Faiseur d'épouvantes, Le
Titre original: The Manitou
Genre: Horreur , Fantastique , Possession
Année: 1978
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: William Girdler
Casting:
Tony Curtis, Michael Ansara, Susan Strasberg, Jon Cedar, Stella Stevens, Burgess Meredith...
 

Karen Tandy doit se faire enlever une tumeur qui est mystérieusement apparue dans son cou. En fait, la tumeur s'avère être un foetus ; les médecins décident alors de l'opérer. Ayant un mauvais pressentiment, elle va retrouver son ex-compagnon Harry (un diseur de bonne aventure) et lui demande de l'assister lors de l'opération. Mais lorsque les médecins tentent de l'opérer...

 

 

The Manitou est le premier roman écrit par l'écossais Graham Masterton, considéré comme l'un des papes de la littérature fantastique anglo-saxonne contemporaine. Immédiatement après sa parution, le livre devient un best seller. Pourtant, malgré la profusion de son oeuvre (soixante dix romans, dont une trentaine dans le créneau fantastique), Masterton ne connaît pas le succès "grand public" d'un Stephen King, The Manitou restera la seule adaptation à ce jour de l'une de ses histoires. Suite au succès littéraire de The Manitou, Masterton écrira quatre suites (La vengeance du Manitou, L'ombre du Manitou, Du sang pour Manitou et Peur aveugle) et deux nouvelles (Le retour du Manitou et L'enfant de la nuit).


L'idée de Masterton est intéressante et originale, à savoir remplacer l'assyrien Pazuzu par l'amérindien Misquamacus, un "homme-médecine" qui aimerait se réincarner à notre époque en "poussant" sous la peau d'une charmante et innocente jeune femme. Ce Misquamacus n'est pas encore un démon mais demeure une sorte de ponte dans le milieu de l'occulte amérindien, car il a déjà réussi cinq réincarnations (à la huitième, vous devenez un démon !). Son but est d'anéantir notre monde de blancs pour se venger des atrocités et injustices commises contre son peuple. Pour cela, il va invoquer divers démons, dont la version indienne du Diable.

 

 

C'est lors d'un voyage en avion que le réalisateur William Girdler lit un exemplaire du roman. A son arrivée, il appelle immédiatement son associé pour obtenir les droits d'adaptation, ce qu'il fait pour la modique somme de 50 000$. The Manitou fait partie de la carrière hollywoodienne de Girdler, qui bénéficie ici de son plus gros budget. Spécialiste de la série B, le réalisateur s'est toujours avéré un conteur né, sachant exploiter des scenarii peu originaux (voir "Grizzly"). Si Girdler ne perd pas son sens du cadrage (très belle image de San Franscisco) et des décors (voir l'hôpital), il n'évite malheureusement pas un certain ridicule qui, au cours des années, a hissé son film au panthéon des plantureux nanars. En effet, le pauvre réalisateur s'est engouffré dans tous les pièges que pouvait réserver ce genre d'adaptation, Masterton étant réputé pour ne reculer devant aucun délire ; certains qualifiant ses romans de séries B, il est parfois difficile de restituer à l'écran ces divagations sans tomber dans le ridicule. C'est malheureusement ce qui fait Girdler, avec un premier degré imperturbable complètement en opposition avec la prestation de dandy rigolo de Tony Curtis (comme si réalisateur et acteur travaillaient sur deux films différents).
Heureusement, Susan Strasberg demeure crédible dans son rôle de victime, et Michael Ansara reste sobre dans un rôle d'indien des plus stéréotypés (ce qui lui vaudra une nomination au Saturn Award). Si le film comporte quelques scènes réussies, comme l'apparition du fameux Misquamacus sortant littéralement d'une table lors d'une séance de spiritisme, ou son accouchement, il propose aussi une kyrielle de scènes complètement décalées (la chambre tapissée d'étoiles représentant le cosmos, la vieille dame qui lévite dans le couloir) qui élève le film à un niveau comique rarement atteint dans le genre (on pense inévitablement à Ghostbusters).

 

 

Mais la plus grosse surprise demeure l'aspect du fameux Misquamacus : un nain très laid et teigneux comme pas deux, qui décide de foutre un maximum le bordel dans l'hôpital, avant de s'attaquer au monde. Pour sa défense, il est vrai que dans notre soi-disant monde civilisé, être petit, très laid et indien n'est pas vraiment un atout. Pas étonnant que Misqua ait les boules ! Face à lui, pour sauver le monde, on trouve un pseudo médium légèrement escroc, un homme médecin contemporain et un docteur complètement dépassé par les événements. Le combat pour la survie de notre planète va donc commencer dans les couloirs transformés en congélateur par l'homme médecine (voir l'infirmière devenue une statue de glace). Mais comment pourront-ils arrêter le vilain pas beau ? Tout simplement en utilisant les esprits des machines (chez les indiens, même les objets ont un esprit) qui vont s'incarner dans le corps de la pauvre Karen, dont la chambre se transforme en champ de bataille intergalactique. Girdler, sans aucune retenue, nous assène alors l'un des finals les plus décalés du genre, où les démons se battent à coups de laser et d'effets optiques, on a l'impression d'être dans le "Hercules" de Luigi Cozzi !


Ainsi, s'il est notoirement reconnu comme raté, le film possède un incroyable capital sympathie qui ne cesse d'augmenter avec sa rareté, certaines personnes allant même le qualifier de classique. Sans aller jusque là, il est vrai que The Manitou, s'il n'est pas une grande réussite, est particulièrement réjouissant et foncièrement sincère (très bon travail du directeur photo et du maquilleur Tom Burman), à un point tel qu'il en deviendrait presque incontournable !

 

 

The Omega Man

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