Final Score
Genre: Action
Année: 1986
Pays d'origine: Indonésie
Réalisateur: Arizal
Casting:
Christopher Mitchum, Mike Abbott, Ida Iasha, Andre Mathias, Siska Widowati...
Aka: Strike Commando / Elegy of a Massacre
 

Richard Brown est un vétéran du Vietnam qui travaille maintenant dans l'électronique. Installé avec sa famille en Indonésie, il compte y fonder une sorte de Silicon Valley locale. Mais un trafiquant de drogue, qui est aussi intéressé par le projet (pour blanchir son argent), décide de l'éliminer. Il envoie alors une bande de tueurs, mais l'expédition punitive tourne au fiasco et la famille de Brown est massacrée.

 

 

Le cinéma, c'est un peu comme la cuisine : parfois, ce qui fait toute la différence vient de l'assaisonnement. C'est le cas de ce film d'action dont le réalisateur n'a pas hésité sur les piments ! A la base, nous avons le scénario basique de tout film de vengeance : la famille du héros se fait exterminer, le fiston est abattu sans sommation et la femme sera violée à la chaîne par tous les malfrats du groupe. On notera cette touche d'humour noir lorsque les méchants pénètrent dans la demeure les armes au poing ; le gamin se précipite d'admiration vers eux en demandant si ce sont des vraies. En tout cas, la baffe qu'il reçoit en réponse en est bien une. A partir de là, le script ne s'encombre plus avec la digression et va à l'essentiel : exterminer les méchants.
Et comme chacun est le chef d'une bande, la suite alterne donc fusillades, poursuites en voitures et tortures, avec un faible pour les explosions ! La seule originalité (aussi prévisible qu'un renard dans un poulailler) sera l'aide imprévue d'une jeune femme infiltrée dans le gang pour venger sa soeur, et qui aidera notre héros puis (accessoirement) tombera dans ses bras avant de périr sous les balles.

 

 

Chris Mitchum est un héros sans remords qui n'a aucune pitié et n'a rien à perdre. La vengeance tourne ici au carnage organisé, notre héros ne s'arrêtant jamais, écumant l'archipel de fond en comble.
Le cinéma populaire indonésien étant basé sur une bonne dose de masochisme (voir "The Warrior"), le brave Mitchum sera battu et subira une folklorique séance de torture à base de tisonnier chauffé au rouge, qui finira dans le postérieur d'un affreux tortionnaire. Le réalisateur, connu pour ses débordements, demeure cependant assez soft ; on notera néanmoins le pauvre type dans une voiture qui se prend carrément un arbre dans la tronche et se retrouve sur le capot arrière !
Mais le morceau d'anthologie reste l'attaque finale du repaire des méchants avec une moto. Mitchum traverse le plafond et atterrit dans la chambre de son ennemis, mais le plus dingue reste encore à venir lorsque Mitchum traverse l'hélicoptère du méchant avec sa moto, tout en balançant une grenade et... boum ! Même le grand Chuck au temps de sa splendeur n'aurait jamais osé !

 

 

Etre l'enfant d'une star de cinéma peut parfois s'avérer un véritable fardeau. Sean Flynn, Jason Connery, Drew Barrymore... Les exemples ne manquent pas de carrières arrêtées nettes ou n'ayant jamais vraiment décollé. Et ce n'est pas Christopher Mitchum (à ne pas confondre avec James Mitchum, son frère, qui joua dans "Blackout"), le deuxième fils du grand Robert, qui va vous dire le contraire. Pourtant, tout semblait bien parti. En effet, Chris débute sous la paternité de John Wayne, qui l'engage dans "Chisum", "Rio Lobo" et "Big Jake". Une collaboration qui faillit mettre un terme à la carrière de l'acteur, car certains réalisateurs rechignèrent à lui offrir des rôles à cause des positions politiques du "Duke". Cette situation pousse alors Christopher à accepter de nombreuses propositions venant des quatre coins du monde. Devenu par la force des choses une sorte de globe-trotter du cinéma, il voyage en Italie ("Un verano pora motar", "Ricco"), en Espagne ("Dark Mission"), à Hong Kong ("Master Samurai"), aux Philippines ("American Commando"), en Indonésie et même en France (Les prédateur de la nuit de Jess Franco !). Enchaînant productions internationales et américaines, il deviendra une grosse vedette en Indonésie et dans certain pays comme l'Allemagne.

 

 

Emballé sans nuances mais avec fougue par Arizal, réalisateur du cru dont quelques films ont été diffusés ailleurs qu'en Indonésie ("The Warrior and the Ninja", Poing d'acier contre mains de fer, The Stabilizer, Special Silencers), voilà une petite production réalisée avec des moyens limités mais une équipe des plus motivées. Cette frénésie d'action nous donne l'un des films du genre les plus barrés des années 80. Les talents d'acteur du fils Mitchum étant limités, il excelle dans ce genre de rôle taciturne et peu loquace. A ses côtés, on retrouve quelques célébrités locales et surtout un autre exilé qui fera une belle carrière en Asie, Mike Abbott (une sorte de Steve Zahn gonflé aux anabolisants), un habitué des série Z tournées à la pelle par Godfrey Ho. L'acteur souffre d'un manque cruel de crédibilité, mais heureusement, dans le cas présent, il reste dans l'esprit du film puisque tous les méchants se font un point d'honneur à grimacer comme des possédés. Ce qui donne, comparé au monolithique Chris, une certaine cohérence !

 

 

En résumé, Final Score est peut-être du gros rouge qui tache, mais quelle biture mes aïeux !

The Omega Man

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