Cry of a Prostitute
Titre original: Quelli che contano
Genre: Polar
Année: 1974
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Andréa Bianchi
Casting:
Henry Silva, Barbara Bouchet, Fausto Tozzi, Vittorio Sanipoli, Mario Landi, Patrizia Gori, Pier Maria Rossi...
 

Lors d'un brutal accident de voiture, un couple et leur enfant perdent la vie. Il ne s'agirait que d'un banal fait-divers routier si après autopsie, le légiste ne faisait une macabre découverte. Le garçonnet était déjà mort avant la collision et pire : son corps servait de bagage humain à la mafia pour acheminer des tubes de cocaïne.
Un redoutable tueur à gages américain, Tony Aniante (Henry Silva), est engagé par d'autres pontes du crime organisé pour dessouder ces trafiquants de drogue sans morale.
Pour cela, il infiltrera la bande de deux Don rivaux pour mieux mettre le feu aux poudres d'une guerre des gangs imminente.

 

 

Capable du pire comme du moins pire, Andréa Bianchi apporte son parpaing à l'édifice du polar italien et en profite pour livrer peut-être là son film le plus réussi.
Curieusement, "Cry of a prostitute", ou "Quelli che contano" demeure un représentant du genre relativement passé sous silence par les fanas de calibre calabrais.
Curieux en effet car rien ne le prédispose à rougir de la moustache. Il est vrai que le film se distingue par son cadre inhabituel. Pour preuve, pas de commissariat romain, pas de prise d'otage de banque milanaise , encore moins de carambolage sur l'autoroute napolitaine puisqu'ici l'action est entièrement délocalisée en pleine campagne.
Les grillons et les ruelles escarpées de village en lieu et place des pétarades de vespa et des ruelles dégueulantes de bandits et d'ordure en tout genre.
L'impassible Henry Silva débarque donc dans la verdure pour la repeindre de rouge dans une intrigue qui renvoie à celle de "Pour une poignée de dollars".

Le rapprochement avec le cinéma de Leone et par extension avec le western ne s'arrête d'ailleurs pas là : par exemple, avant d'abattre ses diverses cibles, Silva entonne un étrange air entièrement sifflé, ceci avant de faire chanter sa pétoire troueuse de front. On peut noter aussi un face à face armé très spaghetti entre Tony Aniante et les sbires de l'un des Don en ligne de sa mire.
Pour le reste, on conserve les mêmes recettes : bastos, violence et nénés de pépées. Sur ces points, le père Bianchi ne fait d'ailleurs pas dans la dentelle de Douvres.
Si votre polar, vous l'aimez saignant, autant vous dire que vous serez au paradis du ketchup. Franchement gore, le film s'autorise un peu de tout : décapitation au tracto-pelle, autopsie de chiard, corps broyés sous un rouleau-compresseur.
Jusqu'à ce carnage peckinpahien dans la propriété de l'un des parrains où l'on dénombre une quinzaine d'hommes de main abattus au fusil de chasse dans un déluge d'impacts de balle complaisants.

 

 

La boucherie se conclut par une tête tranchée verticalement à la scie de chantier. Un débordement extrême pour l'époque annonçant la séquence la plus inoubliable du pourtant très crotteux "Horrible" de D'Amato.
Quant à la cuisson de votre steack Barbara, si vous l'aimez à point, sachez que la belle enfant fait exploser dans ce film tous les thermomètres de l'Enfer dans le rôle d'une prostituée, chasse gardée de Don Cantimo (Fausto Tozzi).
Le corps luisant sous la chaleur de l'été, les tétons constamment prêts à saillir de sa chemise trempée, personne ne reste indifférent. Pas même Silva le professionnel qui, à deux reprises, se la paie à sa façon, dit-il. C'est à dire que la première fois, il l'encule tout en lui maintenant la tête pressée dans les entrailles d'un porc. La seconde, il la viole dans une grange et lui balance son ceinturon dans la gueule. Bestiales, ces scènes le sont, à l'image du terrifiant Tony.
Vraiment pas un enfant de choeur çui là. Le scénario s'avérant un poil plus poussé qu'à l'ordinaire, il apparait que la froideur et l'inhumanité le caractérisant trouvent comme origine un trauma dans le passé du bonhomme.
D'étranges flashbacks incessants et empreints de violence en attestent.
"Cry of a prostitute" c'est donc ça : des moments de folie qui font parfois froid dans le dos mais qui au fond entrainent la jubilation du bissophile, ravi par autant d'attention apportée à ses instincts les plus vils.
En tout cas, une réussite à réhabiliter d'urgence.

 

 

Throma

 

En rapport avec le film :

# On note la présence de Mario Landi, coupable des méchants "Giallo a Venezia" et "Patrick vive ancorra", dans le costard d'un Don.

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