à un strip-tease lors d'une soirée mondaine dans « Si douces, si perverses », Carla Brait effectuant un show particulièrement chaud dans « Les rendez-vous de Satan » ou encore Jane Garret entamant une danse lascive devant son infirmière (Monica Strebel) dans « Les insatisfaites poupées érotiques du docteur Hichcock ».



Romano Scavolini a volontairement axé son film sur la psychologie de ses personnages, réduits à neuf dans la plus grande partie de l'intrigue. Chacun est donc passé à la loupe, et pour la majorité d'entre eux la balance ne penche pas en leur faveur. Surtout les hommes, en fait. Ils sont vulgaires, immatures, méprisants, violents ou lâches, souvent pour dissimuler un sentiment de mal être. Massimo (Ivan Rassimov) fait figure d'exception dans ce tableau peu reluisant de l'être humain. On sent qu'il est toujours épris de Marialé, qu'il est prêt à tout pour l'aider, et s'interpose chaque fois que l'un des invités franchit la ligne rouge.
Tel Orphée envers Eurydice, Massimo serait prêt à descendre aux Enfers afin de ramener Marialé dans le monde des vivants.



Après cette longue exposition, la partie thriller commence tardivement, au bout d'environ une heure. A un premier meurtre, filmé en ombres chinoises, vont se succéder d'autres crimes à un rythme effréné. Le temps n'est plus aux paroles mais aux actes. On notera quelques mises à mort spectaculaires dans le lot, l'une au bord d'une piscine, l'autre dans une allée mettant en lice une meute de chiens féroces.

En ce qui concerne le casting, on retrouve au sein du film quelques habitués du genre, parmi lesquels Ida Galli, Luigi Pistilli ou encore Ivan Rassimov. Sous son nom de scène d'Evelyn Stewart, Ida Galli fut une figure récurrente du cinéma populaire (« Hercule contre les vampires », « La mansión de la niebla », « Concerto per pistola solista », « Les sorcières du lac », « L'emmurée vivante », « Knife of Ice » ou encore « L'adorable corps de Deborah » et « La queue du scorpion », dans lesquels elle jouait déjà avec Luigi Pistilli). Un Pistilli qui a lui aussi crevé le grand écran, à travers le western (« La mort était au rendez-vous », « Le grand silence »), le giallo (« Ton vice est une chambre close... », « La baie sanglante) et le polar (« Milan calibre 9 »). Enfin, Ivan Rassimov (Djrassimovic de son vrai nom) s'est fait une réputation de bad guy au regard perçant dans les gialli de Sergio Martino, à savoir « L'étrange vice de Mme Wardh », « L'Alliance invisible » et « Ton vice est une chambre close... ». Il a été un acteur incontournable du thriller à cette époque, jouant également dans « Homicide parfait au terme de la loi », « Piège pour un tueur » ou encore « Spasmo ». Il tourna de même en deux occasions pour Mario Bava, dans « La planète des vampires » et « Shock ».



N'oublions pas la ravissante Pilar Velazquez, actrice espagnole aperçue dans « Il fiore dei petali d'acciaio », « Eroticofollia » et « Le manoir aux filles ». Et enfin, Ezio Marano a tourné pour Sauro Scavolini (le frère de Romano) dans « Amore e morte nel giardino degli dei », tandis que Gengher Gatti et son faciès patibulaire ont marqué les esprits dans « Les vierges de la pleine lune » et « Le massacre des morts-vivants ».
Quelques mots sur la partition musicale, mélodique et empreinte de nostalgie. Elle est due à un duo composé du fameux Bruno Nicolai et de Fiorenzo Carpi, ce dernier ayant travaillé régulièrement pour Luigi Comencini (« Casanova, un adolescent à Venise »), Tinto Brass (« Salon Kitty ») ainsi que Patrice Chéreau, notamment pour « La chair de l'orchidée ».
On pourra reprocher à cet « Exorcisme tragique » de ne démarrer les hostilités qu'après une longue exposition des personnages (l'assassin se fait effectivement attendre même si la menace est rapidement palpable), et d'être un patchwork intégrant des éléments empruntés à divers genres : le giallo, le drame psychologique, l'étude de mœurs, le film gothique et la murder party. Un cocktail pas forcément homogène qui pourra rebuter une frange du public, et séduire une autre. A vous de juger !



(Autres captures à suivre...)


Dernière édition par flint le Lun Juin 20, 2016 8:36 am; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun Juin 20, 2016 8:34 am    Sujet du message: Répondre en citant







































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MessagePosté le: Lun Juin 20, 2016 9:49 am    Sujet du message: Répondre en citant

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Valor
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MessagePosté le: Jeu Sep 22, 2016 12:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant




Exorcisme tragique - Combo digipack avec étui cartonné Blu-ray + 2 DVD

DVD : Zone 0 - NTSC / Blu-ray : Région B

Editeur : Le Chat qui Fume

Pays : France

Sortie film : 10 avril 1975
Sortie DVD : 1er juin 2016

Durée DVD : 88'13 / Blu-ray : 88'19

Image : 2.35:1 - 16/9e compatible 4/3 (Blu-ray : 1920x1080/23,976p)
Audio : DTS-HD MA Mono et AC3

Langues : italien, français
Sous-titres : français (imposés sur la version italienne) ; français sur les scènes inédites.




