Sans mobile apparent
Genre: Thriller , Policier
Année: 1971
Pays d'origine: France / Italie
Réalisateur: Philippe Labro
Casting:
Jean-Louis Trintignant, Dominique Sanda, Stephane Audran, Sacha Distel, Carla Gravina, Paul Crauchet, Jean-Pierre Marielle, Laura Antonelli, Gilles Segal, Erich Segal, Pierre Dominique, Michel Bardinet...
Aka: Senza movente / Without Apparent Motive
 

A Nice, Tony Forest et Pierre Barroyer sont tour à tour assassinés d'une balle en plein front tirée par un fusil à lunette. L'inspecteur Carella ne décèle aucun mobile apparent. Le seul lien entre les deux meurtres réside en la personne de l'astrologue Hans Kleinberg, qui officiait comme passeur des fonds de l'une et l'autre victime vers des comptes en Suisse. Kleinberg est lui aussi assassiné. La seule piste pour Carella est le carnet intime que lui a remis Sandra, belle-fille de Forest, où ce dernier notait ses rendez-vous avec ses nombreuses maîtresses. Y figurent le nom et le numéro de téléphone de Jocelyne Rocca, qui accepte de se rendre chez Carella, persuadée que cet ancien amant est revenu à de plus tendres sentiments à son égard. Mais le policier ne s'intéresse qu'à son enquête. Déçue, la jeune femme repart, avant de s'écrouler en bas de l'immeuble, frappée d'une balle en pleine poitrine. Carella repère aussitôt la fenêtre, de l'autre côté du port, où est posté le tireur. Il court à toutes jambes mais arrive trop tard.

 

 

Le stakhanoviste Philippe Labro a oeuvré comme journaliste (reporter pour Europe 1 et France Soir), homme de radio (il est le patron de RTL), écrivain, parolier (pour Johnny) et enfin réalisateur. Comme beaucoup de ses contemporains, Philippe Labro entretient une passion pour l'Amérique et le polar (voir "L'Alpagueur"). Ici, en plus de ses influences habituelles, le réalisateur, conscient ou non, emprunte divers stéréotypes du giallo : décors insolites (Nice) écrasés par le soleil brulant, la musique (un fois de plus excellente) d'Ennio Morricone et un mystérieux tueur ganté qui préfère cette fois les armes à feu (en fait une 22 long rifle) aux armes blanches. Soft d'un point de vue hémoglobine par rapport à ses homologues italiens, le film reste un thriller à l'atmosphère oppressante et sensuelle (merci à Carla Gravina et Stéphane Audran), dans lequel le réalisateur dresse un portrait peu flatteur de la bourgeoisie niçoise (dans l'ensemble composée de partouzeurs et de magouilleurs) et de ses institutions (voir les supérieurs de Carella proche du crétinisme). Pour l'aider sur le scénario et l'adaptation, Labro fait appel à un vieux complice, l'écrivain et parolier Jacques Lanzman (1927 – 2006) qui écrivit plus de 150 chansons pour divers artistes dont pas mal pour Jacques Dutronc, mais aussi pour France Gall, Sacha Distel, Pascal Obispo ou Bernard Menez. Il collabora avec Labro au scénario de quatre de ses films ("L'Héritier", "L'Alpagueur", "Sans mobile apparent" et "Le hasard et la violence").

 

 

Pour son film, Labro s'offre un casting de choix, l'inspecteur Carella est interprété par un Jean-Louis Trintignant toujours impeccable dans les personnages tordus (il n'arrête pas de se laver les mains tout au long du film), alors que Jean-Pierre Marielle est une fois de plus délectable dans le rôle d'un gentleman anglais. Le casting féminin n'est pas en reste avec l'une des actrices italiennes les plus chaudes de l'époque, Laura Antonelli (qui hérite malheureusement d‘un rôle de légume,) et la française Dominique Sanda (au regard étonnamment bovin ?). Mais il faut surtout signaler les apparitions de Carla Gravina ("L'Antéchrist"), à la mini jupe affriolante, et de la magnifique Stéphane Audran au décolleté hypnotique, son interrogatoire dans la voiture est un grand moment de voyeurisme. Petite curiosité : la présence du chanteur Sacha Distel, qui interprète une star de la télévision et devient la cible du tueur.
Un mystérieux assassin semble s'acharner sur le gotha Niçois. Heureusement, l'enquête échoue entre les mains de Carella, l'as des as de la police nicéenne, une enquête qui va le toucher personnellement puisque sa petite amie, interprétée par la bellissima Carla Gravina, sera abattue en plein jour devant son domicile. Ce qui permettra au policer (un pro de la gâchette) de blesser son adversaire dans une scène magnifique où Trintignant, l'arme au poing, parcourt le port de Nice à la poursuite du tueur. Impliqué plus qu'il ne l'aurait souhaité, Carella décide coûte que coûte de mener cette enquête à son terme.

 

 

L'inspecteur réussira par découvrir l'assassin, non sans quelques cadavres de plus. Evidemment, avant de se conclure, l'enquête partira sur une fausse piste (la fuite des capitaux à l'étranger), pour se recentrer sur le véritable motif de cette tuerie, la vengeance ! En effet, à la base se trouve une sordide histoire de viol collectif étouffé dans l'oeuf. Après le dénouement, l'inspecteur, dégouté par tant de gâchis, donnera sa démission sous le regard attristé de ses adjoints et les vaines tentatives de ses supérieurs de le retenir.
Les années septante on été pour la France l'occasion de signer quelques bons petits polars (et pas seulement des Delon et Belmondo), et "Sans mobile apparent" fait certainement partie des meilleurs, et le mérite en revient en grande partie à Monsieur Trintignant ("Le Grand Silence"), car son interprétation efface avec brio un scénario des plus conventionnels et une réalisation un peu coincée. Juste quelques mots pour signaler que la bande originale signée Morricone est un petit bijou qui reste parmi les meilleurs du maître.

 

 

The Omega Man

 

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