Caligula et Messaline
Genre: Erotique , Peplum
Année: 1981
Pays d'origine: Italie / France
Réalisateur: Bruno Mattei (co-réalisé par Antonio Passalia et Jean-Jacques Renon)
Casting:
Vladimir Brajovic, Betty Roland, Françoise Blanchard, Anthony Pass, Raoul Carraro, Piotr Stanislas, Gino Turini...
Aka: Caligula and Messalina / Caligula's Perversions / Caligola e Messalina
 

Caligula, qui règne à Rome, mène une vie de débauche. Il est séduit puis fasciné par Messaline, une courtisane sensuelle. Après avoir accédé au trône, cette dernière se révèle être encore plus ambitieuse et perverse que l'empereur lui-même.

 

 

S'il y a deux figures emblématiques de l'antiquité qui cristallisent toutes les déviances et les perversions, c'est bien Caligula et Messaline. De plus, le fait qu'ils soient l'un et l'autre des figures historiques n'a fait qu'attiser l'imagination de certains. La désastreuse réputation des deux personnages s'est accentuée au fil du temps : littérature, théâtre et enfin cinéma n’ont rien fait pour arranger les choses, éloignant de plus en plus le mythe de la réalité. Si pendant l'âge d’or du péplum, Caligula fut relativement épargné, faisant plus de la figuration, Messaline apparut sous divers aspects dont celui de Belinda Lee dans le film éponyme. A la fin des années septante, la sortie du film "Caligula" de Tinto Brass et ses problèmes avec la censure vont attirer de nouveau l’attention sur le jeune empereur, mais le film va surtout lancer un nouveau genre : le péplum érotique.

 

 

L'idée est de mettre en scène de grandes figures historiques (Néron, Poppée, Cléopâtre,...) dans des pantalonnades grivoises au bon goût douteux. Cependant, l'âge d’or du péplum étant fini depuis un bout de temps, comment reconstituer cette époque sans trop casser sa tirelire ? Facile ! Achetez un stock de sandalettes dorées au Monoprix du coin (choisir les plus kitchs possibles), pillez la garde robe du théâtre local et tant que vous y êtes empruntez quelques accessoires (statues, glaives,..), repérez quelques décors vaguement anciens et, pour allonger un peu la sauce, ajoutez quelques scènes de foules ou de combats venant d'anciens films... Cela tombe bien puisque les caves de Cinecittà regorgent de vieux péplums. Ensuite, rassemblez quelques acteurs amateurs, des starlettes et quelques figurants, trouvez un réalisateur pas trop pointilleux et capable de diriger tout cela sans trébucher. Après une fine analyse, un nom semble incontournable, celui de Bruno Mattei et cela tombe bien : le réalisateur est en plein dans sa période petites fesses et foufounes en folie ! Ainsi, entre deux nunsploitation, "L'Autre enfer" ("L'Altro inferno") et "Les Novices libertines" ("La Vera storia della monaca di Monza") et deux WIP avec Laura Gemser, "Pénitencier de femmes" ("Violenza in un carcere femminile") et "Révolte au pénitencier de filles" ("Emanuelle fuga dall'inferno"), le réalisateur se lance dans cette nouvelle aventure en réalisant coup sur coup avec la même équipe Caligula et Messaline et "Les Aventures sexuelles de Néron et de Poppée" ("Nerone e Poppea").

 

 

Evidemment, le script est loin de la vérité historique, ainsi Caligula et Messaline ne se sont jamais mariés, mais l'ensemble garde quand même la chronologie des événements : mort de Caligula, mariage de Claude et Messaline, mort de Messaline, mariage de Claude et Agrippine. De toutes façons, cela a peu d'importance, pourvu que tout le monde fornique dans tous les coins, et de ce point de vue, le film remplit allégrement son cahier des charges, le réalisateur veillant à repartir de manière régulière les scènes de fesses. Mattei ayant la réputation de ne reculer devant aucun obstacle, le réalisateur italien va donc se faire une joie d'illustrer à sa manière le règne et la déchéance de l'empereur. Comme dans cette scène d'orgie où l'empereur, trônant fièrement au milieu de ses convives, se fait sucer par une esclave ondulant de la croupe. Par la suite, tous les stéréotypes y passent : zoophilie (avec une prédilection pour les équidés), homosexualité, viol, nain, émasculation d'un gladiateur, etc. Bref, la monotonie s'installe, Mattei décalque certaines scènes du film de Brass, comme la scène où l'empereur s'invite à une cérémonie de mariage et viole les époux, ou le couronnement de son cheval...

Après une heure de métrage, l'empereur est enfin exécuté. Nous suivons alors les manigances de Messaline et d’Agrippine pour avoir les rênes du pouvoir (c’est-à-dire la couche du nouvel empereur Claude), le film commence alors à s'étirer et devient tout simplement ennuyeux. Heureusement, le tout est entrecoupé d'extraits d'une multitude de vieux péplums et l'érudit peut passer son temps à chercher les films d'où ils sont tirés ! On reconnaitra "Le Colosse de Rhodes", "Les Derniers jours de Pompéi", "Hannibal", etc.

 

 

Peu d'acteurs professionnels dans ce film : Vladimir Brajovic et Betty Roland n'ayant tourné que deux films chacun. A leurs côtés, la regrettée Françoise Blanchard fait office de 'vétérane'. En effet, l'actrice française a réussi à faire toute sa carrière dans le film de genre en France dans les années 80, ce qui est un tour de force. Elle tournera avec Jean Rollin ("La Morte vivante", "Les Trottoirs de Bangkok", "La Nuit des horloges",...), Alain Payet ("Les Amazones du temple d’or", "L'Emir préfère les blondes"), et Jess Franco période Eurociné ("La Chute de la Maison Usher", "Sida la peste del siglo XX"). En sondant un peu plus le casting, on retrouve l’inoubliable Gino Turini ("La bestia in calore" alias "Holocauste Nazi" ou "Armes secrètes du III Reich") ou Fanny Magier, autre égérie de Jean Rollin (Fascination, "La Morte vivante").

Le film est produit par Antonio Passalia, ancien acteur et producteur de Chabrol ("Le Cri du hibou") qui s'octroie le rôle le plus intéressant, celui de l'empereur Claude. Suivant les versions et les pays, le générique mentionne soit Antonio Passalia (alias Anthony Pass) ou Jean-Jacques Renon à la réalisation mais c'est bien Bruno Mattei le réalisateur. Beaucoup moins gore que la version de Tinto Brass ou de son compatriote Joe d'Amato (Caligula : la véritable histoire), le film de Mattei est une oeuvre érotique et kitch qui ne décolle jamais, c’est tout le problème de ce sous-genre mort né inspiré par un film déjà affligeant (Peter O’toole syphilitique !) et guère bandant (Helen Mirren nue ?), mais il faut reconnaître que Mattei a déjà fait pire et malgré son budget anémique, le film dégage un certain charme désuet. De là à résister aux 110 minutes de la version longue, il y a un pas que certains auront peut être du mal à franchir.

 

 

The Omega Man

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