Bonus : (les durées correspondent à la version DVD)

- Histoire d'Ida, entretien avec Ida Galli (55'04)
- Ésotérique et Cryptique, entretien avec le réalisateur, Romano Scavolini (36'39)
- L’exorcisme de Marialé par Jean-François Rauger (12'44)
- Scavolini l'anarchiste par Olivier Rossignot (11'34)
- Scènes inédites (04'54)
- Exorcisme Tragique en mode VHS (sur le Blu-ray uniquement) (81'31)
- Film annonce italien (3'36)
- Film annonce français (3'25)
- Films annonces : "La Nuit des diables" ; "Tropique du cancer", "La Sœur d'Ursula", "Terreur sur la lagune".

Édition limitée à 1000 exemplaires
Prix TTC public : 25,00 €






Après La Nuit des diables, penchons nous sur cet "Exorcisme tragique" sorti simultanément chez le Chat qui Fume dont la collection de combos DVD/BR inaugurée l'année dernière avec Le Venin de la peur compte désormais trois titres.
Ici encore, l'objet que l'éditeur nous propose est un magnifique digipack 3 volets contenant deux DVD et un Blu-ray inséré dans un fourreau, le tout superbement illustré de visuels reprenant les affiches originales française et italienne.


(Images redimensionnées. Cliquez dessus pour les voir en taille réelle) :









Pour ce qui est du master, cette édition est le fruit d'une collaboration (qu'on espère durable) entre Le Chat qui Fume et Camera Obscura, éditeur allemand qui s'est forgé une solide réputation dans le monde entier grâce à la qualité de ses produits et ses choix éditoriaux. C'est en effet à Camera Obscura que l'on doit la toute première édition numérique au monde d'Exorcisme tragique, d'abord en DVD en 2013 puis en Blu-ray l'année suivante.


COMPARATIF :

Le Chat qui Fume Blu-ray :
(Images redimensionnées. Cliquez dessus pour les voir en taille réelle) :







Le Chat qui Fume DVD :







Camera Obscura Blu-ray :
(Images redimensionnées. Cliquez dessus pour les voir en taille réelle) :







Camera Obscura DVD :







Ceux qui ne connaîtraient le film que par les diverses éditions VHS sorties en France (ou ailleurs) dans des versions plus ou moins censurées, recadrées et aux couleurs affreusement délavées ne vont pas en croire leurs yeux : la beauté de l'image est tout simplement renversante et la copie ne présente aucun défaut notable. Côté audio les pistes italiennes et françaises sont toutes deux excellentes. Un seul petit détail pour le moins surprenant : le menu du film nous annonce que "Les dialogues non-doublés sont sous-titrés en français" et la VF nous propose effectivement à 28'40 une scène (7 répliques en tout) en italien avec des sous-titres français, alors que cette même scène doublée en français se trouve bien dans la version VHS présentée en bonus !




Rayon bonus, justement, chapeau bas au Chat qui a réussi le véritable exploit (le mot n'est pas trop fort) de retrouver Ida Galli (alias Evelyn Stewart) afin de nous proposer Histoire d'Ida, un entretien exclusif de près d'une heure ! En effet, si "Marialé" avait accordé une interview écrite à Nocturno en 2011, nous avons droit ici sa toute première interview vidéo, réalisée par Federico Caddeo de Freak-O-Rama.



Ida Galli, aujourd'hui âgée de 74 ans, évoque avec une précision étonnante ses souvenirs d'enfance, ses débuts aux cinéma avec Fellini, ses rôles pour Visconti, Mario Bava ("Le Corps et le fouet", Hercule contre les vampires), Romolo Guerrieri (L'adorable corps de Deborah), Umberto Lenzi (Bracelet de sang, Il coltello di ghiaccio) ou Lucio Fulci (L'emmurée vivante), sans oublier Romano Scavolini et son Exorcisme tragique, bien entendu. L'ensemble de l'entretien est illustré de nombreuses photos inédites provenant des archives personnelles de l'actrice, ce qui rend ce document encore plus exceptionnel.




Dans l'entretien Ésotérique et Cryptique (qui figurait déjà dans les bonus de l'édition Camera Obscura), le réalisateur Romano Scavolini détaille son éclectique carrière, de ses premiers films expérimentaux à ses documentaires récents ("Le ultime ore del Che") ou sa trilogie "L'apocalisse delle scimmie", en passant par l'inévitable Nightmare/Cauchemars à Daytona Beach, sans oublier d'évoquer sa contribution dans la réécriture du script de "Exorcisme tragique" et les aspects techniques du tournage.




L’exorcisme de Marialé par Jean-François Rauger nous propose une analyse un peu courte mais comme toujours passionnante du directeur de la programmation à la Cinémathèque française qui revient entre autres sur le(s) titres(s) français, la place de "Exorcisme tragique" au sein du giallo et les rapports entre cinéma populaire et cinéma d'auteur dans l'Italie des années 70.




