Tous les garçons aiment Mandy Lane
Titre original: All The Boys Love Mandy Lane
Genre: Horreur , Slasher , Psycho-Killer
Année: 2006
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Jonathan Levine
Casting:
Amber Heard, Anson Mount, Michael Welch, Whitney Able, Edwin Hodge, Aaron Himelstein, Luke Grimes, Melissa Price...
 

Mandy Lane est si belle, si pure, si innocente... que tous les garçons la convoitent. Afin de la séduire, une bande de copains l'invite dans un ranch pour y fêter la fin des classes. Au rendez-vous : sexe, drogues, alcool... et un invité surprise, qui tente de mettre la main sur le plus convoité des trophées : Mandy Lane.

 

 

SPOILER : attention, les lignes qui suivent contiennent plusieurs informations sur le twist final !

"Tous les Garçons aiment Mandy Lane" est ce que l'on peut appeler une bête de festival, le film finissant par se trinballer une bien belle réputation d'ofni (objet filmique non identifié) ; ce qui ne lui porta pas chance puisqu'il connut de nombreux déboires de distribution, notamment au pays de l'oncle Sam, où le film dort au fond des tiroirs de son distributeur. En attendant, le film sort sporadiquement à l'étranger (Hollande, Angleterre).
Le voici donc qui débarque chez nous après moult hésitations (sortie cinéma ou pas), presque quatre années après sa réalisation, ce qui n'est pas toujours de bon augure. Présenté comme un slasher original doté d'un ton nouveau, soyons clairs : les amateurs du genre seront inévitablement déçus ! En effet, original et slasher sont deux termes antagonistes, le genre fonctionnant justement à plein régime suivant des règles immuables. Modifiez ces dernières et ce n'est plus un slasher, surtout lorsque le réalisateur cite comme principale source d'inspiration Larry Clark (le cinéaste des ados branchés baise et drogue) et "Elephant" de Gus Van Sant. Dans le style, difficile de faire plus éloigné du cinéma d'exploitation.
Sans révéler le twist final (immoral, et que la plupart auront compris très vite), nous avons ici affaire à une banale histoire d'adolescents (queutards, buveurs et drogués) qui tourne au tragique et finit dans le sang et la boue. Durant toute la première partie, nous avons droit à diverses situations mettant en avant les problèmes fondamentaux de nos jeunes protagonistes : se raser ou non la touffe, pourquoi mon copain ne veut pas me lécher la moule, l'importance de la taille du pénis...

 

 

Par la suite, les meurtres viennent nous tirer d'une léthargie qui commençait à nous envahir doucement mais sûrement. Il faut bien avouer que ceux ci sont souvent originaux et cruels, comme la pauvre Marlin obligée d'ingurgiter de force tout le canon d'un fusil de chasse après avoir pratiqué une fellation à son petit ami. A partir de ce moment, une ambiance trouble sous-jacente commence à se distiller ; un tueur rode, mais en dévoilant son identité assez tôt le réalisateur semble nous prévenir que les apparences pourraient être trompeuses !
Et Mandy Lane dans tout cela ! Et bien la belle au visage d'ange et aux formes généreuses observe tout ce beau monde d'une manière assez ambiguë, et son comportement n'est pas des plus irréprochables, comme le montre le début du film où l un de ses "prétendants" s'explose la tête sur le rebord de la piscine. Vous avez dit... manipulatrice ! La manipulation qui est bien sûr le nœud d'une intrigue qui tisse inexorablement sa toile, pour rapprocher les divers protagonistes de leur fin inéluctable. Certains auront seulement le temps de découvrir que l'amour était à leur porte, comme Chloé et Red, avant de disparaître. Mais la grosse différence ici avec le slasher (ou psychokiller, ce qui serait plus juste dans le cas qui nous intéresse), c'est l'inversion des valeurs puritaines du genre. Bien sûr, les braves jeunes du film boivent, couchent et fument de l'herbe, mais ils sont tout à fait inoffensifs, ce qui n'est pas le cas d'une certaine personne dont le comportement va s'avérer bien pire. Car ici, pas question de vengeance ou d'une autre forme de représailles, mais bien de gratuité, et d'une forme arbitraire de violence qui finit par mettre mal à l'aise (le tueur habillé en noir et bardé d'armes fait d'ailleurs penser à un certain fait divers sanglant qui s'est déroulé aux States). On se rapproche alors plus des "Chiens de Paille" de Peckinpah (et sa violence individuelle) que du slasher basique.

 

 

Mandy Lane est pure et vierge, mais à quel prix, jalousée par les filles qui doivent redoubler d'ingéniosité pour au moins retenir l'attention, à voir le comportement de nymphomane de Marlin, seul moyen qu'elle ait trouvé pour retenir son petit ami. Convoitée par les garçons qui voient en elle une citadelle inaccessible, sur laquelle se fracasse leur virilité, Mandy semble s'amuser, mais elle représente une belle figure de frustration et de faux semblants (reflet d'une Amérique d'apparence et d'esbroufe). Mandy aime-t-elle vraiment les garçons, ou préfère-t-elle les filles, comme le montre son attitude envers Chloé ? Plusieurs pistes nous dirigent vers cette conclusion (Mandy vit chez sa mère avec sa tante dans un univers de femmes) mais jamais le réalisateur ne nous donne de réponse, peut-être que Mandy elle même ne le sait pas, ou n'a pas envie de le savoir !
Soulignons l'excellente prestation de l'actrice Amber Heard qui interprète une Mandy Lane plus vraie que nature, à tel point que même lors de son interview elle n'a pas l'air complètement nette. On retiendra aussi Witney Able (Chloe) qui, malgré un rôle particulièrement ingrat de blonde droguée et complexée, réussit à rendre son personnage attachant, tout comme Aaron Himelstein. Le reste du casting disparaissant assez vite, on retiendra surtout Luke Grimes, particulièrement détestable, et Melissa Price dans un rôle sacrifié d'objet sexuel qui aurait mérité d'être plus développé, car véritable antithèse de l'héroïne, ce qui explique peut être sa disparition prématurée (c'est la première victime après 35 minutes de métrage). On peut regretter aussi le rôle totalement sous employé du contremaître, au potentiel (notamment sexuel) totalement sacrifié. On a l'impression qu'il est seulement là pour brouiller les pistes. En conclusion : bois, tire un coup ou fume un joint, mais par pitié ne reste pas sans rien faire, ou tu risques de finir comme Mandy Lane.

 

 

The Omega Man

 

En rapport avec le film :

 

# La fiche dvd Wild Side du film "All The Boys Love Mandy Lane"

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