Par le sang du démon
Genre: Horreur , Vampirisme
Année: 2006
Pays d'origine: France
Editeur: Nuit d'Avril
Auteur: Virginia Schilli
 

Virginia Schilli est une jeune auteure qui a dû beaucoup lire Anne Rice et qui s'en est inspiré pour écrire son premier roman. Certaines mauvaises langues diront assurément qu'elle à même trop fréquenté la fameuse dame aux vampires et que son livre en pâti quelque peu. C'est vrai mais c'est aussi faux.
Virginia Schilli est jeune, donc son style reste encore celui de ses lectures mais pas uniquement. Si je me permettais un élan de poésie maladroite, je dirais que l'écriture de cette auteure est pareille à un bourgeon à peine éclos. Et quel bourgeon !! Le printemps venu, je suis sûr qu'il donnera une fleur magnifique et qu'au fil des saisons littéraires il donnera un fruit succulent. Ecoutez plutôt la voix de cette conteuse aux accents sombrement gothiques...
Nous sommes au plein coeur du Moyen-Age, période sombre où les riches accumulent le faste et l'argent et où les pauvres restent misérables, attachés à une terre dure à cultiver et souvent stérile. La misère règne. Dans une masure au fond des bois, une jeune fille, très belle, fait tourner la tête à bien des hommes souvent violents. Mais cette jeune femme, qui déjà en son coeur porte une certaine violence et une certaine haine, n'a d'yeux que pour son demi-frère, le beau et fort Kethel. L'objet de toutes ses convoitises lui avoue enfin son amour et la prend aussitôt, violemment, au coeur d'une nature hostile.

C'est avec une plume toute féminine (et pas féministe) que Virginia nous dépeint la douleur de cette jeune femme amoureuse mais qui ne semble être alors traitée qu'uniquement comme un objet par un homme qui ne semble pas savoir la fragilité de la féminité. Mais la jeune femme est bientôt enlevée et violée par un autre homme encore plus cruel : Anders, le fils du terrible seigneur qui règne sur ces terres. Violentée et enlevée, la jeune fille est enfermée dans les sombres geôles du château. La pauvresse a toujours haïs les riches mais là , s'en est trop. Et encore le mot est bien faible. Alors qu'elle est en train de croupir dans sa geôle un étrange homme fait son apparition.
La jeune fille rêve de vengeance et veut prendre la place du fils du seigneur pour se venger et devenir ce qu'elle a toujours souhaité...
La jeune fille devient alors un terrible démon, un vampire avide de sang et rongé par des instincts encore humains et par la bestialité de cette nouvelle personnalité qui l'habite à présent. Elle vole le corps d'Anders mais la vengeance n'est pas encore assouvie pour autant et bientôt le remord ronge la jeune femme devenue mi-homme mi-démon.
Le livre de Virginia Schilli commence comme une sorte de huit clos sur lequel elle dépose un voile sombre et sensuel. Nous sommes alors plongés dans l'esprit de ce nouvel Anders, cruel vampire. Rempli de poésie et de sombres réflexions le style de Virginia nous transporte alors, avec toute la force d'un romantisme toujours bien dosé, dans les troubles méandres d'une pensée appartenant à un homme qui est aussi une femme, homme mi-ange, mi-démon.
Par le sang du démon est un roman qui se joue des frontières et des transformations qui s'opèrent autant dans le corps que dans l'âme. Frontière entre le bien et le mal, entre l'enfer et le paradis (ceci pourrait être illustré par la chute de ce séraphin corrompu devenant le démon), frontière entre l'amour et le sexe.
Transformation aussi : une femme qui devient homme, une femme qui devient démon et donc un ange qui devient diable. Dans son texte, Virginia y a mis toutes ses angoisses de jeune femme, que l'on pourrait très certainement ramener en des thermes plus simples que sont l'adolescence, la puberté, la découverte des corps etc... C'est donc avec une forte personnalité que l'auteure écrit son livre et ses feuillets nous entraînent alors dans un univers sombre et cet ouvrage s'avère être un moment important dans la littérature fantastique car éclosion d'une nouvelle plume.
Virginia Schilli joue sur le non-dit, les voiles troubles qui ici ne se déchirent pas mais qui s'entrouvrent plutôt délicatement. Virginia Schilli ne plagie pas Anne Rice, et quand bien même il faudrait la comparer à un autre auteur, je citerais plutôt Silhol même s'il reste encore à Virginia à s'affirmer. L'auteure crée ici véritablement son style et nous entraîne dans une histoire palpitante qui réserve bien des surprises au lecteur. Je ne vous dirais pas la fin de ce superbe roman mais attendez-vous à pénétrer vraiment un autre univers tendant presque vers le conte de fée cruel avec entres autres l'apparition d'une superbe banshee.
Un roman sur les vampires et les anges fabuleux, à lire à tout prix.

Note : 8/10

Le Cimmerien

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