Phantom Planet, The
Genre: Science fiction
Année: 1961
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: William Marshall
Casting:
Dean Fredericks, Coleen Gray, Dolores Faith, Anthony Dexter, Francis X. Bushman, Richard Weber, Richard Kiel...
 

Pour son premier film, Richard Kiel, le futur Requin de L'espion qui m'aimait et Moonraker, s'est retrouvé accoutré dans un costume parfaitement ridicule de Solarite, une variété d'extra-terrestre agressive vivant sur une planète proche du soleil. Il aurait peut-être pu trouver mieux, comme costume en tout cas, mais le film lui-même est loin d'être une honte absolue, contrairement à l'étiquette de nanar qu'on lui accole ici ou là.

 

 

Situé dans le futur, c'est-à-dire en... 1980 ! (ben oui, le film date de 20 ans plus tôt !) The Phantom Planet raconte les déboires des astronautes américains aux prises avec une planète de la taille d'un gros astéroïde, presque toujours invisible et sur laquelle se sont crashées plusieurs fusées Pégase. Bien décidés à comprendre ce phénomène en vue de pouvoir poursuivre le travail de conquête spatiale, les officiers supérieurs de la base lunaire d'où partent la plupart des expéditions chargent le capitaine Frank Chapman de se lancer à la recherche de cette fichue planète et d'en percer le mystère.

Aussitôt dit, aussitôt fait, une superbe fusée (que d'aucuns qualifieront peut-être de sex-toy volant...) décolle d'une base (très belle maquette, même si on voit bien que c'est une maquette), pour que les hommes à bord, Frank Chapman et Ray Makonnen, puissent remplir leur mission. Un peu de jargon de pilote par ci ("modifiez l'azimut de 311 degrés et placez le sur une trajectoire écliptique"), quelques cadrans et boutons par là (joli cockpit, en effet), et voilà les deux militaires lancés dans l'immensité spatiale, à la recherche de l'inconnu et de l'invisible...

 

 

Une sortie dans l'espace plus tard, pour réparer la fusée (à l'aide d'un tournevis et d'une clé à mollette !), et Chapman, groggy, se retrouve seul à bord, Ray ayant été éjecté et promis aux limbes infinies. S'ensuit un atterrissage presque miraculeux de Pégase 4 et l'arrivée de Chapman sur Rheton (le nom de la planète fantôme) et la rencontre de son peuple, surprenant mais peu prolifique (une petite vingtaine de figurants à tout casser)...

On s'en voudrait presque de parler de la suite tant le plaisir du film vient de ces multiples petites surprises imaginées par les scénaristes : Chapman est un géant sur cette planète et les autres mesurent une vingtaine de centimètres ! Mais il rétrécit à vue d'oeil, à peine l'air du coin respiré, pour se retrouver à égalité avec les Rhetoniens ! Puis on le juge coupable d'un acte délictueux et on le libère pour sa peine ! Enfin, on le promet en mariage à l'une des deux plus jolies filles du coin, dont une muette (une qualité féminine trop rare), tandis que l'autre est la fille du chef de ces extra-terrestres, le vieux Sessom ! Enfin, il se retrouve provoqué en duel et promis à la désintégration s'il le perd !

 

 

Si elles ne sont pas toujours finement amenées ni très bien exploitées, la plupart de ces idées donnent au film un cachet éminemment sympathique et compensent largement la pauvreté de l'ensemble. Bon, évidemment, le point de vue est très américain, et l'officier US ne peut que conquérir les cœurs et prendre sa part dans la lutte contre les infâmes Solarites, mais ça fait partie du jeu et ça donne même une patine typiquement SF US à l'ensemble du film. Naïf et parfois presque enfantin, certes, mais plaisant et digne successeur des nombreux représentants du genre qui contribuèrent à l'essor de la SF dans les années 50, idéologie comprise. Et puis, comme tout bon péplum doit avoir un nain porté d'une seule main par un culturiste musculeux, tout bon film de SF classique doit avoir son craignos monster (très craignos ici) enlevant une jolie fille (très jolie ici).

Pour voir un tel film et l'apprécier, il faut donc être capable d'accepter des conventions imposées par les limites du budget (décors peu nombreux, costume de monstre de l'espace franchement craignos, maquettes et trucages trop souvent visibles) ; il faut aussi ne pas rechigner devant une mise en scène assez peu inventive et un jeu d'acteur souvent stéréotypé. Enfin, il faut être capable de voir les qualités cachées derrière les défauts, et même de voir les qualités que recèlent ces multiples défauts.
Les 82 minutes du film passent alors toutes seules, si l'on excepte une petite chute de rythme au moment du procès de Chapman et on peut même y retrouver tout ce que la voix off pleine d'emphase du début nous annonçait sous la forme d'interrogations profondes et quasi philosophiques (quasi, car faut pas exagérer non plus) : "Qu'est-ce que la Terre, comparée à ces innombrables autres mondes ? Est-elle la plus avancée ou n'est-elle qu'un fétu de paille qui flotte dans le vaste océan de l'univers ?" Au fil du récit, on apprendra qu'elle est loin d'être la seule planète habitée et que des extra terrestres menant une vie aussi primitive que ceux de Rheton peuvent pourtant être bien plus avancés sur le plan technologique !

 

 

"Est-il possible que les conditions atmosphériques de certains milieux conditionnent la forme ? Et, dans ce cas, y a-t-il des géants ? Et l'inverse est-il possible ?" Si l'on ne voyait pas trop ce que le speaker voulait dire par là sur un fondu d'images de galaxies et de constellations lointaines, on le comprendra en découvrant la petite taille des habitants de la planète Rheton et le contraste avec celle des Terriens.
"Que nous réserve le futur si l'histoire que vous allez voir maintenant n'est que... le commencement ?" Bonne question, mais le film n'ayant pas été le premier opus d'une longue série, on peut penser que sa fin relativement ouverte n'aura pas profité à ses auteurs qui pensaient probablement pouvoir la ré-exploiter par la suite. Dommage d'ailleurs, à l'image de Frank Chapman, le vaillant astronaute US de retour sur Terre, on aurait aimé y retourner sur cette planète fantôme...

Bigbonn

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