Parasite
Genre: Science fiction , Horreur , Post-apocalypse
Année: 1981
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Charles Band
Casting:
Robert Glaudini, Demi Moore, Luca Bercovici, James Davidson, Al Fann, Freddie Moore, Vivian Blaine...
 

Nous voici en 1992, la guerre bactériologique a fait des ravages et c'est un monde alors désolé dans lequel l'être humain évolue. Monde dans lequel il doit (a priori) se battre un peu pour tout et n'importe quoi, surtout lorsqu'il n'est pas en bande. C'est dans ces conditions que le docteur Paul Dean, chercheur de son état, et dans une escalade sans fin dans la recherche scientifique, parvient à créer une drôle de petite bestiole carnivore, proche du vermisseau, mais qu'il ne tarde par à manipuler de façon peu responsable. En effet, l'un d'eux s'est même introduit dans son ventre, duquel notre Paulo a bien du mal à l'en extirper. Conscient de ses mauvaises manipulations, voici notre scientifique qui enfourne l'une des bestioles peu avenantes dans une thermo, pour se casser dans une bourgade désertique perdue dieu sait où aux fins fonds des States. Bled où ne semblent évoluer que les tenanciers, ainsi que quelques habitués d'un bar, dont un petit groupe de dégénérés belliqueux qui ont tôt fait de tenter de le dépouiller de ses biens, dont cette sacrée thermo qui peut-être renfermerait un peu de dope. Pas de bol, nos trublions vont surtout aider à lâcher dans la nature l'asticot porteur de contamination...

 

 

"Parasite" est un film qui, à la première vision, peut éventuellement faire (légèrement) illusion, mais dont on a tôt fait de faire le tour lors d'une seconde. Celui-ci possède quelques atouts indéniables, mais surtout se pare de nombreuses lacunes, parfois même gigantesques. Il fit alors, quoiqu'il en soit, les choux gras du déjà (sur)prolifique Charles Band, sur la seule idée de le tourner en 3D, avec pourtant assez peu de moyens, mais qui ramena au final dix fois la somme initialement investie. Idée mercantile s'il en est qu'on ne se hasardera pour autant pas de juger, si ce n'est pour dire qu'il convient de faire rentrer suffisamment de soussous dans la caisse afin de pouvoir produire le film suivant, et ainsi de suite. Rien de condamnable là-dedans, quoique, pourront en penser certains. Alors, je n'ai, je l'avoue, jamais pu voir le film doté du procédé susnommé, toujours est-il qu'on décèle d'un coup d'œil la plupart des scènes exploitées en tant que telles, qui du reste, doivent sans doute presque pouvoir se compter sur les doigts de la main. Ce serpent à sonnettes menaçant en plein désert filmé en gros plan, un homme empalé sur un grillage, avec un autre gros plan sur la tige qui sert de pal, une araignée qui marche lentement vers la caméra, la fameuse bestiole carnivore filmée en contre-plongée s'apprêtant à croquer de la mémère de chez plouc-ville, et encore quelques autres effets que j'ignore, mais sans doute assez peu nombreux, et surtout peu spectaculaires. Toujours est-il que si le résultat semble de prime abord assez avare, Charles Band récidivera l'année suivante avec un autre post-nuke en 3D, un peu plus fun celui-ci, mais pas vraiment meilleur pour autant, le bien nommé "Metalstorm", joyeux foutoir et démarque de "Mad Max" à tendance ‘fantasy', dans lequel des motos se mettaient même à voler. Autant dire que Charles Band n'a pas peur du ridicule, et c'est tant mieux penseront certains, qui peut-être auront raison. Sauf que sur la flopée de films que notre charlot réalisa et réalise encore à ce jour, peu tiennent vraiment la route. Ce n'est certes pas non plus le cas de ce "Parasite", qui oscille paradoxalement entre l'ennui et une sorte d'étrange fascination qui retombera vite comme un soufflé.

 

 

Ce dernier a cependant pour lui un certain cachet, notamment un assez beau scope, ainsi qu'une très belle photographie due à Mac Ahlberg qui lui aussi fut réalisateur pendant près d'une quinzaine d'années, pour livrer une succession de films érotiques dont les plus connus semblent être Fanny Hill" ou ""Justine et Juliette" (notre génial collaborateur Flint pourrait lui, vous en parler des heures). Une photographie donc assez étonnante, qui donne au film des airs de western australien, tant et si bien qu'on pourrait parfois croire le film produit au pays des Wallabies. D'autres qualités viennent également se greffer, comme la participation de Stan Winston aux effets spéciaux, accouchant d'une créature lorgnant sur l'ami "Alien" de H.G. Giger, mais qui fait surtout penser à celle que l'on trouvera dans le très sympathique et fauché (et bien meilleur que ce film-ci), "Deadly Spawn" alias "La chose" de Douglas McKeown. Rayon qualités, pour finir (ou presque) d'en faire le tour, il convient de signaler que la bande composée par Richard Band est excellente, et tiendrait presqu'en haleine à elle toute seule, ce que le film, lui en revanche, ne parvient jamais à faire, sinon du haut de ses 81 petites minutes, et surtout grâce à quelques scènes ou certaines petites idées plutôt décalées ou rigolotes sans lesquelles il ne serait vraiment qu'un petit pet de rien du tout dans le paysage bien encombré de la production horrifique...

 

 

Passé le préambule intrigant dans lequel notre chercheur se fait inoculer, sur fond rouge vif, le ver carnassier, il faut bien dire qu'il ne se passe vraiment pas grand-chose, et c'est à peine si l'on retient quelques scènes saugrenues, comme cette femme en passe de se faire violer, sauvée in extremis par notre (pourtant peu) vaillant chercheur, qui pour sa peine se mange des baffes. Ailleurs, Charles Band fait preuve d'un manque d'imagination gargantuesque, et défile sous nos yeux, un peu tout et n'importe quoi, surtout les clichés les plus éculés. On a droit à un agent tueur au service du gouvernement doté d'un pistolet laser ridicule, une bande de punks sauvages complètement cons, dont on a du mal à comprendre les motivations (eux aussi semble-t-il) ; on se farcit en même temps une histoire d'amour chiantissime et on ne peut plus convenue entre la serveuse (campée par la déjà inconsistante Demi Moore, avant prise de carrure) et Paul Dean (campé par un Robert Glaudini doté d'une gueule de traviole pas possible et qu'on reverra dans "L'alchimiste" du même Charles Band). On assiste également à quelques tristes nichons qui viennent se trimballer ici et là sans jamais émouvoir, et à la Demi Moore qui se prend quelques pains dans la gueule (pas volés). Puis l'on nous expédie une fin en trente secondes, montre en main, comme un suppositoire dans le cul.

Surnagent quelques petits plans gores pas trop mal fichus et qui relèvent par moments la sauce, sans que jamais pour autant le film n'acquiert le moindre rythme. Ce n'est certes pas la pire livraison du cinéaste, habitué à la médiocrité, mais l'addition reste vraiment petite, tout petite... Si bien que ce "Parasite" finit par ressembler au désert qui lui sert de décor avec, en sus, une histoire bancale et somme toute jamais palpitante.

On notera, pour l'anecdote, la présence de Freddie Moore, membre de quelques groupes de rock oubliés, et ex-mari de la Demi-portion ici présente au générique. Voilà tout.

 

 

Mallox
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