Mala, amore e morte
Genre: Thriller , Policier , Comédie
Année: 1977
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Tiziano Longo
Casting:
Femi Benussi, Gianni Macchia, Gabriella Lepori, Massimo Mollica, Tony Askin...
 

Rome. La respectable madame Adalgisa Belli (Françoise Prévost), propriétaire de la pension Mimosa, est abattue en pleine ville par une bande de tueurs. Alors que la police a investi la pension en quête d'indices, débarque de sa province la blanche oiselle Marisa (Femi Benussi), nièce de la défunte. Persuadée que celle-ci est décédée d'une attaque cérébrale, elle prend possession des lieux (vidés de ses occupants) dont elle vient d'hériter. La première nuit commence mal, puisque sur les coups de minuit elle tombe nez à nez avec un inconnu menaçant qui se figure que la nièce est au courant de supposées activités cachées qu'aurait entretenues Adalgisa. Peu après, Marisa trouve ledit inconnu raide mort et, aux pieds du cadavre, un nouvel intrus (Gianni Macchia) d'aspect engageant et aux manières plus courtoises. Serviable, il lui propose de faire disparaître le corps, ce qui sera fait. L'avalanche d'événements invraisemblables se poursuit le lendemain avec l'irruption à la pension d'un aristocrate douteux et de sa clique qui s'y installe de force. Or, ces importuns ne sont autres que les tueurs de la tante... Quel secret cachait-elle ?

 

 

Mala, amore e morte. Voilà un film aussi hybride que l'annonce son titre programmatique (qui se traduirait par : "Marloux, amour et mort") empruntant à différents genres sans jamais réussir dans aucun. Polar quasi sans meurtre, thriller qui ne fait pas peur, ou bien encore comédie romantique pas drôle, sous quelque angle qu'on l'examine, ce film se révèle décevant.
Ainsi, pour ce qui est des malfrats du titre, aura-t-on droit pour l'essentiel aux tueurs de carnaval précités qui s'agitent en tout sens sans jamais paraître dangereux ; l'amour quant à lui se réduira à l'inévitable romance entre la belle Marisa et son Roméo (encore faudra-t-il attendre la soixante-dixième minute pour assister à sa consommation – à se demander s'ils ne se forcent pas pour nous faire plaisir) ; de mort enfin, les ressorts laborieux de l'intrigue n'en révèlera finalement qu'une ! Il ne serait pas question non plus de parler d'un film d'auteur, tant son réalisateur s'annonce dépourvu de toute personnalité et d'originalité.

Dans l'abondante production du cinéma populaire transalpin, on aura certes vu nombre de tâcherons enchaîner les films de commande sans réelle passion mais cependant, il y mettaient presque toujours ce savoir faire minimum qui permet au produit fini de malgré tout "se laisser regarder". Tiziano Longo, l'obscur signataire de ce film (qui semble avoir également officié en tant qu'acteur et producteur), ne maîtrise visiblement aucune des notions élémentaires requises pour susciter l'intérêt du public, telles que le sens du rythme et de la tension dramatique, ou l'art du découpage. Adepte mal inspiré du plan fixe (quand il ne s'aventure pas dans le plan-séquence), il nous en livre à la pelle, toujours répétitifs et ennuyeux (agrémentés parfois de zooms intempestifs), qu'il entasse les uns sur les autres.
Alors qu'on pouvait attendre de ce scénario pas si mal ficelé une comédie macabre à l'anglo-saxonne, le film dévie inexorablement vers le néant et il est difficile de ne pas s'endormir devant cette chasse au magot habillée en marivaudage pénible (car c'est de cela qu'il s'agit) complètement anémiée. Il faut préciser également que le film a pour cadre principal la pension de famille dont le décor (avec meubles en acajou, napperons, potiches et chat sur la cheminée), peu sujet à provoquer l'angoisse, exhale plutôt l'odeur du renfermé et de la naphtaline.

 

 

Emplissant la bouches de ses protagonistes d'interminables dialogues explicatifs ou sinon de pure convention, notre réalisateur ne paraît pas soucieux de leur brosser ne serait-ce qu'une esquisse de psychologie. Aussi les personnages ne sont-ils que des fantoches dont on ne s'explique ni le caractère ni les motivations.
La dimension sexy promise par la présence de Femi Benussi dans le rôle principal est tout aussi décevante, à cause toujours de ces déficiences techniques. Par exemple cette scène : notre héroïne livrée dans un club lesbien à une cérémonie initiatique consistant à se faire effeuiller en public sur la piste de danse, plutôt émoustillant non ? Mais las, notre homme filme ça si platement qu'il échoue à faire monter la sauce tandis qu'au surplus pour gagner du temps, il montre en parallèle les investigations du héros auprès des employées du club. Un fiasco.

Plus généralement, le réalisateur semble avoir été trop confiant dans la photogénie de son actrice qui est de tous les plans (larges, rapprochés, américains) et qui paraît avoir sensiblement inspiré son chef opérateur. La comédienne malheureusement ne l'a pas autant été par le script qu'on lui a concocté.

 

 

Il est vrai que la jolie Femi Benussi, starlette familière des sexy comédies et jamais avare de ses charmes, hérite là d'un personnage stéréotypé guère exaltant. Elle compose une ingénue indolente et exhibitionniste dont le manque d'esprit confine à l'idiotie (heureusement son partenaire sagace est là pour lui faire régulièrement un point sur la situation). Trimbalant ses formes potelées dans une collection de peignoirs rikiki qu'elle s'empresse d'enfiler pour mieux les ôter l'instant d'après, la Benussi nous prouve qu'elle sait jouer toute l'étendue de la gamme des émotions humaines.

Ainsi une scène récurrente du film se déroule invariablement de la façon suivante : Femi Benussi a sommeil (émission d'un soupir), elle se déshabille et s'étend sur son lit (expression d'apaisement), elle entend un bruit (épaules prises d'un soubresaut), elle passe un peignoir et se dirige vers la porte (appréhension) l'ouvre et... mon Dieu un homme ! (yeux écarquillés, bouche ouverte). Du grand art... Son partenaire, Gianni Macchia (qu'on aura vu plus inspiré chez Di Leo), vient gonfler les rangs du bataillon bien fourni des jeunes premiers têtes à claque. Mi beau ténébreux mi grand dadais, l'expressivité de son regard évoque irrépressiblement celle d'un veau marin.
Quelques notes d'une musique insipide viennent soutenir mollement ce spectacle assommant à réserver exclusivement aux admirateurs de la gironde Femi Benussi (et encore, dans sa frange extrême tendance canal historique). On se permettra d'affirmer en guise de conclusion que Mala, amore e morte fait partie de ces films méconnus... qui gagneraient à le rester.

 

 

Note : 4/10 (pour Femi Benussi)

 

Pierre

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