Dans un entretien audio illustré par des scènes du film intitulé Scavolini l'anarchiste (malencontreusement titré "arnarchiste" sur le menu principal), Olivier Rossignot de Culturopoing.com analyse la dimension contestataire de l'œuvre de Scavolini avant d'expliquer en quoi "Exorcisme tragique" se rattache à la tradition du giallo, tout en prenant ses libertés avec le genre.


Les Scènes inédites, bonus déjà présent sur l'édition Camera Obscura, totalise une durée de 04'54 mais en enlevant les débuts et les fins de plans qui permettent de situer les scènes, on obtient en réalité 2'32 de plans vraiment inédits. Quatre passages du film sont concernés :

- Gengher Gatti qui observe ses animaux au début du film et plus particulièrement le singe qui dévore l'oiseau :





- Gengher Gatti qui pose sur la table la tasse qu'Ida Galli vient de refuser de boire :





- La suite de la fameuse scène dans le sous-sol mentionnée plus haut :





- Shawn Robinson qui lave les pieds de son amant durant la fête orgiaque :





Exorcisme Tragique en mode VHS :



Comme indiqué plus haut, la version VHS (tirée de la cassette VIP en double programme avec "Terreur dans le Shangaï express" *) est recadrée et l'image est de piètre qualité... Pour nostalgiques uniquement !






On constate également 7 coupes :

05'20 : Ivan Rassimov qui arrive dans sa Porsche, demande son chemin à la fille assise sur le bord de la route puis repart (- 1'34) :





19'30 : travelling de la cheminée vers Shawn Robinson juste avant qu'Edilio Kim ne l'empoigne en lui disant "Cesse un peu de boire !" (- 3 secondes) :




29'55 : fin du plan sur le groupe qui descend les marches et leur arrivée dans la pièce désaffectée (-36 secondes) :





31'44 : fin de la phrase d'Ida Galli : "Mais ceci n'est pas tout" ("Mais ceci..." sur la VHS) + le plan sur la pièce illuminée par les éclairs (-3 secondes) :




38'06 : Ida Galli portant la robe de sa mère qui se regarde dans le miroir (- 6 secondes) :




63'39 : des plans dans le parc avant que Gengher Gatti ne se fasse tuer (- 11 secondes) :




70'12 : fin de la scène où Rassimov et Pistilli rebranchent le disjoncteur + début de la suivante où Edilio Kim découvre que Giancarlo Bonuglia et Pilar Velázquez sont sur le divan. Il manque la phrase : "Ne bougez pas, restez tranquilles". On entend juste "... quilles" sur la VHS ! (- 5 secondes) :




Le générique de fin dure également 20 secondes de moins.


Terminons ce tour d'horizon des bonus avec deux films annonces pour le film : l'italien (3'36) et le français (3'25) ainsi que ceux de "La Nuit des diables" (en italien, visiblement réalisé pour la sortie du film chez Le Chat qui Fume) ; La sœur d'Ursula (italien) ; Tropique du cancer (allemand) et Terreur sur la lagune (italien), trois films bientôt disponibles chez Le Chat qui Fume.





Bref, une superbe édition à ne pas manquer, vous l'aurez compris ! Comme pour La Nuit des diables, ce combo du Chat qui Fume n'a été tiré qu'à 1000 exemplaires… N'attendez pas qu'il soit trop tard !


PS : dans un souci d'exhaustivité, nous vous présentons également un comparatif de deux autres versions du film :

La version diffusé sur TPS Cinextrême en 2005 offrait une belle image restaurée, bien qu'un peu jaunâtre et légèrement recadrée :






Les différences dans cette version :

à 05'10 : le plan dans lequel Gengher Gatti regarde le singe dévorer l'oiseau a été remplacé par un plan (flou) sur le corbeau et un sur l'iguane… (Ces deux plans semblent identiques à ceux des "scènes inédites" présentées en bonus sur l'édition du Chat qui Fume) :





à 28'40 : la scène dans le sous-sol présentée comme "non-doublée" (voir plus haut) est coupée (- 11 secondes) mais les deux dernières répliques sont bien présentes :

- "Alors, je vais vous faire savoir ce qu'il y a dans le souterrain."
- "Paul !"






à 28'56 : il manque le début du plan sur le groupe qui descend l'escalier dans l'obscurité. (- 39 secondes) :




à 76'25 : le plan sur Giancarlo Bonuglia qui descend les escaliers a été coupé ! (- 6 secondes) :






La VHS italienne sortie chez Shendene / Nocturno dans la collection Morbosità propose une image remasterisée, assez proche de la version TV :






Une version hélas incomplète puisque, outre trois plans également absents de la VHS française (à 19'30 ; 29'55 et 63'39 : voir plus haut), il manque également une scène de 6 secondes lorsque Pilar Velázquez arrive au château (à 15'17) :




* Autres éditions VHS françaises :





Visuel "emprunté" à "Exorcismes et messes noires" de Jess Franco !
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sigtuna
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MessagePosté le: Jeu Sep 22, 2016 3:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

ça manque un peu d'illustrations / capture d’écrans frank_PDT_10


mario
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