Krakatoa, à l'est de Java
Titre original: Krakatoa, East of Java
Genre: Aventures
Année: 1969
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Bernard L. Kowalski
Casting:
Maximilian Schell, Rossano Brazzi, Diane Baker, Brian Keith, Barbara Werle, Sal Mineo...
 

1883 - Le commandant Handson apprend qu'une épave contenant des milliers de perles est engloutie au large du volcan Krakatoa. Il part à bord du Batavia Queen, un vieux voilier, et accueille plusieurs personnes pour l'aider dans ses recherches.

 


Ce film d'aventures exotiques est basé sur un fait réel qui eut lieu le 28 août 1883 : l'explosion du volcan Perbuatan sur l'île indonésienne de Krakatoa (qui se situe en réalité à l'ouest de Java). La détonation fut entendue et ressentie jusqu'en Australie, provoqua une colonne de fumée de 75 kilomètres de haut et un tsunami qui fit sept fois le tour du globe (des perturbations furent enregistrées dans le golf de Gascogne, à 18 000 km de l'île), une explosion un million de fois plus puissante que n'importe quelle explosion nucléaire. A partir de ce fait historique et spectaculaire, les scénaristes essayent de broder une histoire d'aventures sans grand intérêt à base de trésor, le film devant se terminer en apothéose par la catastrophe. Pour mettre en image cette dernière, la production fait appel au français Eugène Lourié, touche à tout de génie qui fut notamment décorateur pour Abel Gance ("Napoléon") ou Jean Renoir ("La bête humaine", "La grande illusion"...), directeur artistique ("Shock Corridor"), spécialiste des effets spéciaux sur "Quand la Terre s'entrouvrira", mais aussi réalisateur avec des oeuvres comme "Le monstre du temps perdu", "Gorgo", "Le colosse de New-York" et "Behemoth The Sea Monster" ; bref, la personne idéale pour mettre en images, et en Cinérama s'il vous plaît, la plus grande catastrophe jamais contée ! Car il faut bien l'avouer, si le film reste un honnête divertissement sans prétention, il est surtout sauvé par la qualité de ses effets spéciaux.

 


Pourtant, les scénaristes n'ont pas hésité à cumuler les rebondissements et les personnages. En effet, le capitaine Handson (Maximilian Schell, tout sourire) a recruté pour sa chasse au trésor toute une petite équipe bien pittoresque : un jeune ingénieur inventeur d'une cloche de plongée, un plongeur scaphandrier drogué, quatre pêcheuses de perles philippines et deux aéronautes italiens. Ajoutez un groupe de forçats et la maîtresse du capitaine, dont le mari et son fils (plus un coffre plein de perles) avaient malheureusement embarqué sur l'épave, et vous aurez de quoi tenir pendant plus ou moins une heure trente. Pour faire monter le suspense, quelques manifestations aussi étranges que naturelles viennent perturber le voyage : oiseaux affolés s'enfuyant par milliers, explosion inexpliquée au large, sifflements aigus, chaleur insoutenable et poissons morts flottant à la surface. Quelques détails qui devraient mettre en garde l'équipage de la précarité d'une catastrophe, mais l'appât du gain semble plus fort que tout. De plus, pendant que tout ce beau monde s'active, les prisonniers en profitent pour se mutiner et prendre possession du bateau. Heureusement, le courageux capitaine Handson en viendra à bout, grâce à une lance projetant un jet de vapeur qui expulsera les mutinés du bateau. Mais les problèmes ne font que commencer, car le Krakatoa semble bien décidé à exploser à tout moment ; le capitaine Handson décide alors d'affronter vaillamment le tsunami sur les hauts fonds.

 


Pour diriger le casting, la production fit appel à Bernard L. Kowalski (1929-2007), surtout connu comme réalisateur de nombreuses séries cultes telles "Mission impossible", "Les Incorruptibles", "Rawhide", "Les rues de San Francisco" ou "Les mystères de l'ouest". Cependant, de temps en temps il fera quelques incursions sur le grand écran, qui ne sont pas inintéressantes. Ses trois premiers films sont des productions Gene Corman : "Night of The Blood Beast -1958" "Attack of The Giants Leeches -1959" et "Blood And Steel -1959". Puis, le réalisateur retournera à la télévision. En 1969, il est choisi pour ce fameux "Krakatoa". Suivront "Stiletto", un polar oublié avec Britt Ekland, et surtout "Macho Callahan", un western avec David Jansen. De 1971 à 1972, il réalisera toute une série de téléfilms : "Terror In The Sky", "Black Noon", "Women In Chains", "Two For The Money", "The New Healers", "The Women Hunter". En 1973, il signe son dernier film et surtout le plus connu, "SSSSSSnake", dans lequel un scientifique transforme le beauf Dirk Benedict en serpent. Il finira alors sa carrière à la télévision, où il travaillera sur des séries comme "Supercopter", "Baretta", "Magnum" ou "K2000". Techniquement, on ne peut rien reprocher à Kowalski, l'homme sait où il doit placer sa caméra, et le prouve à plusieurs reprises en nous gratifiant de quelques plans originaux (la caméra littéralement accrochée à la cage de David Keith). En plus il démontre une maîtrise insoupçonnée du cinérama (voir le plan où les deux actrices remplissent l'écran). Reste une direction d'acteurs un peu trop théâtrale, où chacun fait son petit numéro. Maximilian Schell, en clone de Charlton Heston, est plutôt bon. Dans ses bras musclés (!) on retrouve la belle et fragile Diane Baker ("Voyage au centre de la Terre"). Si Brian Keith (vedette de la série "l'Oncle Bill" - 138 épisodes de 1966 à 1971) interprète toujours le même personnage borné mais sympathique, par contre ce bon vieux J.D. Cannon (autre habitué des séries américaines) nous gratifie d'une aussi belle que courte interprétation (malgré un rôle tout à fait inutile), son rôle de bagnard se retrouvant malheureusement étouffé par les grosses ficelles du scénario. Un scénario qui a d'ailleurs bien du mal à captiver, et surtout à cacher quelques incohérences flagrantes. 

 

 

La dernière demie heure nous offre enfin le spectacle tant attendu, le réalisateur laisse alors la place à sa deuxième équipe qui, sous la direction d'Eugène Lourié, effectue un travail remarquable à base de maquettes et de modèles réduits. Les uns apprécieront le côté rétro et le charme des effets spéciaux, les autres ne verront là qu'un divertissement désuet et naïf. A l'aube des années septante, on peut considérer cette production comme l'un des derniers films d'aventures de la grande époque, et le précurseur d'un nouveau genre de films à grands spectacles : les films "catastrophes".

 

The Omega Man
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