Rouge sang (1984)
Titre original: Sudden Death
Genre: Rape and revenge , Policier , Vigilante , Thriller
Année: 1984
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Sig Shore
Casting:
Denise Coward, Frank Runyeon, Jaime Tirelli, Robert Trumbull, Rebecca Hollen...
 

New-York - Une jeune femme à qui tout semblait réussir s'embarque dans le mauvais taxi et se fait violer. Devant l'inefficacité des autorités, elle décide de rendre elle-même la justice.

 

 

Au début des années 80, Clint Eastwood réalise le quatrième opus de la saga des Dirty Harry, intitulé "Sudden Impact". L'inspecteur croise le chemin d'une femme victime d'un viol collectif et qui exécute froidement ses agresseurs. Le film fait un carton et l'idée d'une femme justicière semble faire son chemin dans l'esprit d'un certain Sig Shore, producteur et scénariste de la série des "Superfly", dont il réalisera un épisode tardif en 1990.
L'homme ne manque pas de ressources et écrit un scénario intitulé tous simplement Sudden Death. Ajoutez une affiche racoleuse comme on les aime, où la belle actrice Denise Coward (Miss Australie 1978) pose un flingue à la main, et le tour est joué. L'idée n'est pas nouvelle, contrairement à ce que voudrait nous faire croire l'affiche "The First Woman Vigilante". Les années septante ont été assez prolixes dans le genre, même si la plupart se rattache au "rape & revenge", comme Thriller, "Act of Vengeance", "Lovely but Deadly", "Coffy" ou "Foxy Brown"... Dans les années quatre-vingt, le "rape & revenge" s'accouple au "vigilante" pour enfanter dans la douleur de quelques perles comme "L'ange de la vengeance", le plus emblématique étant le cultisme Savage Streets, dans lequel Linda Blair chassait les violeurs de sa soeur à l'arbalète. Même la belle Brigitte Lahaie flirtera avec le genre dans "L'Exécutrice".

 

 

La jolie Denise Coward interprète quant à elle Valerie Wells, une "working girl" new-yorkaise qui va malencontreusement croiser le chemin de deux individus particulièrement mal intentionnés venant de voler un taxi. Pas de chance, c'est ce taxi là que Valérie va choisir.
Inutile de dire que la pauvre va passer un mauvais moment. Mais cette dernière ne se laisse pas faire et griffe au sang son agresseur, dans une scène de viol particulièrement gratinée qui vaudra au film quelques problèmes avec la censure. La pauvre fille est tellement peu coopérative qu'elle sera éjectée manu militari du taxi et achevée à coups de pieds sur le trottoir. Le résultat est des plus atroces.
La malheureuse victime se remet doucement de son agression mais perd son petit ami et s'impatiente devant la lenteur du système judiciaire (refrain connu !). Elle décide alors de prendre les choses en main. Elle achète un revolver, dont elle incise la pointe des balles (pour info, n'importe quelle balle chemisée avec un noyau en plomb ou un autre métal mou peut être transformée en dum dum, en pratiquant des incisions au niveau de la pointe afin d'exposer le noyau.), et se met en quête de proies. Chose des plus aisées, car il suffit que la belle sorte remuer son popotin dans la rue pour qu'une bande d'excités vienne lui tourner autour.

 

 

Malheureusement, Valerie va s'apercevoir que jouer les justiciers comporte certains risques. Sa première cible va presque la violer une deuxième fois, car la belle a tendance à trop flirter avec le danger, comme lorsqu'elle se fait embarquer dans une camionnette par deux individus plus que louches. Pourtant, les résultats sont là et la belle se fait surnommer par la presse "the dum-dum killer".
Cette soudaine notoriété va attirer l'attention d'un jeune policier qui n'est pas insensible aux charmes de Valerie. Comme dans beaucoup de films de l'époque, New-York nous est présentée comme une ville dangereuse, où tous les hommes se promènent la queue à la main, n'attendant qu'une occasion pour violer de jeunes et jolies filles. Heureusement, il reste quelques spécimens de bonne éducation, comme ce gentil policier qui va faire redécouvrir le plaisir à notre justicière qui, pour le remercier, lui sauvera la vie.

Techniquement, on est plus proche d'un téléfilm, la violence en plus. Hélas le film de Sig Shore ne tient pas ses promesses, malgré un canevas des plus alléchants. Les scènes d'action manquent singulièrement de souffle et d'ampleur, on est bien loin des délires déviants d'un Michael Winner . Denise Coward est mignonne à croquer (une sorte de Teri Hatcher sans le regard bovin) et les quelques scènes où elle joue les exécutrices sont réussies ; mais, malheureusement, elles sont un peu trop rares, dommage car le film avait un potentiel. On passe donc à côté d'une belle version féminine de "Death Wish".

 

 

The Omega Man

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