Suprématie
Genre: Guerre , Science-fiction , Space-Opéra
Année: 2009
Pays d'origine: Canada
Editeur: Bragelonne
Collection: Science-Fiction
Auteur: Laurent McAllister
 

Dans un très lointain futur ou l'humanité a exploré une partie de la galaxie, les Suprémates, depuis leur planète natale Canterna, ont pratiquement conquis tous l'Amas, ne laissant à leurs victimes que deux choix: se retrouver avec des filtres de réalité qui leur feront voir le monde selon les idéaux suprémates ou bien mourir. Et devant leurs méthodes violentes, de plus en plus de planètes se résignent.

Bref, il y a peu de personnes qui osent encore s'opposer à eux. Mais parmi les irréductibles, il y a une énorme nef de guerre mercenaire, le Douhk, commandée par le capitaine Alcaino, un ancien suprémate. A son bord, on trouve également Lynga dont la planète a été conquise et qui en garde en souvenir une énorme trou au milieu du front, du à un coup de crosse donné par un soldat suprémate, la commandante Mallia ainsi que l'énorme intelligence artificielle Mnémosyne qui contrôle une grande partie de la nef ou encore les Rapunzel, des extraterrestres dont la planète a été envahie par les Suprémates

Lorsque la planète d'Art, qui comme son nom l'indique ne vit que pour et par l'Art, leur propose de les défendre des forces d'invasion suprémates, ils acceptent en se méfiant à peine. Leur victoire sur les forces adverses est totale et ils sont accueillis en héros. Mais à peine sont-t-ils repartis que la planète est totalement détruite par leurs ennemis jurés.

Alcaino va se préparer à une terrible vengeance...


"Suprématie", c'est du très gros space-opéra, on a l'impression que les auteurs on voulu faire tenir une très grosse partie des stéréotypes du genre dans un seul roman. Car en plus d'une nef de guerre suréquipée et d'un impressionnant empire interstellaire, on va croiser des arches peuplées de milliers de personnes, un savant fou âgé de plusieurs siècles vivant en ermite, des races extraterrestres dont les Rapunzels déjà cités mais aussi les Dikkiks, sortes de canards humanoïdes particulièrement violents.

Mais comme tout bon Nouveau Space Opéra, "Suprématie" a également une bonne dose de cyberpunk avec des IA surpuissantes, des réseaux informatiques, des mondes virtuels, des virus, des modifications corporelles dont les filtres de réalité, l'arme absolue des suprémates qui force donc leurs victimes à voir le monde comme il l'ont décidé et qui les rend incapables de la moindre initiative. Alcaino est le seul à ne pas avoir de ces implants, ce qui est pratiquement une tare dans ce monde, mais c'est ce qui fait de lui quelqu'un de particulier, capable de penser par lui-même et d'avoir des idées que les autres ne peuvent même pas esquisser...

Tout cela nous offre un spectacle superbe, hollywoodien si j'ose dire. Il faut dire qu'entre le prologue où on se retrouve en plein milieu d'une bataille spatiale dont l'un des intervenants joue avec les paradoxes temporels, la naissance d'une couvée de Dikkiks et la destruction de la planète d'Art, on en prend plein les yeux et on passe par toutes les émotions possibles.


Mais malgré cette volonté de résumer tout le space-opéra en un roman, aussi ambitieuse soit-elle, et toutes les scènes magistrales, Laurent McAllister n'arrive pourtant pas à offrir un grand roman, faute à un rythme chaotique et quelques flash-back mal placés. Du coup, on a l'impression que le roman n'est pas maîtrisé et laisse un sentiment de confusion.

De plus, le roman évoque de nombreuses idées mais ne les exploite pas vraiment et même celle de la domination et de la pensée unique, pourtant au centre du roman, ne semble pas particulièrement exploitée, même si elle nous offre un jolie paradoxe. Car Alcaino, qui déteste les Suprémates à cause de leur méthode, règne sur une couvée de Dikkiks comme un tyran. Mais le roman mène à réfléchir à une question: vaut-t-il mieux vivre dans une paix imposée par la force au prix de la liberté de penser ou faut-il garder sa liberté de penser ?

Le roman ne m'a pas semblé apporter de réponse, ni même le vouloir. En attendant, j'ai fait un très agréable voyage dans les étoiles à bord d'une nef de guerre impressionnante et en compagnie de sa population aussi hétéroclite qu'attachante. Je ne peux que vous conseiller d'embarquer à bord du Doukh si vous aussi vous avez envie de lire un palpitant  voyage intersidérale écrit à quatre mains...


Note : 7/10

Stegg

 

 A propos de ce livre :

 

- Sous le pseudonyme de Laurent McAllister se cache en fait deux auteurs canadiens Jean-Louis Trudel  et Yves meynard.

 

- Site de l'éditeur : http://www.bragelonne.fr/ 

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